mood

Il fait enfin moins chaud depuis quelques jours et ce n’est pas pour me déplaire. Je ne suis pas faite pour les climats extrêmes, trop chaud ou trop froid c’est définitivement pas mon truc. Là le soleil est toujours là, bien présent toute la journée et particulièrement l’après-midi, pas un nuage dans le ciel bleu électrique, mais il y a aussi du vent, les nuits sont plus fraîches, il ne fait plus genre 3000 % d’humidité dans l’air, je respire, j’aime.
Voilà c’était la minute ‘parlons météo’ :3

J’ai un peu le trac pour le 14, ce sera ma première expérience publique avec mes cartes, les tirer à des personnes que je ne connais pas et que je découvre sur l’instant, ce sera passionnant, j’espère y faire de belles rencontres. Il y aura aussi un atelier auquel je participerai, pour fabriquer des élixirs naturels, et un sabbat le soir, autour du feu et sous la pleine lune, et puis le lieu, cet endroit si unique, bref viens ✨ 

Pour le reste j’ai mis en route (ou je continue) plusieurs questionnements, certains existentiels et d’autres plus pragmatiques, mais qui finalement se rejoignent, liés les uns les autres. Et j’essaie d’entamer cette rentrée en protégeant au maximum mon moi profond, réel et personnel, ce qui fait que je suis moi, j’ai l’impression de répéter ça toutes les rentrées depuis moult temps, je ne désespère pas d’y parvenir un jour avant tant de facilité que je n’en parlerai même plus. Etre une éponge hypersensible donne la possibilité de s’émerveiller de tout, de ressentir la vie à fond, de faire preuve d’empathie et de compassion et de s’ouvrir aux autres avec une sincérité absolue. Mais ça amène aussi à sentir de plein fouet les névroses des autres, à avoir du mal à laisser glisser sans l’absorber l’éventuelle merde croisée ici ou là… Bref, plus le temps passe et mieux je gère l’équilibre de tout ça, laisser entrer dans ma bulle ce qui est positif et laisser dehors ce qui est toxique, spirituellement voyager léger en somme, pour l’instant je garde dans cette rentrée mon détachement, ma recul et ma liberté, pourvu que ça dure.

C’est aussi ce qui me rend aujourd’hui la vie citadine plus ou moins difficile. Je réalise que mon hypersensibilité me rend perméable à tout ce qui se passe autour de moi, ce qui rend le quotidien certes poétique, dans le sens où je vois les gens autour de moi,  je veux dire j’ai vraiment conscience de leur existence en tant qu’êtres, j’entends leurs mots, je lis leurs ressentis… Mais si toute cette humanité est touchante et belle de vie et de diversité, à l’échelle d’une ville c’est un peu l’overdose par moments. Alors soit je ferme les vannes pour ne plus voir ni entendre ni sentir cette vie autour de moi, soit j’apprends à laisser couler, je vois j’entends je sens et hop je laisse couler (un peu comme le yoga m’y engage), soit vite la forêt la nature la vie au calme. Ce qui vraisemblablement finira par arriver, mais en attendant, laisser entrer les sensations puis les laisser repartir sans m’y attacher me semble une bonne formule.

Je relisais hier des bribes d’un carnet dans lequel je note en dilettante les choses positives de ma vie. Il y avait ce passage datant d’avril dernier, où j’étais chez les loups. Je racontais qu’en me levant j’étais allée écouter le vent de la montagne descendre entre les arbres pour arriver jusqu’à moi et m’envelopper doucement, puis je suis allée ouvrir aux poules et les nourrir, et nourrir un des chats, celui qui dort dehors, et en relisant ces mots ça transpirait tellement que c’était là que j’étais bien, à ma place, au milieu des arbres, du vent et des animaux.

Hier soir je suis restée dans le jardin à écouter le vent souffler dans les branches et les feuilles. Je murmurais au vent que je voulais être comme lui, libre et puissante, à la fois forte et légère. Je veux être ancrée comme la terre et libre comme le vent 🍀⚡️ 

histoires de pouvoir

« L’amour de Genaro est le monde qui nous entoure. La terre sait que Genaro l’aime, et elle lui accorde sa protection. Voilà pourquoi la vie de Genaro est remplie à ras bord et pourquoi sa situation, où qu’il aille, sera toujours comblée. Genaro se promène dans les sentiers de son amour et, où il se trouve, il est satisfait.
(…) On ne peut se libérer de sa tristesse que si on aime cette terre d‘une passion inébranlable. Un guerrier est toujours heureux parce que son amour est inaltérable et que sa bien-aimée, la terre, l’embrasse et lui octroie des cadeaux inestimables. Cette chose merveilleuse, qui vit dans ses derniers replis et qui comprend chaque sentiment, m’a apaisé et m’a guéri de mes souffrances et, lorsque j’ai enfin réussi à comprendre l’amour que je ressentais pour elle, elle m’a appris la liberté.
(…) Écoute cet aboiement. Cet aboiement de chien est la voix nocturne d’un homme. Elle vient d’une maison dans cette vallée, du côté du sud. Un homme est en train de crier sa tristesse et son ennui par l’intermédiaire de son chien, puisque ce sont tous les deux des compagnons, réduits à l’esclavage pour toute leur vie. (…) Cet aboiement et la solitude qu’il crée témoigne des sentiments des hommes. Des hommes pour qui la vie entière a été comme un après-midi de dimanche, un après-midi pas tout à fait malheureux, mais chaud, lourd et désagréable. Ils ont sué et se sont beaucoup tracassés. Ils ne savaient pas où aller ni que faire. Cet après-midi ne leur a laissé que le souvenir de petites contrariétés et beaucoup d’ennui, puis il s’est achevé brusquement : c’était déjà la nuit.
(…) Seul l’amour pour cette terre magnifique peut donner la liberté à l’esprit d’un guerrier ; et la liberté est joie, efficacité et abandon, devant n’importe quelle situation. »

Carlos Castaneda – Histoires de pouvoir

hashtag mon jardin

Je passe beaucoup, beaucoup de temps dans le jardin, j’avoue, c’est mon refuge, y lire pieds nus au soleil comme y regarder tomber la pluie m’apaise totalement, y creuser la terre me ravit, y tailler rosiers et jasmins me met le cœur au bord des lèvres. Y croiser des êtres merveilleux me laisse sans voix (ou me fait pousser des petits cris de bébé chat, ça dépend).

Aussi, même si je garde un goût certain pour le violet, le pourpre et le noir, j’ai maintenant une robe d’été d’un jaune vif, citron, canari, je l’appelle ma robe Pikachu. Moi qui n’achète presque plus de fringues neuves et priorise la seconde main, les trocs, les vide-dressings…, j’ai craqué dessus en me baladant à la Grande Motte, peu de temps après le soin prodigué par Aline, qui m’a recommandé de me tourner en ce moment vers la citrine (pierre jaune donc), entre autres. J’en ai trouvé une chez Lisa, mais il faut croire que ce n’était pas assez, il me fallait au moins une robe de fille du soleil pour aller avec :3

 

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et parfois je mange des livres

Sur mon A Propos FB, parmi les toutes premières phrases figurent : ‘La musique me fait bander. Et parfois je mange des livres.’

Hier en sortant du taf, je suis passée chez Gibert, justement pour acheter un livre. D’occasion, je privilégie toujours les occasions autant que possible, j’aime l’idée que les livres circulent et servent toujours, et d’économiser les arbres et les forêts, poumons de la terre, en minimisant l’impression de livres neufs.

Je sors de chez Gibert donc, mon livre dans un petit sac en cordes, ajouré, que j’utilise pour trimballer mes livres, cahiers, carnets… En plus de ce nouveau livre, il y a dedans mon agenda, un carnet et un autre livre. On peut les distinguer à travers les cordages du sac. Je remonte l’avenue Foch en direction du Peyrou. Un monsieur d’un certain âge, je dirais entre 70 et 80 ans, mais en forme, frais et l’allure sereine, bien vêtu d’une chemise et d’une veste de costume, chaussé de souliers à l’ancienne, marche dans le même sens que moi et arrive à ma hauteur.
‘ – Vous mangez des livres ? ‘
Je lui demande pardon, pas sûre d’avoir bien compris.
‘ – Vous mangez des livres ?’
  – Ahah, exactement !’
  – C’est bien, c’est une bonne activité, ça nourrit l’esprit…
– Tout à fait.
– Moi aussi je lisais beaucoup quand j’étais plus jeune…

  – Et maintenant ?
  – Maintenant je relis surtout les livres que j’ai déjà lus il y a longtemps… Je lisais aussi le Canard Enchaîné, et je le posais sur mon bureau au travail, comme ça, quand des collègues venaient m’emmerder, je leur tendais… Parfois, dans les petites entreprises, il y en a qui prennent juste un grade, et après ils deviennent bizarres, ils changent… Enfin bref, je fais ma petite montée…
  – Ah oui c’est un peu un faux plat l’avenue Foch.
  – Ah mais de toute façon je fais des zigzags, je ne sais pas si vous connaissez, j’habite à côté du parc de la Guirlande, dans une petite résidence. J’avais acheté un petit appartement là-bas pour ma fille, quand elle était en poste ici. Maintenant j’y habite. Mais j’en ai marre… Je suis un alsacien moi, je suis né dans les Vosges, alors quand y’a pas un peu de montagne, de relief, de neige en hiver…
  – Oui je vois, je suis née en Franche-Comté.
  – Ah oui, de quel côté ?
  – Dans le Pays de Montbéliard.
  – Ah oui, j’ai de la famille à Besançon. J’ai un pied-à-terre par là-bas, que je loue pas cher à une vieille femme. Je voudrais bien le récupérer, mais elle n’a pas envie de s’en aller, et bon, quand on est vieux, et qu’on peut plus trop bouger… C’est comme ça.’
Nous traversons devant l’Arc de Triomphe. Je regarde une dernière fois ce vieil homme absolument charmant. Petit, le teint clair, l’air éveillé mais posé.
‘ – Je passe par le Peyrou. Bonne soirée !
  – Bonne soirée…’
Il part tranquillement, en direction de Figuerolles. Je traverse le Peyrou sous un soleil qui m’inonde de lumière. Je remercie l’Univers pour ce cadeau, ce vieil homme venu me faire oublier ma journée de taf, le manque de sommeil, les comportements toxiques, en étant simplement avenant, cordial, gentil, fluide et serein dans son envie d’échanger sur un bout de chemin, au milieu de cette grande ville pas si anonyme que ça. Me rappeler combien les rapports humains peuvent être simples et bienfaisants même avec des inconnus. Merci monsieur vosgien de la Guirlande.

fire walk with Khaleesi

********** ATTENTION SPOIL GAME OF THRONES **********

Malgré les ellipses grossières et les blagues à ras des pâquerettes montrant combien les réals étaient totalement perdus une fois livrés à eux-mêmes sans G. R. R. Martin pour guide, il aura suffit d’un passage pour ma part absolument déchirant, pour faire remonter à la surface tout ce pourquoi j’ai tant aimé GoT durant ces 8 saisons.

Si Arya a toujours été pour moi un personnage fabuleux, égérie féministe des femmes guerrières qui ne seront jamais de simples ladies, libérée de tous les masques et de tous les égos (quand on a appris à n’être plus personne, on devient tout et on se mue partout dans ce monde, on fait partie de chaque détail de l’Univers, a girl has no name, en cela Arya aurait plu à Don Juan Matus), et si le chemin de Melisandre la sorcière solitaire et sensuelle a su résonner en moi malgré ses apparitions trop rares, je crois que la destinée de Daenerys est celle qui restera gravée en moi longtemps, très longtemps après la fin de la série.

Ce passage déchirant donc, m’a fait oublier ces deux années beaucoup trop longues avant cette dernière saison beaucoup trop courte, cette précipitation et ce manque de cohérence parfois, parce que ce passage déchirant donc (oui j’aime bien ce mot dans ce contexte, parce que c’est vraiment ce que j’ai ressenti, ça m’a littéralement déchirée), est pour moi la quintessence de ce que m’a si souvent provoqué Game of Thrones.

La mort de Daenerys. Son corps inerte comme flottant sur la neige immaculée, ce corps si fragile, cette vie réduite à si peu si soudainement, son dernier dragon qui s’en approche, pour la pousser doucement du bout de son museau géant, les hurlements insoutenables de douleur qu’il lâche de sa gueule brûlante dressée vers le ciel, pour finalement, de rage, réduire le trône de fer en bouillie. Son départ, seul au milieu des cieux gris et lourds, le corps de sa mère porté délicatement entre deux griffes, dernier dragon de tous les mondes, dernier symbole de la fin d’une ère… Il ira finir ses jours seul, à l’abri des regards et de la folie des hommes.
Tout cela m’a rappelé si besoin était d’où vient Daenerys, adolescente vendue par son frère à des guerriers assoiffés de sang, revenue des flammes telle un phœnix et donnant ainsi naissance à trois dragons, avec lesquels elle tissera un lien plus puissant encore qu’un lien mère-enfants humanoïde. Jeune femme bafouée, violée, méprisée, elle gagnera la confiance d’un peuple de sauvages nomades montés sur leurs chevaux, et deviendra pour eux la Khaleesi qui les guidera jusqu’au-delà des mers et des océans, eux les hommes de la terre et des déserts.

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Alors oui, après avoir effectivement sauvé dignement plusieurs peuples opprimés, ça part en sucette pour la Khaleesi. Sans doute parce que dès lors que l’amour ne la guide plus, cet amour qu’elle sent lui échapper, elle se réfugie dans le règne de la peur. Sans doute parce que, une fois le pouvoir en mains et les victoires en poche, prendre la grosse tête et avoir le règne aveugle guette n’importe quel·le chef·fe de guerre.

Alors je veux bien mettre de côté Brienne qui de femme chevalier inébranlable – qui combat même un ours avec juste un bout de bois – se transforme d’un coup en amoureuse éplorée suppliant son homme de rester (what the fuck), je veux bien mettre de côté Sansa qui justifie toutes les horreurs qu’elle a subit en disant que sans ces épreuves elle serait restée a little bird (non, une personne n’a pas à vivre de multiples agressions répétées pour s’épanouir et devenir forte…), je veux bien mettre de côté le Roi de la Nuit qui singe le T-1000 de Terminator et nous adresse même un petit sourire (c’était vraiment Sheitan de faire ça), et puis la blague de Sam sur la démocratie (seriously), sans parler de l’ellipse monumentale après la mort de Daenerys, ce qui aurait dû plonger King’s Landing dans un chaos terrible, sous la colère des Immaculés et des Dothrakis ayant perdu leur reine (mais non au lieu de ça allez on dit qu’il s’est passé deux semaines et on fait une petite réunion tranquille en petit comité et on vote gentiment à main levée, là iels ont bien craqué chez HBO)…
On va dire qu’une fois privés du support des livres, iels ont dû bien galérer à garder le cap et le niveau. Mais même si j’énumère ces quelques points qui m’ont dérangée, il me faudrait genre 6 mois pour énumérer tout ce que j’ai aimé dans GoT, tout ce qui m’a bouleversée et tenue en haleine pendant toutes ces années, et me donne envie d’avoir des journées de 72 heures pour pouvoir tout revoir depuis le début, tant cette série est riche et puissante.

Jaqen H’ghar, Arya, Littlefinger et Melisandre me manqueront. Je n’oublierai jamais Daenerys et ses petits chats.

Dracarys

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mood

Nous avons mis en terre l’abricotier et le rosier. Je dévore ‘Le second anneau de pouvoir‘. J’essaie de recentrer mon esprit qui part un peu trop dans tous les sens depuis quelques semaines. Calmer le flot des énergies et me focaliser en priorité sur ce qui est essentiel. Il y a toujours des questions existentielles qui restent sans réponses ou incomplètes, mais j’imagine que c’est parce que ce n’est pas le moment. J’espère. J’espère que je fais ce qu’il faut, quand il le faut. J’ai encore du travail à faire sur mon dialogue intérieur et la façon de mieux le maîtriser. Il me tarde déjà de pouvoir retourner au royaume. Aujourd’hui cela fait un an que j’y suis arrivée pour la première fois. C’est là-bas que je fais des bons considérables. C’est ici que je dois apprendre à les consolider, quel que soit l’environnement. Enfin j’imagine que c’est ça que je dois faire. En me nourrissant de l’énergie de mon jardin-refuge, et en fusionnant avec celle de l’homme-chouette, par exemple.
Dans un autre registre j’ai enfin vu Wayne’s World, ce film est extraordinaire, il est la consécration des vrai·e·s gentil·le·s. J’aime Garth d’amour.
Je voudrais écrire d’autres trucs mais je ne trouve pas la forme, je repasserai. Des mis.

la perception de la petite cane

Peut-être que les ailes de ma perception sont celles d’une petite cane.

Hier entre midi et deux j’ai terminé le quatrième volet de l’œuvre de Castaneda, ‘Histoires de pouvoir’, au bord de l’eau avec les canards. Une petite cane est sortie de l’eau, accompagnée de son mâle, alors qu’il me restait une vingtaine de pages. J’hésitais à terminer le livre sur place car mon temps de pause réglementaire touchait à sa fin. La petite cane m’a alors dit que je devrais continuer maintenant. Elle s’est approchée très près de moi. Je lui ai demandé de ne pas faire un pas de plus, parce que bon, elle était mignonne mais elle m’impressionnait un peu à ne pas avoir peur de moi comme ça. Son petit regard foncé sur moi, elle est restée là. Séchant ses plumes au soleil. On a discuté un peu. Elle a finit par ranger son bec sous ses plumes et ne plus bouger, clignant des yeux sans me quitter du regard, comme assoupie mais attentive quand même.

A la lecture des toutes dernières pages, je me suis mise à pleurer doucement. Surtout pas de tristesse. Je pleurais d’amour et de gratitude pour cette terre et ce monde, et ces livres, et ce sorcier arrivé sur mon chemin pour illuminer ma voie spirituelle et donner sens à tout ce que j’ai traversé, guide ultime pour réapprendre ma place, apprivoiser mon gouffre pour en faire une force, briser les croyances limitantes et toxiques, continuer ma quête vers ma nature sauvage et libre. Et en me retournant, la petite cane était toujours là à veiller sur moi, son compagnon un peu plus loin, et j’ai pleuré encore plus d’amour pour cet univers et cette vie sacrée, et cette magie qui est partout.

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‘L’amour de Genaro est le monde qui nous entoure. La terre sait que Genaro l’aime, et elle lui accorde sa protection. Voilà pourquoi la vie de Genaro est remplie à ras bord et pourquoi sa situation, où qu’il aille, sera toujours comblée. Genaro se promène dans les sentiers de son amour et, où il se trouve, il est satisfait.
(…) On ne peut se libérer de sa tristesse que si on aime cette terre d’une passion inébranlable. Un guerrier est toujours heureux parce que son amour est inaltérable et que sa bien-aimée, la terre, l’embrasse et lui octroie des cadeaux inestimables. Cette chose merveilleuse, qui vit dans ses derniers replis et qui comprend chaque sentiment, m’a apaisé et m’a guéri de mes souffrances et, lorsque j’ai enfin réussi à comprendre l’amour que je ressentais pour elle, elle m’a appris la liberté.
(…) Écoute cet aboiement. Cet aboiement de chien est la voix nocturne d’un homme. Elle vient d’une maison dans cette vallée, du côté du sud. Un homme est en train de crier sa tristesse et son ennui par l’intermédiaire de son chien, puisque ce sont tous les deux des compagnons, réduits à l’esclavage pour toute leur vie. (…) Cet aboiement et la solitude qu’il crée témoigne des sentiments des hommes. Des hommes pour qui la vie entière a été comme un après-midi de dimanche, un après-midi pas tout à fait malheureux, mais chaud, lourd et désagréable. Ils ont sué et se sont beaucoup tracassés. Ils ne savaient pas où aller ni que faire. Cet après-midi ne leur a laissé que le souvenir de petites contrariétés et beaucoup d’ennui, puis il s’est achevé brusquement : c’était déjà la nuit.
(…) Seul l’amour pour cette terre magnifique peut donner la liberté à l’esprit d’un guerrier ; et la liberté est joie, efficacité et abandon, devant n’importe quelle situation.’

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Et j’ai entamé le cinquième livre, ‘Le second anneau de pouvoir’. Et avec l’homme-chouette nous avons mis en terre son abricotier, ensemble, dans notre jardin, et l’odeur de la terre câlinait nos cœurs, et nous avions envie de nous occuper de la terre, ensemble, pour le reste de nos jours.

royaume des loups forever

Silencieuse entre les montagnes, j’entendais le vent venir de la vallée d’en face. Son souffle dansait entre les arbres pour courir jusqu’à moi et m’envelopper totalement, avec fougue et bienveillance, avant de poursuivre son chemin dans la forêt. Je mangeais les coucous et les violettes trouvées à mes pieds, et je faisais pipi dans les champs de primevères. J’ai rencontré un homme de cheval, qui m’a proposé de venir sortir ses chevaux quand je reviendrai au royaume. Nous avons chassé les œufs de Pâques, j’ai nourri les poules, le père des nouveaux chatons, fait le feu presque toute seule.

Iels me manquent déjà. Je le raconte au jasmin grimpant, puissamment parfumé, qui s’ouvre par poignées entières dans mon jardin. J’ai envie d’écrire et de dessiner, avec des stylos, des crayons et des feutres, dans le calme, au son des éléments, comme je le faisais là-haut sur la table en bois de pique-nique. De retrouver mes cartes aussi, qui m’attendent patiemment depuis l’aménagement. Surtout, j’ai envie de garder en moi tout l’amour et toute la joie emmagasinées là-bas. Que plus jamais ne m’atteigne quoi que ce soit de négatif. En tout cas jamais bien longtemps. Puisqu’iels sont dans ma vie, après tout, rien de grave ne peut perdurer, les rebus de l’existence ne font que passer, et seuls des moments comme ceux partagés au royaume des loups peuvent s’enraciner en moi, tout autour de mon cœur.

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Notre appartenance à cette terre, à ces éléments et à ces êtres est si évidente. Notre place n’est pas agglutinés en ville les un·e·s sur les autres, dans une sorte d’anonymat méfiant, à poursuivre ce rythme de vie abrutissant, à accepter ce manque de sens, à croire en un système qui nous rend esclaves. Notre place est parmi ces êtres et ces éléments, en harmonie avec cette terre qui nous accueille et nous offre tout ce dont nous avons besoin. Au royaume des loups tout se fait au rythme de notre nature, à aucun moment il ne nous viendrait à l’idée de nous donner des obligations absurdes, des règles inutiles, et cette liberté apporte un équilibre parfait, une écoute partagée, une communion de ce que nous sommes individuellement, avec une évidence à la fois naturelle et magique. C’est ainsi que je veux vivre mon quotidien. Petit à petit continuer de me défaire des liens et sentiments toxiques, pour de bon, courir avec les loups pour toujours, tous les jours, les loups de l’Univers tout entier, pour peu qu’ils soient sauvages, libres et aimants.

‘ Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons : Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. ‘ – Albert Einstein

le feu des corbeaux

Après un accident de tramway hier soir qui me vaut une belle frayeur, de nombreuses courbatures et une grosse bosse derrière le crâne, ce matin je n’ai pas boudé le plaisir de profiter des caresses généreuses du soleil de ce mois de mars. Déjà 26 degrés cet après-midi, faut espérer que ça ne va pas se terminer en canicule de fifou comme l’été dernier…

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En fait je voulais faire une petite présentation d’un jeu de tarot. Le tarot divinatoire du Corbeau, par Maggie Stiefvater. Une artiste écrivaine et illustratrice. Son tarot est une petite merveille. Je trouve les illustrations sublimes. Je ne sais pas comment le dire autrement, les images parlent d’elles-mêmes. En tout cas un tarot qui me touche beaucoup, très intuitif, à la fois mystérieux et lumineux.

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Le jeu vient avec un livret assez complet, et très personnel à l’auteure. Elle y explique chaque carte selon sa propre sensibilité, donnant des indications sur ses choix d’illustrations. C’est écrit simplement et sincèrement, sur un ton léger, c’est sympa. Les bordures sont dorées et ça donne vraiment un chouette rendu, que ce soit côté recto avec les contours couleur citrouille, ou côté verso avec les contours noirs.

Des oiseaux, du feu, des mains humaines sur lesquelles sont gravés les éléments du tarot… Quelque chose de witchy dans ce tarot qui me parle forcément. Un univers mystique proche de la Terre et des éléments. Youpi ❤