et parfois je mange des livres

Sur mon A Propos FB, parmi les toutes premières phrases figurent : ‘La musique me fait bander. Et parfois je mange des livres.’

Hier en sortant du taf, je suis passée chez Gibert, justement pour acheter un livre. D’occasion, je privilégie toujours les occasions autant que possible, j’aime l’idée que les livres circulent et servent toujours, et d’économiser les arbres et les forêts, poumons de la terre, en minimisant l’impression de livres neufs.

Je sors de chez Gibert donc, mon livre dans un petit sac en cordes, ajouré, que j’utilise pour trimballer mes livres, cahiers, carnets… En plus de ce nouveau livre, il y a dedans mon agenda, un carnet et un autre livre. On peut les distinguer à travers les cordages du sac. Je remonte l’avenue Foch en direction du Peyrou. Un monsieur d’un certain âge, je dirais entre 70 et 80 ans, mais en forme, frais et l’allure sereine, bien vêtu d’une chemise et d’une veste de costume, chaussé de souliers à l’ancienne, marche dans le même sens que moi et arrive à ma hauteur.
‘ – Vous mangez des livres ? ‘
Je lui demande pardon, pas sûre d’avoir bien compris.
‘ – Vous mangez des livres ?’
  – Ahah, exactement !’
  – C’est bien, c’est une bonne activité, ça nourrit l’esprit…
– Tout à fait.
– Moi aussi je lisais beaucoup quand j’étais plus jeune…

  – Et maintenant ?
  – Maintenant je relis surtout les livres que j’ai déjà lus il y a longtemps… Je lisais aussi le Canard Enchaîné, et je le posais sur mon bureau au travail, comme ça, quand des collègues venaient m’emmerder, je leur tendais… Parfois, dans les petites entreprises, il y en a qui prennent juste un grade, et après ils deviennent bizarres, ils changent… Enfin bref, je fais ma petite montée…
  – Ah oui c’est un peu un faux plat l’avenue Foch.
  – Ah mais de toute façon je fais des zigzags, je ne sais pas si vous connaissez, j’habite à côté du parc de la Guirlande, dans une petite résidence. J’avais acheté un petit appartement là-bas pour ma fille, quand elle était en poste ici. Maintenant j’y habite. Mais j’en ai marre… Je suis un alsacien moi, je suis né dans les Vosges, alors quand y’a pas un peu de montagne, de relief, de neige en hiver…
  – Oui je vois, je suis née en Franche-Comté.
  – Ah oui, de quel côté ?
  – Dans le Pays de Montbéliard.
  – Ah oui, j’ai de la famille à Besançon. J’ai un pied-à-terre par là-bas, que je loue pas cher à une vieille femme. Je voudrais bien le récupérer, mais elle n’a pas envie de s’en aller, et bon, quand on est vieux, et qu’on peut plus trop bouger… C’est comme ça.’
Nous traversons devant l’Arc de Triomphe. Je regarde une dernière fois ce vieil homme absolument charmant. Petit, le teint clair, l’air éveillé mais posé.
‘ – Je passe par le Peyrou. Bonne soirée !
  – Bonne soirée…’
Il part tranquillement, en direction de Figuerolles. Je traverse le Peyrou sous un soleil qui m’inonde de lumière. Je remercie l’Univers pour ce cadeau, ce vieil homme venu me faire oublier ma journée de taf, le manque de sommeil, les comportements toxiques, en étant simplement avenant, cordial, gentil, fluide et serein dans son envie d’échanger sur un bout de chemin, au milieu de cette grande ville pas si anonyme que ça. Me rappeler combien les rapports humains peuvent être simples et bienfaisants même avec des inconnus. Merci monsieur vosgien de la Guirlande.

les chants des créatures de mes entrailles

Captation live montée en double clip. J’en pleure d’amour tant ce n’est que merveille. Dilly Dally est définitivement la voix de mes entrailles. La bande son de toute mon urgence de vivre, de toute ma rage d’aimer.
Amour et gratitude infinies…
Et Katie Monks… Créature fantasmagorique de tout l’Univers 🔥❤️💜🌔🔥🔥🔥

 

 

mood

Dossier en cours de montage pour déménagement et installation avec l’homme-chouette, dans grand appartement à tomettes et cheminée et jardin arboré de jasmin et d’un olivier. Tous les rituels de bonnes ondes de l’Univers sont les bienvenus pour que notre dossier soit validé.

Belle rencontre avec une danseuse sorcière qui va organiser un super festival en septembre autour du féminisme et des sorcières, et me propose d’y tenir un stand pour tirer les cartes.

Du soleil, des ami.e.s, de la musique. Des réflexions personnelles sur le chemin à suivre qui avancent et me nourrissent de bonnes énergies pour m’aider à faire les bons choix.

J’aime bien les tournures que prend ma vie.
Que l’Univers continue à se pencher sur nous, et sur celleux que nous aimons.

traces

Oui alors bon vous allez rire. J’étais un peu en avance pour aller au yoga. Je me suis dis que j’allais en profiter pour passer chez le luthier pas loin. Au rez-de-chaussée de là où on aurait dû habiter si l’Univers s’était pas planté. Donc j’entre chez le luthier pour regarder les occasions, parce que bon oui j’avoue voir Dilly Dally en concert m’a pour la énième fois amenée à me demander mais pourquoi diable ai-je donc arrêté la musique électrique. Donc je voulais juste avoir un ordre d’idées des prix vu que j’ai vendu ma dernière guitare en 2004 quoi. Juste pour me mettre à jour quoi.

Et là. Je tombe nez à nez avec ce spécimen vintage totalement improbable, au bois poncé par endroits, dévernie et la peinture virée à grands coups, les ressorts à nu au dos… J’ai demandé si je pouvais la tenir un peu. J’ai demandé si je pouvais la brancher un peu. J’ai pété une pile tout en douceur, j’ai pété une pile tranquillement, sereinement, j’ai agi avec évidence, sans cligner d’un cil. Je suis allée chercher du cash. Je suis repartie avec. Cette vieille caisse déglinguée, portant les traces de son vécu, les cicatrices de ses 1000 vies. Comme moi ❤

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Et vous savez quoi. C’est vrai, c’est comme le vélo. Ca ne s’oublie pas. Ca me revient, j’ai même retrouvé les vieux accords de la première vraie compo de mes 16 ans…

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(feu 1996)

 

witchy mood

Troisième et dernier jour dans ma tanière en arrêt maladie. Pour reprendre des forces, essentiellement je dors et je lis. J’entame le troisième volet de Castaneda, ‘Voyage à Ixtlan‘. ‘Voir‘ m’a été fulgurant, drôle, fait de magie et d’évidence à la fois. Quand j’ai un peu d’énergie, je fais des choses que j’ai à faire chez moi, et que je ne faisais plus depuis des mois. Faire un vrai ménage, trier et ranger mes paperasses, jeter des bricoles inutiles. Mon esprit est clair, mes pensées sont libres et tranquilles, je suis sereine. Je réalise combien le quotidien imposé par mon actuel salariat me pèse et obstrue mes pensées, embrouille mon esprit, crispe mes cheminements personnels. Ca a toujours été plus ou moins le cas. En tout cas à chaque fois que j’ai eu un taf qui ne collait pas avec ce que je suis, avec ma place dans le monde, et ce pour quoi je suis faite. C’est-à-dire quasiment toute ma vie professionnelle (à part donc mes magnifiques expériences de chargée de diffusion de spectacles et de groom équestre). J’ai toujours à peu près fait avec, parce que j’ai été éduquée comme ça, j’ai grandi dans un environnement où il fallait avoir un ‘vrai‘ travail (dans cet environnement artiste, musicien, écrivain et assimilés ne sont pas un travail…), bosser bête et méchant pour pas grand-chose, payer ses factures et fermer sa gueule, ne surtout pas se plaindre car ‘il y a toujours pire que soi, et c’est comme ça ma pov’ Lucette, on ne va pas changer le monde‘.

Et bien si.

Je réalise combien tout au long de ma vie d’adulte, sans y penser vraiment, j’ai fait mon chemin auprès de gens libérés de ce système oppressif. Certain·e·s ont eu la chance de s’en défaire très jeunes. De vivre très tôt dans un lieu collectif, en solidarité, ou dans une caravane avec le minimum vital… J’enviais ces personnes parce que je n’arrivais pas à faire comme elleux. C’est si difficile de se défaire de ce système de croyances limitantes, qu’on nous inculque depuis tout·e petit·e, nos parents, notre famille, nos profs, tous ces adultes auprès de qui on grandit, et que même si on n’a pas envie de les croire, ils ne nous laissent guère le choix. Ils brisent ce que nous sommes au fond de nous, même si c’est avec toutes les bonnes intentions du monde, pour nous faire entrer dans le moule, coûte que coûte. ‘Pour notre bien‘.

Alors, ça fait presque 20 ans que j’essaie de me défaire de ces systèmes de croyances limitantes, auxquels je n’ai jamais cru. Partie du domicile familial à 17 ans, j’ai toujours cherché la liberté, souvent à travers la musique, les arts de manière générale, et pourtant j’ai toujours eu peur d’y plonger totalement, d’un point de vue purement matériel et financier. Je n’ai jamais gagné beaucoup, mais je me suis toujours débrouillée pour avoir un petit taf plus ou moins alimentaire, notamment pour filer entre les doigts de Paul Emploi. Malgré tout  j’ai beaucoup détricoté le système de pensées dans lequel j’ai grandi et contre lequel je me suis de toute façon toujours rebellée, enfant, puis ado. J’ai parfois réussi à trouver des tafs où une partie de moi y trouvait un peu son compte, histoire de tenir un peu sur la longueur. Mais plus j’avance dans mon détricotage et plus je réalise que bientôt je ne pourrai plus faire avec. Déjà aujourd’hui je tiens au prix d’une énergie folle dépensée à garder un semblant d’équilibre entre les deux eaux. Ces trois jours d’arrêt me mettent bon gré mal gré devant cette évidence.
Ma chute de tension, c’est un peu le résultat de la secousse sismique que m’a causée Katie et l’évidence de sa liberté dans l’amour sauvage de Dilly Dally. Mais c’est aussi le résultat de mois entiers à lutter à contre-courant alors que plus le temps passe, plus mes entrailles laissent passer une lumière hurlant à l’Univers et m’appelant à ma juste place.

Don Juan disait il y a 50 ans à Carlos Castaneda, qu’une fois qu’un homme a ouvert sa trouée, il n’a plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. C’est exactement ça. Quand tu as commencé à ouvrir la brèche qui te permet d’entrevoir le véritable sens du monde, de la vie, de l’univers, alors tu ne peux plus faire semblant, continuer à te réfugier derrière les faux-semblants d’un taf par défaut, d’un système auquel tu ne crois pas, des balivernes des croyances limitantes. Tu n’as plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. Ou mourir.

Je réalise pendant ces jours de repos combien ma trouée est grande ouverte, béante ; ce ‘gouffre à l’intérieur‘, qu’adolescente je sentais littéralement me happer de l’intérieur, comme un appel aspirant vers un puits sans fond, au creux de mes entrailles. Parfois cet appel me prenait dans mon lit, le soir, et encore aujourd’hui il est parfois la cause de vertiges et de pertes d’équilibre, qui m’empêchent de traverser certains ponts, de marcher près d’un ravin trop raide… Il aura fallu tout ce cheminement, une rencontre primordiale et la lecture des livres de Castaneda pour comprendre combien je dois écouter cet appel. Toutes les épreuves traversées dans ma vie ne sont pas le fruit d’une malédiction ou de mauvais choix de ma part. Je crois que je n’ai plus à avoir honte, ou peur, ou à me sentir illégitime, pour pouvoir dire que je suis née pour vivre comme une guerrière, et que si je laisse mon gouffre, ma trouée, s’emplir à ras-bord de lumière, alors je serai à ma juste place. Une folle pour les un·e·s. Une puissante sorcière d’amour inconditionnel pour les autres.

believe in yourself

Je rentre de Paris avec une pharyngite, un syndrome grippal et une tension à 9. Et quelques images.
Sacré Cœur, Châteaurouge, Buttes Chaumont (sur les traces de Vernon), Montmartre, Père Lachaise… Et un super Airbnb.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)


Oui mais Katie Monks a kiffé ma robe-chats.

Je voulais faire un review de ce concert, et puis je réalise combien je peine à trouver les mots. J’ai vécu la chose dans un état de semi-conscience, une sorte de transe, sans doute en partie due à la fièvre que je me trimballais depuis des jours. Il en fallait de l’amour et de l’envie pour me tenir debout. Il fallait au moins Dilly Dally.

A 16 ans j’ai monté mon premier groupe de rock, je chantais et jouais de la guitare, mes cheveux blonds platine au carré… Alors le nouveau look de Katie, son carré platine et ses robes de kinder whore, son attitude entre la fée glam et le sale gosse punk, dire que ça me parle, c’est peu dire. Katie fait le lien entre ma vie d’avant et celle d’aujourd’hui, le lien entre la rage adolescente et l’amour inconditionnel adulte, le rock n roll brut et la bienveillance pure…

Tout a commencé derrière le zinc de l’Olympic Café, où nous avons mangé un bout avant le concert. A peine arrivés et voilà qu’on les entend faire leur balance au sous-sol, juste sous nos pieds. Aux anges. On commande et voilà qu’iels montent manger un bout, à la table à côté de la nôtre… Jimmy en jupe pailletée, Ben l’air blasé, Liz les cheveux ultra courts et tout noirs. Katie nous adresse un ‘Hiiiiee…’ de chaton céleste, à la fois souriante et flegmatique… Au-delà des anges.

Tout est comme quand je jouais dans le même genre de bar… Il y a 20 ans. J’ai juste changé de place. Quand l’heure vient de descendre dans la salle au sous-sol, deux adolescentes sont à côté de moi au premier rang. Fans joyeusement enragées du groupe qui fera la première partie, une découverte bien sympa et bien 90’s, Chastity. Le chanteur aux airs d’apprenti bucheron tout droit sorti de Twin Peaks leur donnera l’occasion de sauter et hurler aussi haut et aussi fort que leur fougue adolescente le leur permet. Leurs sourires n’auront sans doute d’égal… Que le mien.

Nous croiserons régulièrement les Dilly Dally ici et là dans la salle, avant que vienne leur tour. La salle est si petite qu’une simple marche en bois sépare les musiciens du public. Je suis si proche que dès les premiers accords j’entends les retours autant que les enceintes. Une lumière violette vient nous envelopper. Katie fait quelques essais voix a cappella. La salle ronronne en entendant ce timbre si particulier, surréaliste. L’amour et la rage nourrissent cette voix-là.

Iels ont joué des titres qui ne sont pas sur les deux albums, comme l’enivrant Candy Mountain, et la bombe Gender Role. Et même fait un petit rappel avec Green, la salle hurlant à la lune elle aussi, donnant un sourire sauvage à Katie au moment de quitter la scène, sa guitare aux cordes cassées abandonnée sur le sol.

Quel groupe. Quel son. Quelle voix. Quelle belle attitude. Quelle gentillesse que la leur. Cette sensibilité à fleur de peau, enrobée de cette rage d’amour. C’est vraiment ça que j’ai ressenti, de l’amour enragé, une rage d’aimer. Dilly Dally me fait faire la paix entre mon gouffre sombre et mon coeur d’amour inconditionnel.

 

 

Je crois qu’un bout de moi n’est pas rentré et est resté quelque part, en apesanteur entre les mondes.

 

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‘ – By the way, I love your kitty dress. ‘

 

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le monde fait ce qu’il veut avec la musique

Plus de 3 ans que Dilly Dally me met le coeur au bord des lèvres à chaque morceau, à chaque écoute. 3 ans que j’ai trouvé le son de mon âme. La voix de mon ventre. Cette voix à la fois de rage et d’amour.

Dans 48 heures toute la lumière de l’Univers créera une brèche surnaturelle, au sous-sol d’une petite brasserie d’un quartier populaire parisien. Dans 48 heures les louves hurleront tout leur amour à la lune, la musique caressera nos cœurs et la voix de Katie Monks enveloppera la lumière de mon ventre d’un écrin d’invincibilité.

J’ai tant de gratitude à l’intérieur de moi que ça déborde déjà de tous les côtés, avec deux jours d’avance. Vendredi soir je serai sans doute tellement noyée dans l’amour, que mon enveloppe charnelle pourrait bien disparaître par moments, dans une explosion de lumière pure, comme seule la musique peut en créer.

Comme l’a dit un jour, musique à fond, la fille d’un loup quand elle était petite : ‘Le monde fait ce qu’il veut avec la musique !’.
La musique est une force invincible. Elle est tous les possibles.

ma petite fumée du diable

Donc je suis en train de commencer les livres de Carlos Castaneda, et je suis en plein dans le premier, L’herbe du diable et la petite fumée. C’est passionnant, fascinant, parfois drôle, souvent comme un écho à mes cheminements personnels.

Alors, je comprends bien le principe des plantes hallucinogènes. On m’a parfois dit que je loupais quelque chose. Bon, le truc, c’est que moi voilà, 3 lattes d’un pète d’herbe, dont j’adore le parfum, bah je dors profondément pendant 15 heures. Je suis genre super réceptive à la moindre molécule. Ado, l’herbe m’a emmenée loin, c’est vrai, mais au final j’ai quand même toujours fini par vider le frigo puis roupiller. Je veux croire que les plantes hallucinatoires ne sont pas un passage obligé pour arriver à certaines portes, à certains mondes. A vrai dire, la méditation me fait déjà voir bien des choses. Souvent de façon très nette. Des lieux, des scènes, des guides. Et la musique, alors là, m’emmène bien au-delà du monde visible. A certains concerts, je me suis littéralement transformée. Certains morceaux me mettent dans une transe telle que je peux en avoir des fourmis au bout des doigts au bout de quelques minutes seulement, sentir l’énergie au creux de mes mains, tout autour de moi, en voir distinctement les vagues tourner et danser avec moi.

La musique c’est ma petite fumée du diable. Un mix entre l’herbe du diable et la petite fumée. Ma clé à moi pour entrer dans les mondes invisibles. Et y danser, y puiser l’énergie dont j’ai besoin, revenir régénérée ❤

the prophet songs

Enfant j’écoutais beaucoup Queen, malgré moi, c’est ma mère qui en mettait régulièrement, à la maison, dans la voiture… Cette musique me transportait et me fascinait, toute cette puissance organique me laissait un peu hallucinée, tant de lumière dans ces mélodies et tant de passion dans cette voix.

Ensuite, curieusement, je n’ai plus jamais écouté Queen de moi-même. Adolescente ma lumière d’enfant a cédé la place à beaucoup de noirceur, beaucoup de rage et de peur. J’ai oublié Queen. Comme tout le monde j’en entends de temps en temps des morceaux en soirée, à la radio, sur les internets. Mais ce n’est jamais moi qui en prends l’initiative.

Hier soir l’homme-chouette m’a emmenée voir Bohemian Rhapsody, le biopic sur Freddy Mercury et Queen. En sortant de la salle j’ai littéralement fondu en larmes dans ses bras. C’est comme si une bulle enfouie avait été percée. Comme si j’avais pris conscience de toute la lumière que j’ai enterrée vivante à une période de ma vie. Aujourd’hui que j’ai retrouvé mon soleil intérieur, réentendre certains morceaux a ramené dans mon coeur cette émotion d’enfant, longtemps étouffée par un gouffre, ce gouffre que j’apprends à faire taire, qui petit à petit disparaît.

Je n’oublierai plus jamais Queen. Et aujourd’hui c’est le Queen et le Freddy Mercury des 70’s qui illumine mon coeur.

(Et puis accessoirement encore un type non binaire qui portait les cheveux longs, la moustache, et des leggings moulants… Comme par hasard hein. A croire que ça me suit depuis encore plus longtemps que je le crois.)