Pixie stuff

Mes cartes ‘de visite’ sont arrivées 🔥💜
Je suis contente d’avoir pris le temps de créer ce visuel que j’espère attrayant 🌠

Je pourrai les distribuer à qui veut lors du Festival WITCH le 14 septembre prochain, j’y serai avec mes cartes 🌕🌿

 

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witchy rendez-vous (bis)

Si tu souhaites participer au financement du festival WITCH dont je parlais précédemment, qui aura lieu à Montpellier le 14 septembre prochain… C’est par ici 🙏🔥💜

(contreparties inside)

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(illustration Gala PRZ)

witchy rendez-vous

Au fait. Je serai le 14 septembre prochain avec mes cartes, à la ferme urbaine collective de la Condamine à Montpellier, dans le cadre du festival Witch, organisé autour des thématiques de la sorcière et de l’écoféminisme. Il y a aura des ateliers, des conférences, un sabbat autour du feu sous la pleine lune…

lien vers l’event FB

Je suis en train de me créer une petite carte à distribuer sur place, avec l’idée d’intervenir avec mes cartes sur d’autres évènements, d’organiser d’autres moments dédiés dans d’autres lieux, tout ça tout ça…🌕🔥⚡️🍀💜

 

preview
(avec Vistaprint)

fire walk with Khaleesi

********** ATTENTION SPOIL GAME OF THRONES **********

Malgré les ellipses grossières et les blagues à ras des pâquerettes montrant combien les réals étaient totalement perdus une fois livrés à eux-mêmes sans G. R. R. Martin pour guide, il aura suffit d’un passage pour ma part absolument déchirant, pour faire remonter à la surface tout ce pourquoi j’ai tant aimé GoT durant ces 8 saisons.

Si Arya a toujours été pour moi un personnage fabuleux, égérie féministe des femmes guerrières qui ne seront jamais de simples ladies, libérée de tous les masques et de tous les égos (quand on a appris à n’être plus personne, on devient tout et on se mue partout dans ce monde, on fait partie de chaque détail de l’Univers, a girl has no name, en cela Arya aurait plu à Don Juan Matus), et si le chemin de Melisandre la sorcière solitaire et sensuelle a su résonner en moi malgré ses apparitions trop rares, je crois que la destinée de Daenerys est celle qui restera gravée en moi longtemps, très longtemps après la fin de la série.

Ce passage déchirant donc, m’a fait oublier ces deux années beaucoup trop longues avant cette dernière saison beaucoup trop courte, cette précipitation et ce manque de cohérence parfois, parce que ce passage déchirant donc (oui j’aime bien ce mot dans ce contexte, parce que c’est vraiment ce que j’ai ressenti, ça m’a littéralement déchirée), est pour moi la quintessence de ce que m’a si souvent provoqué Game of Thrones.

La mort de Daenerys. Son corps inerte comme flottant sur la neige immaculée, ce corps si fragile, cette vie réduite à si peu si soudainement, son dernier dragon qui s’en approche, pour la pousser doucement du bout de son museau géant, les hurlements insoutenables de douleur qu’il lâche de sa gueule brûlante dressée vers le ciel, pour finalement, de rage, réduire le trône de fer en bouillie. Son départ, seul au milieu des cieux gris et lourds, le corps de sa mère porté délicatement entre deux griffes, dernier dragon de tous les mondes, dernier symbole de la fin d’une ère… Il ira finir ses jours seul, à l’abri des regards et de la folie des hommes.
Tout cela m’a rappelé si besoin était d’où vient Daenerys, adolescente vendue par son frère à des guerriers assoiffés de sang, revenue des flammes telle un phœnix et donnant ainsi naissance à trois dragons, avec lesquels elle tissera un lien plus puissant encore qu’un lien mère-enfants humanoïde. Jeune femme bafouée, violée, méprisée, elle gagnera la confiance d’un peuple de sauvages nomades montés sur leurs chevaux, et deviendra pour eux la Khaleesi qui les guidera jusqu’au-delà des mers et des océans, eux les hommes de la terre et des déserts.

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Alors oui, après avoir effectivement sauvé dignement plusieurs peuples opprimés, ça part en sucette pour la Khaleesi. Sans doute parce que dès lors que l’amour ne la guide plus, cet amour qu’elle sent lui échapper, elle se réfugie dans le règne de la peur. Sans doute parce que, une fois le pouvoir en mains et les victoires en poche, prendre la grosse tête et avoir le règne aveugle guette n’importe quel·le chef·fe de guerre.

Alors je veux bien mettre de côté Brienne qui de femme chevalier inébranlable – qui combat même un ours avec juste un bout de bois – se transforme d’un coup en amoureuse éplorée suppliant son homme de rester (what the fuck), je veux bien mettre de côté Sansa qui justifie toutes les horreurs qu’elle a subit en disant que sans ces épreuves elle serait restée a little bird (non, une personne n’a pas à vivre de multiples agressions répétées pour s’épanouir et devenir forte…), je veux bien mettre de côté le Roi de la Nuit qui singe le T-1000 de Terminator et nous adresse même un petit sourire (c’était vraiment Sheitan de faire ça), et puis la blague de Sam sur la démocratie (seriously), sans parler de l’ellipse monumentale après la mort de Daenerys, ce qui aurait dû plonger King’s Landing dans un chaos terrible, sous la colère des Immaculés et des Dothrakis ayant perdu leur reine (mais non au lieu de ça allez on dit qu’il s’est passé deux semaines et on fait une petite réunion tranquille en petit comité et on vote gentiment à main levée, là iels ont bien craqué chez HBO)…
On va dire qu’une fois privés du support des livres, iels ont dû bien galérer à garder le cap et le niveau. Mais même si j’énumère ces quelques points qui m’ont dérangée, il me faudrait genre 6 mois pour énumérer tout ce que j’ai aimé dans GoT, tout ce qui m’a bouleversée et tenue en haleine pendant toutes ces années, et me donne envie d’avoir des journées de 72 heures pour pouvoir tout revoir depuis le début, tant cette série est riche et puissante.

Jaqen H’ghar, Arya, Littlefinger et Melisandre me manqueront. Je n’oublierai jamais Daenerys et ses petits chats.

Dracarys

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witchy mood

Troisième et dernier jour dans ma tanière en arrêt maladie. Pour reprendre des forces, essentiellement je dors et je lis. J’entame le troisième volet de Castaneda, ‘Voyage à Ixtlan‘. ‘Voir‘ m’a été fulgurant, drôle, fait de magie et d’évidence à la fois. Quand j’ai un peu d’énergie, je fais des choses que j’ai à faire chez moi, et que je ne faisais plus depuis des mois. Faire un vrai ménage, trier et ranger mes paperasses, jeter des bricoles inutiles. Mon esprit est clair, mes pensées sont libres et tranquilles, je suis sereine. Je réalise combien le quotidien imposé par mon actuel salariat me pèse et obstrue mes pensées, embrouille mon esprit, crispe mes cheminements personnels. Ca a toujours été plus ou moins le cas. En tout cas à chaque fois que j’ai eu un taf qui ne collait pas avec ce que je suis, avec ma place dans le monde, et ce pour quoi je suis faite. C’est-à-dire quasiment toute ma vie professionnelle (à part donc mes magnifiques expériences de chargée de diffusion de spectacles et de groom équestre). J’ai toujours à peu près fait avec, parce que j’ai été éduquée comme ça, j’ai grandi dans un environnement où il fallait avoir un ‘vrai‘ travail (dans cet environnement artiste, musicien, écrivain et assimilés ne sont pas un travail…), bosser bête et méchant pour pas grand-chose, payer ses factures et fermer sa gueule, ne surtout pas se plaindre car ‘il y a toujours pire que soi, et c’est comme ça ma pov’ Lucette, on ne va pas changer le monde‘.

Et bien si.

Je réalise combien tout au long de ma vie d’adulte, sans y penser vraiment, j’ai fait mon chemin auprès de gens libérés de ce système oppressif. Certain·e·s ont eu la chance de s’en défaire très jeunes. De vivre très tôt dans un lieu collectif, en solidarité, ou dans une caravane avec le minimum vital… J’enviais ces personnes parce que je n’arrivais pas à faire comme elleux. C’est si difficile de se défaire de ce système de croyances limitantes, qu’on nous inculque depuis tout·e petit·e, nos parents, notre famille, nos profs, tous ces adultes auprès de qui on grandit, et que même si on n’a pas envie de les croire, ils ne nous laissent guère le choix. Ils brisent ce que nous sommes au fond de nous, même si c’est avec toutes les bonnes intentions du monde, pour nous faire entrer dans le moule, coûte que coûte. ‘Pour notre bien‘.

Alors, ça fait presque 20 ans que j’essaie de me défaire de ces systèmes de croyances limitantes, auxquels je n’ai jamais cru. Partie du domicile familial à 17 ans, j’ai toujours cherché la liberté, souvent à travers la musique, les arts de manière générale, et pourtant j’ai toujours eu peur d’y plonger totalement, d’un point de vue purement matériel et financier. Je n’ai jamais gagné beaucoup, mais je me suis toujours débrouillée pour avoir un petit taf plus ou moins alimentaire, notamment pour filer entre les doigts de Paul Emploi. Malgré tout  j’ai beaucoup détricoté le système de pensées dans lequel j’ai grandi et contre lequel je me suis de toute façon toujours rebellée, enfant, puis ado. J’ai parfois réussi à trouver des tafs où une partie de moi y trouvait un peu son compte, histoire de tenir un peu sur la longueur. Mais plus j’avance dans mon détricotage et plus je réalise que bientôt je ne pourrai plus faire avec. Déjà aujourd’hui je tiens au prix d’une énergie folle dépensée à garder un semblant d’équilibre entre les deux eaux. Ces trois jours d’arrêt me mettent bon gré mal gré devant cette évidence.
Ma chute de tension, c’est un peu le résultat de la secousse sismique que m’a causée Katie et l’évidence de sa liberté dans l’amour sauvage de Dilly Dally. Mais c’est aussi le résultat de mois entiers à lutter à contre-courant alors que plus le temps passe, plus mes entrailles laissent passer une lumière hurlant à l’Univers et m’appelant à ma juste place.

Don Juan disait il y a 50 ans à Carlos Castaneda, qu’une fois qu’un homme a ouvert sa trouée, il n’a plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. C’est exactement ça. Quand tu as commencé à ouvrir la brèche qui te permet d’entrevoir le véritable sens du monde, de la vie, de l’univers, alors tu ne peux plus faire semblant, continuer à te réfugier derrière les faux-semblants d’un taf par défaut, d’un système auquel tu ne crois pas, des balivernes des croyances limitantes. Tu n’as plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. Ou mourir.

Je réalise pendant ces jours de repos combien ma trouée est grande ouverte, béante ; ce ‘gouffre à l’intérieur‘, qu’adolescente je sentais littéralement me happer de l’intérieur, comme un appel aspirant vers un puits sans fond, au creux de mes entrailles. Parfois cet appel me prenait dans mon lit, le soir, et encore aujourd’hui il est parfois la cause de vertiges et de pertes d’équilibre, qui m’empêchent de traverser certains ponts, de marcher près d’un ravin trop raide… Il aura fallu tout ce cheminement, une rencontre primordiale et la lecture des livres de Castaneda pour comprendre combien je dois écouter cet appel. Toutes les épreuves traversées dans ma vie ne sont pas le fruit d’une malédiction ou de mauvais choix de ma part. Je crois que je n’ai plus à avoir honte, ou peur, ou à me sentir illégitime, pour pouvoir dire que je suis née pour vivre comme une guerrière, et que si je laisse mon gouffre, ma trouée, s’emplir à ras-bord de lumière, alors je serai à ma juste place. Une folle pour les un·e·s. Une puissante sorcière d’amour inconditionnel pour les autres.