les chevaux qui murmuraient à mon oreille

Cet été j’ai trouvé un endroit où il y a des chevaux de Camargue magnifiques, bien soignés, pas enfermés dans des box mais lâchés en extérieur, avec ombre et fourrage, où on peut venir pour des balades entre bois, mer et étang.
Monter à cheval me manque beaucoup, ça a tellement fait partie de ma vie. 10 années à leurs côtés, dont une au quotidien en étant payée pour m’en occuper… Et puis quasiment plus rien. Autres vies, autres villes, et le véganisme qui passe par là… Pouvais-je encore trouver valable de leur monter dessus ? J’ai toujours dit que je le referais quand j’aurais mon cheval, à moi, et juste pour quelques balades à la cool de temps en temps. Plus jamais de tours ennuyeux dans un manège, plus jamais de chevaux en box à perte de vue, tirés à 4 épingles tondus coiffés comme des poupées, qu’on monte à la suite toute la journée comme à l’usine. Ou pire, qu’on emmène en « compétition »…
Le lieu que j’ai trouvé cet été ne ressemble pas à ça. Pas de box, pas de manège. Des chevaux qui ont l’air bien dans leur tête, qui peuvent vivre en groupe… Des Camargues superbes aux longues crinières ondulantes, dans un havre de brousse et de pins.
Bref comme c’est pas demain la veille que j’aurai les moyens (et surtout la place) d’avoir le mien, loin de moi l’idée de retourner faire du saut d’obstacles ou du dressage en manège, mais demain après-midi j’emmène l’homme chouette et nous partirons à cheval dans les bois, et c’est une joie si intense que les mots me manquent ❤ ❤ ❤
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(photo 1995)

Swell

Cette nuit-là, la mer m’a ouvert ses grands bras désespérés. J’ai pu lire dans ses tendres yeux gris comme une urgence, comme un appel, comme une envie. Quelque chose d’éperdu. Et plus cette mer remuait, plus ses vagues se faisaient hautes et violentes, plus je l’aimais, et moins je sentais le vent glacial me transpercer la peau. J’ai laissé mon âme à cette mer, comme un cadeau mais aussi comme un fardeau. Elle l’a prise entre ses mains, qui sont devenues un écrin, un écrin fait du sable qui rythme le temps qui passe entre deux marées. A chaque fois que la marée remonte, je suis là, pour en partager l’immensité. Et dans le creux de la vague, je l’attends. J’attends sa prochaine fièvre de vie, ses prochaines confidences, ses prochaines nuits d’écume. Je suis sa crique, tantôt naïve et stoïque, tantôt passionnée et vivante. Cette mer tourmentée, tumultueuse, fatiguée, fantomatique, bancale, ma seule berceuse, l’origine de toutes les envies. Les envies d’encore. La mer des premières fois.