believe in yourself

Je rentre de Paris avec une pharyngite, un syndrome grippal et une tension à 9. Et quelques images.
Sacré Cœur, Châteaurouge, Buttes Chaumont (sur les traces de Vernon), Montmartre, Père Lachaise… Et un super Airbnb.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)


Oui mais Katie Monks a kiffé ma robe-chats.

Je voulais faire un review de ce concert, et puis je réalise combien je peine à trouver les mots. J’ai vécu la chose dans un état de semi-conscience, une sorte de transe, sans doute en partie due à la fièvre que je me trimballais depuis des jours. Il en fallait de l’amour et de l’envie pour me tenir debout. Il fallait au moins Dilly Dally.

A 16 ans j’ai monté mon premier groupe de rock, je chantais et jouais de la guitare, mes cheveux blonds platine au carré… Alors le nouveau look de Katie, son carré platine et ses robes de kinder whore, son attitude entre la fée glam et le sale gosse punk, dire que ça me parle, c’est peu dire. Katie fait le lien entre ma vie d’avant et celle d’aujourd’hui, le lien entre la rage adolescente et l’amour inconditionnel adulte, le rock n roll brut et la bienveillance pure…

Tout a commencé derrière le zinc de l’Olympic Café, où nous avons mangé un bout avant le concert. A peine arrivés et voilà qu’on les entend faire leur balance au sous-sol, juste sous nos pieds. Aux anges. On commande et voilà qu’iels montent manger un bout, à la table à côté de la nôtre… Jimmy en jupe pailletée, Ben l’air blasé, Liz les cheveux ultra courts et tout noirs. Katie nous adresse un ‘Hiiiiee…’ de chaton céleste, à la fois souriante et flegmatique… Au-delà des anges.

Tout est comme quand je jouais dans le même genre de bar… Il y a 20 ans. J’ai juste changé de place. Quand l’heure vient de descendre dans la salle au sous-sol, deux adolescentes sont à côté de moi au premier rang. Fans joyeusement enragées du groupe qui fera la première partie, une découverte bien sympa et bien 90’s, Chastity. Le chanteur aux airs d’apprenti bucheron tout droit sorti de Twin Peaks leur donnera l’occasion de sauter et hurler aussi haut et aussi fort que leur fougue adolescente le leur permet. Leurs sourires n’auront sans doute d’égal… Que le mien.

Nous croiserons régulièrement les Dilly Dally ici et là dans la salle, avant que vienne leur tour. La salle est si petite qu’une simple marche en bois sépare les musiciens du public. Je suis si proche que dès les premiers accords j’entends les retours autant que les enceintes. Une lumière violette vient nous envelopper. Katie fait quelques essais voix a cappella. La salle ronronne en entendant ce timbre si particulier, surréaliste. L’amour et la rage nourrissent cette voix-là.

Iels ont joué des titres qui ne sont pas sur les deux albums, comme l’enivrant Candy Mountain, et la bombe Gender Role. Et même fait un petit rappel avec Green, la salle hurlant à la lune elle aussi, donnant un sourire sauvage à Katie au moment de quitter la scène, sa guitare aux cordes cassées abandonnée sur le sol.

Quel groupe. Quel son. Quelle voix. Quelle belle attitude. Quelle gentillesse que la leur. Cette sensibilité à fleur de peau, enrobée de cette rage d’amour. C’est vraiment ça que j’ai ressenti, de l’amour enragé, une rage d’aimer. Dilly Dally me fait faire la paix entre mon gouffre sombre et mon coeur d’amour inconditionnel.

 

 

Je crois qu’un bout de moi n’est pas rentré et est resté quelque part, en apesanteur entre les mondes.

 

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‘ – By the way, I love your kitty dress. ‘

 

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summer mood

Je passe mes vacances à lire (finir le tome 3 de Vernon de Despentes, entamer Sailor & Lula de Barry Gifford), regarder séries et films (Game of Thrones et Twin Peaks en cours, découverte de Blue Velvet, révision de Sailor & Lula), avancer dans ma connaissance du Tarot, écouter de la musique toute la journée, et faire des siestes avec les fauvettes.

Bon et puis de temps en temps je vois des gens hein.

Je réalise de plus en plus à quel point l’Univers de Lynch est fait de ramifications. Entre ses films, ses actrices et acteurs, ses personnages… Extraordinaire de comprendre le choix de l’actrice pour interpréter Diane dans la saison 3 de Twin Peaks, quand on a vu Blue Velvet… Et cet éternel bistrot typiquement américain à la déco vintage dans lequel on mange des parts de tarte aux fruits… Et les mots de Sandy dans Blue Velvet en 1986, ‘It’s a strange world.’, qui résonnent dans les mots de Lula dans Wild at Heart en 1990, ‘This whole world’s wild at heart and weird on top.’, à chaque fois avec les traits et la voix de Laura Dern – magnifique combo de féminité et de virilité. Même le personnage central de Blue Velvet, interprété par Kyle MacLachlan, se veut détective en herbe, et deviendra l’agent Cooper du FBI dans Twin Peaks… Et tout est comme ça. Lynch aura dédié sa vie à faire vivre son monde et ses personnages, à travers des univers parallèles, en changeant les villes, les trames, mais jamais l’essence. Et c’est tellement addictif. Depuis que j’ai entrouvert les portes de l’univers étendu de Lynch, sur le tard en 2011, je n’ai jamais été déçue, et plus le temps passe, plus j’aime m’y perdre et m’y noyer.

Ma lecture de Sailor & Lula est plus mitigée. Si le style de l’écriture est sympa, j’en suis au tiers et je commence à m’ennuyer un peu au niveau du rythme. Mais c’est bien de comprendre d’où vient le film, et de retrouver certains passages, certains dialogues, et cette ambiance d’Amérique des paumé·e·s. Les personnages sont touchants de paumitude, et c’est sans doute ce qui a plu à Lynch à la lecture du livre.

Sinon, je vais devoir me mettre à apprendre tout un pavé de 120 pages en vue de la préparation aux concours. Difficile pour l’instant de lâcher l’ambiance vacances qui règne dans mon esprit. J’ai plutôt envie de m’accrocher au cou d’un garçon drôle et charmant, pour rire, découvrir, danser et vibrer.

 

Et retourner au Domaine d’O où les pins dansent tels les sycomores de Twin Peaks ❤