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Beaucoup de fatigue physique, mais beaucoup d’envie aussi. Beaucoup de choses en cours et à cœur. Bientôt quelques jours au Maroc. Et l’organisation pour le printemps prochain d’un week-end au royaume des loups entourée de celleux que j’aime, des 4 coins du pays (et même un peu du monde), pour mes 40 ans. Moi qui ne fait quasiment jamais rien pour mes anniversaires, cette fois-ci je veux marquer l’épilogue de cette première moitié de ma vie, et du chemin que j’y ai accompli. 2020, 40 ans, je veux en prendre acte, parce que la deuxième moitié de ma vie doit être à la hauteur de ce qui m’est possible et de ce que je mérite. Je déconstruis le système de pensées limitantes venant de mon héritage familial, et j’en dessine un nouveau, où j’ai le droit, le devoir de fêter chaque jour de mon existence, et de me construire la vie qui est la mienne, la place qui est la mienne, l’existence de tous les possibles. Ca prend du temps mais ça marche plutôt pas mal.

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A ma fenêtre l’orme s’habille de nouveau de fraîches feuilles vertes, signe du printemps qui s’installe (il y a aussi les premières fraises de la saison). Le chat des rues que j’ai baptisé Merlin refait ses adorables apparitions, à l’affût des différentes personnes qui viennent de temps en temps le nourrir. Vendredi je suis repassée rapidement à notre futur nid commun… Jasmin et chèvrefeuille commencent à envahir notre jardin. Bientôt les roses vont éclore. Et cet arbre étrange aux petites fleurs jaunes le long de hauts branchages arrondis, qui semble se pencher sur nous de sa hauteur comme pour nous protéger et participer à la conversation… Je l’ai baptisé Hugues. Je n’en reviens pas. Dans deux semaines ce lieu sera chez nous. Diable comme nous allons être heureux ❤️🧡💛🌿🍀

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J’entame aussi un autre livre en parallèle de la totale Castaneda. Je découvre avec joie l’écoféminisme. Il y a donc un mot pour définir où je me place, comment je me sens, dans mon corps de femme, de femme sauvage, sœur de la nature.

Apprendre à aimer son corps contre la haine de la culture patriarcale – apprendre à ne pas dénigrer ses menstruations, son pouvoir de donner la vie, l’entrée dans la ménopause ; aimer tous les corps de femmes, les pleins, les longs, les courts, les vieux, les jeunes, comme encore nos désirs sexuels multiples. Cette importance donnée au corps, au corps féminin, est une façon de nous réapproprier la part biologique de notre existence, là encore, pour sortir du dualisme nature/culture nous demandant de choisir entre un corps sans esprit et un esprit sans corps. Aucun déterminisme ici, ni aucun essentialisme, aucune injonction à avoir ou ne pas avoir d’enfant, aucun destin biologique ou encore aucune identité de sexe ou de genre prescrite, mais la revendication et l’affirmation d’une puissance d’agir et de penser sensible. Comment se reconnecter au monde, de manière responsable, si l’on doute de ses propres sensations, de ses propres expériences, de sa propre existence ? La force de l’écoféminisme est d’avoir réussi à retourner cette association négative des femmes avec la nature propre à notre culture patriarcale, qui nous coupe de nous-même comme de la nature/terre, en objet de revendication et de lutte qui concerne potentiellement tout le monde.‘ – Emilie Hache

 

(clic sur les images pour les voir en plus grand)

Namasté.

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Le premier concours s’est plutôt bien passé. Il fait beau, le printemps est installé, tout à l’heure j’ai grillé sous le soleil à ma fenêtre, gratitude infinie tout ça tout ça.

Sinon… Bah sinon le marchand de sable n’est toujours pas rentré, des semaines qu’il est parti acheter des clopes, je désespère, une nuit normale semble devenir un fantasme inaccessible. J’ai découvert le concept merveilleux de l’école démocratique. Financièrement c’est chaud. Et bon d’autres trucs que je vais garder pour moi.

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Le Loup est revenu.

Mowgli a mis sa brosse à dents dans mon gobelet avec la mienne pour quelques jours. On a fait tourner son linge dans ma lessiveuse. Peter Pan s’est fait un masque vert et a mis de la coco dans ses boucles sombres. Il m’a noué un de ses bracelets colorés au poignet. Sa nuque est noire de soleil. Ses cheveux et sa barbe ébène ont éclairci aux extrémités, dans un blond roussi cuivré, délicieux résultat de 3 mois à vivre dans la nature des canyons espagnols.
Mercredi soir, tard dans la nuit, quand il est apparu sous ma fenêtre la bouche en coeur, il a ouvert une parenthèse de vacances surprise. Une parenthèse d’étreintes brûlantes et de nuits-cuillères, de douche Rose Jam et de bière thaï, de massages, couinements, et même quelques confidences précieuses au fil des jours.
Il est reparti ce midi. Il a encore laissé à la fois mon coeur gonflé à bloc de lumière, et un vide immense dans l’air. Mais la lumière est plus forte que le vide. Chaque jour j’ai remercié l’Univers qu’il soit revenu. Chaque jour j’espérais qu’il reste un jour de plus. Chaque jour il a été vain de faire semblant de ne pas avoir grave le béguin pour lui. Même s’il est un loup, nomade, solitaire, lonesome cowboy. Que je suis heureuse d’avoir été, par un jour d’hiver, reliée à un être humain dégageant une énergie aussi belle, si vraie, si entière. Puisse ce lien perdurer encore, toujours, d’une façon ou d’une autre.

‘…un ciel jaune et bleu et au milieu tout simplement, toi et tes allures de conquérant…’

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Le printemps. Son regard tiède et son souffle qui colle à la peau. Ses mains qui réchauffent le coeur et marquent le corps au fer rouge. Empreinte inoubliable qui revient au galop alors que l’hiver n’a même pas dit son dernier mot. Le printemps veille même quand il brille par son absence. Le printemps, doux fantôme bienveillant sous son regard iceberg aveuglant, voilé de grands cils blancs. Le printemps immature et révolté. Le printemps, enfant de 8 ans, ado en fuite, innaccessible comme un bandit à la dérive, à la déroute. Le printemps poète de comptoir. Le printemps ridicule immortel. Le printemps qui frappe les coeurs des casseroles au cul des baleines. Printemps is everywhere. Il se cache sous chaque pas et derrière chaque sourire, bancal comme une larme et risible comme un tambour au cuir usé par le temps qui passe.

On ne mélange pas les galets et les cailloux.

La naïveté du début. Attends, je ne dis pas qu’après, la magie est perdue, mais quand même, ces souvenirs des premiers pas l’un vers l’autre, tout le monde tombe plus ou moins dedans, à un moment donné.
Tu te rappelles ? Quand je suis arrivée ce soir-là, attendue presque comme la princesse que je ne serai jamais, j’ai senti quelque chose de différent dans ta façon de me dire bonjour. Comme quelque chose de décidé, et de fébrile à la fois. On a passé toute la soirée à se frôler sans se toucher vraiment, mais quand tu étais juste derrière moi, ou juste à côté, je sentais qu’on se rapprochait encore et encore, presque malgré nous, comme une force centrifuge qui nous attirait l’un à l’autre. A certains moments je sentais ton bras effleurer mon dos, je sentais ta présence tellement près, ça me faisait perdre les pédales, mais c’était comme si c’était pas si grave après tout, comme si tout était parfaitement normal.
Tard dans cette nuit de printemps, on a marché seuls le long des trottoirs avinés, on a croisé des filles bourrées qui ont fait tomber leur bouteille de mousseux sur le bitume. Je me demandais pourquoi je te suivais, mais je te suivais quand même. Ca fait ça des fois, on fait les choses sans y réfléchir, mais on y pense quand même, on a conscience de ce qui se passe, mais cette conscience est comme en veille, parce que ça doit se passer comme ça et pis c’est tout, c’est le cœur qui dirige, seul à la barre et grand maître à bord.
Sur une banquette et dans l’obscurité on a fini nos bières, assis, enfin, vautrés, l’un en face de l’autre. Je devinais à peine ton visage sous ta capuche, et en fait je sentais que je risquais de m’endormir. C’est là que tu t’es avancé un peu, profitant d’un moment de silence, sans doute dû au passage d’un ange facétieux. Tu t’es rapproché de moi, et tu m’as embrassé sur la joue, tout doucement. Puis dans le cou, tout doucement aussi, un peu au ralenti, comme dans un film suspendu au-dessus du temps. Je crois que c’est ça, le temps s’est arrêté juste à ce moment-là. Puis tu m’as embrassé sur la bouche. Je n’ai pas bougé d’un centimètre, mon cerveau embrumé essayait de mettre un nom sur ce qui était en train de se passer. Plus tard tu m’as expliqué que c’était quelque chose que tu aurais voulu voir se passer depuis très longtemps. Trop longtemps.
Après c’est un peu mélangé, je me souviens qu’on était debout et qu’on s’est embrassés en se serrant très fort, je me souviens de nos visages posés l’un contre l’autre, tes mains autour de ma taille, on est restés là comme ça sans bouger, assez longtemps je crois, dans la pénombre, juste nos visages collés et nos corps scotchés, ça me faisait drôle de sentir tes mains autour de moi, même avec mes vêtements et ma veste, c’était quelque chose d’incongru et en même temps c’était évident. Quelque chose qui aurait dû arriver depuis très longtemps. Trop longtemps.
On a passé la nuit le nez sous un ciel brun foncé, qui sentait l’été avant l’heure. Jusqu’au petit matin, où tu m’as raccompagnée un bout de chemin. On s’est revus le lendemain, on a passé la journée et la soirée ensemble, tu m’as fait une vie pas possible pour qu’on aille chez moi, on était assis sur le trottoir et tu lançais des gravillons au loin en me disant « allez… allez… s’te plait » comme un ado attardé. Et j’adorais ça, parce que j’aurais pu faire pareil, parce qu’en fait beaucoup de choses se révélaient pareilles chez toi et chez moi.
On est montés chez moi, tu as voulu prendre une douche. Je me rappelle que te voir déambuler dans mon appartement avait pour moi une résonance quasiment mystique. Je me disais « n’oublie jamais ces moments, regarde-le, là, son sourire en coin, son regard d’enfant survolté, beau comme un camion, en train de chercher son chargeur dans son sac, garde précieusement ces souvenirs au fond de toi, parce que peut-être que ça n’arrivera plus jamais ».
Après on s’est calés sur le canap’ devant la télé, il devait bien être 5 heures du matin et M6 rediffusait un concert de REM. On se remémorait les morceaux et on chantait un peu ce qu’on pouvait des paroles. Et entre deux on s’embrassait. Mes mains tremblaient et ça te faisait sourire, que je sois toute chétive tout d’un coup, comme un animal hésitant. Je me souviens que ça me faisait drôle de sentir la chaleur de ta peau contre la mienne, c’était étrange mais rassurant, et je regardais tes mains aussi, et ton visage tout près du mien, tellement près, bien plus près que tout ce que j’aurais jamais pu imaginer.
Aujourd’hui encore quand je vois ton visage tout près du mien, j’en détaille chaque centimètre carré, je regarde la forme de ta bouche, la forme de tes pommettes, la couleur de tes yeux, la densité de ta barbe de 3 jours. Aujourd’hui encore quand tu me serres ton contact et ton odeur me font perdre les pédales. Aujourd’hui encore quand je prend ta main je la regarde avec émerveillement, c’est ta main et pas celle d’un autre. Tu n’es pas un autre. Tu n’es pas pareil. Ou juste pareil à moi. Chaque fois qu’on se voit, c’est un peu plus fort, chaque fois qu’on se parle, c’est un peu plus vrai, nos âmes sont sœurs, au sens le plus pur qui soit, rien n’est plus évident, même si rien n’est gagné.