semer les graines

Beaucoup de gratitude. Beaucoup d’humanité aussi.

Le festival Witch s’est merveilleusement déroulé. La quiétude de me sentir à ma place et entourée de personnes qui partagent globalement ma vision du monde et de la vie. Atelier avec une herboriste absolument passionnant, qui donne envie de reprendre le pouvoir de prendre soin de soi en autonomie grâce aux merveilles de la nature et des forêts, telles nos ancêtres les sorcières et leurs savoirs si précieux. Première expérience publique avec mes cartes super positive, même si ça demande beaucoup de concentration, quels beaux échanges, quels beaux partages avec ces personnes prêtes à s’en remettre aux cartes pour retrouver ce qui est en leur pouvoir. Le sentiment aussi d’être légitime, crédible, suffisamment compétente sur le sujet pour être là.

Et puis le reste, ma vie, ce qui s’est transformé et se transformera encore, la foi en d’autres possibles qui me nourrit en ce moment, et l’élan serein dans lequel cela me guide. Mon nid, mon autre, mes autres, mes capacités, mes maîtrises et mes pouvoirs.

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Je lis actuellement ‘La Voie du Tarot’ d’Alexandro Jodorowski. Longtemps que je pensais le faire. Son film ‘La Danza de la Realidad’ m’avait beaucoup interpellée il y a quelques années. Je devrais le revoir aujourd’hui, au regard du chemin spirituel que j’ai parcouru.
Son livre sur le tarot de Marseille est passionnant, même si je ne suis pas toujours 100 % d’accord avec absolument tout, son analyse et son étude des cartes est brillante, très poussée, très intelligente. Et puis il me permet de me plonger enfin plus en profondeur dans le tarot de Marseille, qui reste un trésor historique, artistique, philosophique, et un système extraordinaire de symboles et de sens profonds, malgré ses arcanes mineurs à priori plus difficiles d’accès que ceux du Rider Waite Smith. Les archétypes des arcanes majeurs et leurs significations, psychologiques comme ésotériques, traversent avec tant de puissance la magie de l’âme humaine, que je peux comprendre les ‘puristes’ qui boudent la relecture et la vision de Waite, pourtant fascinante elle aussi, et tellement divinement illustrée par Pamela Colman Smith.
J’aime à penser que je peux personnellement aimer les deux, utiliser les deux, pour des raisons différentes. Par exemple pour tirer les cartes aux autres, je trouve que le Rider Waite Smith reste plus lisible, plus facile d’accès, par rapport au Marseille. Les arcanes mineurs illustrés aident quand même beaucoup à s’y projeter pour le consultant profane.
Mais qui sait, peut-être qu’à l’issue de la lecture de ‘La Voie du Tarot’… En tout cas pour mes lectures personnelles je me sens aujourd’hui bien plus proche du Tarot de Marseille qu’il n’y a pas si longtemps… Cœur Rider Waite Smith, cœur Marseille ❤

Gifts of the Universe (bis)

Les cicatrices sont des chemins. Les trésors brillent éternellement. La gratitude est infinie et l’amour est inconditionnel.

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(photos argentique Alban Van Wassenhove)

Du coup voilà, 3 jours avec Alban et ses images, et je replonge le nez dans ces possibles créatifs infinis, alors si en plus le résultat peut être aussi instantané qu’imprévisible, et prendre corps physiquement entre mes doigts… Bref j’ai cassé ma tirelire et me suis offert un Polaroid ❤

Avec une petite manip manuelle je peux même faire de la double exposition, deux prises superposées et développées sur le même film, résultats parfois hasardeux, parfois magiques ❤

Ce matin l’homme-chouette s’est prêté au jeu et j’ai fait ça :

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❤ ❤ ❤

Namasté

Hier mon anniversaire, les copaines qui me font des câlins, les chats qui sourient, le soleil et le chant du vent dans les arbres, les papillons, les petits mots enchanteurs de celleux qui sont loin, les rebelles comtois prochainement dans la place, la tarte aux fraises vegan de l’homme-chouette dans le jardin, et son cadeau mon tambour qu’il me tarde de décorer avec les empreintes des enfants-loups en peinture.

Nous avons le cœur sauvage, et nous sommes amour, force et magie.

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royaume des loups forever

Silencieuse entre les montagnes, j’entendais le vent venir de la vallée d’en face. Son souffle dansait entre les arbres pour courir jusqu’à moi et m’envelopper totalement, avec fougue et bienveillance, avant de poursuivre son chemin dans la forêt. Je mangeais les coucous et les violettes trouvées à mes pieds, et je faisais pipi dans les champs de primevères. J’ai rencontré un homme de cheval, qui m’a proposé de venir sortir ses chevaux quand je reviendrai au royaume. Nous avons chassé les œufs de Pâques, j’ai nourri les poules, le père des nouveaux chatons, fait le feu presque toute seule.

Iels me manquent déjà. Je le raconte au jasmin grimpant, puissamment parfumé, qui s’ouvre par poignées entières dans mon jardin. J’ai envie d’écrire et de dessiner, avec des stylos, des crayons et des feutres, dans le calme, au son des éléments, comme je le faisais là-haut sur la table en bois de pique-nique. De retrouver mes cartes aussi, qui m’attendent patiemment depuis l’aménagement. Surtout, j’ai envie de garder en moi tout l’amour et toute la joie emmagasinées là-bas. Que plus jamais ne m’atteigne quoi que ce soit de négatif. En tout cas jamais bien longtemps. Puisqu’iels sont dans ma vie, après tout, rien de grave ne peut perdurer, les rebus de l’existence ne font que passer, et seuls des moments comme ceux partagés au royaume des loups peuvent s’enraciner en moi, tout autour de mon cœur.

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Notre appartenance à cette terre, à ces éléments et à ces êtres est si évidente. Notre place n’est pas agglutinés en ville les un·e·s sur les autres, dans une sorte d’anonymat méfiant, à poursuivre ce rythme de vie abrutissant, à accepter ce manque de sens, à croire en un système qui nous rend esclaves. Notre place est parmi ces êtres et ces éléments, en harmonie avec cette terre qui nous accueille et nous offre tout ce dont nous avons besoin. Au royaume des loups tout se fait au rythme de notre nature, à aucun moment il ne nous viendrait à l’idée de nous donner des obligations absurdes, des règles inutiles, et cette liberté apporte un équilibre parfait, une écoute partagée, une communion de ce que nous sommes individuellement, avec une évidence à la fois naturelle et magique. C’est ainsi que je veux vivre mon quotidien. Petit à petit continuer de me défaire des liens et sentiments toxiques, pour de bon, courir avec les loups pour toujours, tous les jours, les loups de l’Univers tout entier, pour peu qu’ils soient sauvages, libres et aimants.

‘ Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons : Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. ‘ – Albert Einstein

les fibres d’entre les mondes

Je relis les 7 Sœurs du Sort, et je réalise combien Hugues lisait à travers moi, il savait qui je suis au plus profond, avant même que moi je le sache entièrement. Il a mis les mots pour me raconter avant même que moi je ne trouve comment l’exprimer. Même mon vertige, ma peur du vide, due à ce gouffre en moi, il savait.
Aujourd’hui je sais qui je suis, et je relis ces mots, et je réalise à quel point Hugues était un homme de connaissance, un être de magie, qui lui aussi entendait les alliés et voyait les fibres de l’Univers se relier à celles de nos ventres béants d’amour ❤

‘Sosha était l’animiste du groupe. (…) Elle parlait même avec les créatures qui ne communiquaient pas avec le langage des hommes. (…)
C’était elle qui avait le don le plus aiguë pour communiquer avec l’au-delà , la nature et le non-humain. (…) Elle se situait toujours entre deux mondes unis par les sens. Elle n’avait aucune difficulté à faire le vide dans son esprit tant elle était connectée avec le ventre.
Au cœur de cette énigme qu’était l’origine du monde, émergeait un fil qui reliait l’espace et le temps à l’aura sensible de Sosha. Quand elle entrait en transe, doucement, le lien inaltérable entre Sosha et le vivant opérait une fusion des sens. Un seul mot pouvait définir le phénomène : communion.
On le sait, la nature a horreur du vide. Sosha se sentait emplie de vie entourée par l’amour des siens, de la nature et de ce qui poussait entre les mondes. Elle connaissait le Cornu et le craignait. À l’inverse de tout autre être, le Cornu était le vide, l’absence et le gouffre. (…) Avec lui, l’énergie était dévorée pour remplir son immense panse que rien, ni même l’univers, ne pourrait satisfaire entièrement. Il était l’appel au creux, à la présence du mal, au plongeon dans l’abysse. Le Cornu était l’exact opposé de ce vers quoi tendait Sosha : la création.’

smell like dream spirit

Enfin. Enfin ce tarot dans mes mains.

Après 3 semaines de voyage depuis les États-Unis, j’ai enfin reçu le World Spirit Tarot de Lauren O’Leary (aka Madame Onca). La première édition de 2001, qui avait vu le jour grâce à un crowdfunding en édition limitée. Avec un rendu colorimétrique encore plus incroyable que la réédition récente de 2015, et les idées originelles de l’auteure.

Un tarot avec des personnages de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les ethnies… Un tarot avec beaucoup de magie et de folie. Beaucoup d’amour aussi.
Un tarot qui me fascine depuis des années. Enfin je l’ai trouvé à un prix largement raisonnable, sur eBay, au prix d’un jeu de base en boutique.

Il me tarde de pouvoir prendre le temps de lire le livre qui l’accompagne et semble très intéressant, et dans un anglais fluide que je comprends bien. Passer du temps avec les cartes, en photographier quelques-unes à leur juste valeur…
Les illustrations ont été faites en linogravure et colorisées à la main par l’artiste. Plusieurs semaines de travail pour chaque carte…
Ces illustrations, cet univers, me bouleversent.

Ici, une carte en l’hommage de Pamela Colman Smith. On la reconnaît tellement. L’illustratrice a tellement su capter l’essence de Pixie. C’est tellement beau d’avoir fait ça.

Mon ‘dream tarot’.
Aujourd’hui avait mal commencé. Ca va mieux. Mon cœur est réchauffé.

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la magie est partout

En 2018 il s’est passé tant de choses.
En 2018, j’ai trouvé ma vraie famille. Rien que ça. Des enfants-loups courant cheveux au vent dans la forêt, un enfant-animal, un allié du coeur, qui quand je vais le voir dans son royaume, me cueille des cynorrhodons, m’offre des cailloux colorés et me fait du caramel. Un enfant libre, courageux et sensible, qui court avec les chiens et les loups.
En 2018 j’ai trouvé un père, au sens le plus noble qui soit, un père spirituel, un allié de l’esprit, un miroir de symboles. Qui quand je vais le voir dans son royaume, m’apprend à faire du feu, à préparer des makis, me montre avec quelle force la magie est partout.
En 2018 j’ai trouvé une sœur, mère des enfants-loups et femme du père symbolique, une femme sauvage et libre, un appel à moi-même, une alliée du lien, qui quand je vais la voir dans son royaume, m’apprend la liberté sans conditions et la sororité.
La liberté aura sans doute été pour moi le maître mot de cette année 2018. Celui qui a le plus de sens. Celui qui m’appelle le plus fort.
J’ai parfois encore du mal à réaliser tout ce que 2018 m’a apporté. Evidemment, c’est l’amour, inconditionnel, qui m’a tant gâtée. Merci infiniment la vie, le destin, la liberté, l’amour. On continue le chemin l’année prochaine, et toutes les autres à venir.

En 2019 je te souhaite joie et courage, force et amour, magie et liberté. Que chaque jour tu ouvres les yeux en te disant que c’est un jour de plus pour être toi-même, pour vibrer, rire, jouir, apprendre, partager, pour aimer  ❤

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Namasté

Certaines traditions veulent que pour pouvoir s’initier au tarot, il faudrait y être invité.e par un.e guide, qui nous offrira alors un de ses jeux pour notre propre apprentissage. Ce jeu devient alors un tarot personnel, c’est un cadeau intime qui devient profondément nôtre.

En réalité on peut tout aussi bien acheter son tarot personnel, pour peu que l’on donne du sens à cette démarche, et que l’on prenne soin de créer un lien avec les cartes, par des rituels divers, si l’intention est sincère et ancrée, c’est tout aussi bien.

Mais voilà. Puisque mon 38ème anniversaire dans cette vie terrestre semble revêtir un caractère particulier, exprimer un nouveau chapitre de vie, et même une renaissance… J’ai donc reçu pour cette occasion le tarot de jeunesse d’un des principaux guides de ma vie spirituelle. Le tarot de ses 20 ans.

Quand il me l’avait montré très brièvement, juste quelques cartes il y a longtemps, je l’avais trouvé magnifique. Mais j’ai assez vite déchanté quand j’ai compris que je ne le trouverais pas dans le commerce. En effet il a été récemment réédité mais avec les illustrations refaites par un autre illustrateur, lui arrachant ainsi tout son charme, le rendant fade et banal.
La version originale a été illustrée en 1986 par l’artiste Tricia Newell. Le dos des cartes noir et or, et les contours dans les tons beiges, mettent en valeur ses illustrations, que je trouve sublimes. Sensibles et proches de la nature, poétiques et expressives.

Par exemple cette Etoile me touche en plein coeur et me fait beaucoup penser à une personne que j’aime d’amour…
Et que dire de cette Lune si mystérieuse…

J’aime aussi beaucoup l’Hermite si cher à mon coeur, et le Hiérophante en version Centaure métalleux est tout simplement parfaite.

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Hier lors de mon rituel de lien avec lui, j’ai eu la Consécration du Monde, et l’Accord des Amoureux.

Encore quelques autres…

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Voilà. Je ressens beaucoup de gratitude en ce moment. J’ai le sentiment que l’Univers se penche sur mon cas ces derniers temps, et me donne moult signes, messages, m’envoie des énergies très positives et constructives, qui me font faire des pas immenses dans mon chemin personnel. Il paraît que la nouvelle lune récente a vu entrer Uranus en Taureau, et que les 7 années à venir seront chargées de choses surprenantes. En juillet je vais déjà revoir ma cousine et ma tante que je n’ai pas revues depuis 15-20 ans, et faire la connaissance de 6 petits-cousins et petites-cousines…
Les énergies circulent et inter-agissent de plus en plus fort depuis que j’ai pris un engagement, celui de prendre mes responsabilités en travaillant davantage sur une mutation intérieure, spirituelle, qui doit continuer dans mon chemin de vie pour être complète. Grace à un petit cahier conçu comme un guide pour ce travail, j’ai consigné par écrit cet engagement, cette responsabilité, les raisons, les conséquences probables, les liens de cause à effet, etc… Depuis, la magie est partout plus puissante que jamais. L’Univers entier est lié, je le savais déjà mais aujourd’hui je ne vois plus que ça.
Les fluxs énergétiques s’entre-nourrissent. Quand on s’engage dans un chemin de bienveillance, quand on s’ouvre au-delà du monde visible, tout change, pour soi mais aussi pour les autres. Nous créons des champs d’énergies qui agissent aussi sur nos entourages. Je le savais déjà mais le quotidien prenait trop souvent le dessus, et je ne nourrissais pas assez ces aspects, cette magie. Ce temps-là est révolu. Tout a changé. Gratitude infinie ❤

le royaume secret des loups de lumière

Ces derniers jours furent ceux de l’amour, de la bienveillance et de la liberté. J’ai rencontré des ânes d’argent et un coq d’or, un chien de feu et des enfants-loups, le chat le plus zen du monde, la rivière de turquoise, je me suis lavée à l’eau d’une source sauvage, et ce fut sans doute mon plus bel anniversaire sur les 38 déjà passés.

38. Quand je l’écris j’ai assez l’impression que c’est ma pointure plutôt que mon âge ahah.
Pourtant ce week-end j’ai mesuré le chemin parcouru et les étapes franchies dans ma vie. Ce week-end j’ai encore plus profondément regardé dans les yeux celle que je deviens, la ligne de vie qui est la mienne, bien au-delà de mon patrimoine familial, bien plus fort que mon héritage générationnel. Depuis ce week-end je sais mieux que jamais qui je suis, et pourquoi j’en suis là aujourd’hui. Je me sens libérée de certaines croyances limitantes, je me sens capable de tous les possibles.
J’ai pu me reconnecter à mon instinct sauvage, à ma nature, à la magie.
Ce n’était pas prémédité, même si je le sentais, comme une intuition, mais ce week-end était vraiment le plus beau cadeau d’anniversaire dont je pouvais rêver.

Ces derniers jours, quelque chose d’essentiel, d’intime, a changé. S’est accéléré. Le cheminement que je fais ces dernières années sur ma place dans l’Univers a fait un bon en avant incroyable. Grâce à une rencontre incroyable. Des rencontres incroyables. Je ne me souviens pas avoir été autant gâtée, accueillie avec tant de chaleur et de sincérité. J’ai trouvé le chemin du paradis, un royaume de liberté. Un lieu où la magie est présente partout, tout le temps.

J’ai vécu quelque chose que je cherchais depuis longtemps, quelque chose que j’espérais trouver un jour, et j’ai sans doute pris le bon chemin, car c’est arrivé.

Et tout a changé.
J’ai une chance inouïe.
Gratitude infinie ❤

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On ne mélange pas les galets et les cailloux.

La naïveté du début. Attends, je ne dis pas qu’après, la magie est perdue, mais quand même, ces souvenirs des premiers pas l’un vers l’autre, tout le monde tombe plus ou moins dedans, à un moment donné.
Tu te rappelles ? Quand je suis arrivée ce soir-là, attendue presque comme la princesse que je ne serai jamais, j’ai senti quelque chose de différent dans ta façon de me dire bonjour. Comme quelque chose de décidé, et de fébrile à la fois. On a passé toute la soirée à se frôler sans se toucher vraiment, mais quand tu étais juste derrière moi, ou juste à côté, je sentais qu’on se rapprochait encore et encore, presque malgré nous, comme une force centrifuge qui nous attirait l’un à l’autre. A certains moments je sentais ton bras effleurer mon dos, je sentais ta présence tellement près, ça me faisait perdre les pédales, mais c’était comme si c’était pas si grave après tout, comme si tout était parfaitement normal.
Tard dans cette nuit de printemps, on a marché seuls le long des trottoirs avinés, on a croisé des filles bourrées qui ont fait tomber leur bouteille de mousseux sur le bitume. Je me demandais pourquoi je te suivais, mais je te suivais quand même. Ca fait ça des fois, on fait les choses sans y réfléchir, mais on y pense quand même, on a conscience de ce qui se passe, mais cette conscience est comme en veille, parce que ça doit se passer comme ça et pis c’est tout, c’est le cœur qui dirige, seul à la barre et grand maître à bord.
Sur une banquette et dans l’obscurité on a fini nos bières, assis, enfin, vautrés, l’un en face de l’autre. Je devinais à peine ton visage sous ta capuche, et en fait je sentais que je risquais de m’endormir. C’est là que tu t’es avancé un peu, profitant d’un moment de silence, sans doute dû au passage d’un ange facétieux. Tu t’es rapproché de moi, et tu m’as embrassé sur la joue, tout doucement. Puis dans le cou, tout doucement aussi, un peu au ralenti, comme dans un film suspendu au-dessus du temps. Je crois que c’est ça, le temps s’est arrêté juste à ce moment-là. Puis tu m’as embrassé sur la bouche. Je n’ai pas bougé d’un centimètre, mon cerveau embrumé essayait de mettre un nom sur ce qui était en train de se passer. Plus tard tu m’as expliqué que c’était quelque chose que tu aurais voulu voir se passer depuis très longtemps. Trop longtemps.
Après c’est un peu mélangé, je me souviens qu’on était debout et qu’on s’est embrassés en se serrant très fort, je me souviens de nos visages posés l’un contre l’autre, tes mains autour de ma taille, on est restés là comme ça sans bouger, assez longtemps je crois, dans la pénombre, juste nos visages collés et nos corps scotchés, ça me faisait drôle de sentir tes mains autour de moi, même avec mes vêtements et ma veste, c’était quelque chose d’incongru et en même temps c’était évident. Quelque chose qui aurait dû arriver depuis très longtemps. Trop longtemps.
On a passé la nuit le nez sous un ciel brun foncé, qui sentait l’été avant l’heure. Jusqu’au petit matin, où tu m’as raccompagnée un bout de chemin. On s’est revus le lendemain, on a passé la journée et la soirée ensemble, tu m’as fait une vie pas possible pour qu’on aille chez moi, on était assis sur le trottoir et tu lançais des gravillons au loin en me disant « allez… allez… s’te plait » comme un ado attardé. Et j’adorais ça, parce que j’aurais pu faire pareil, parce qu’en fait beaucoup de choses se révélaient pareilles chez toi et chez moi.
On est montés chez moi, tu as voulu prendre une douche. Je me rappelle que te voir déambuler dans mon appartement avait pour moi une résonance quasiment mystique. Je me disais « n’oublie jamais ces moments, regarde-le, là, son sourire en coin, son regard d’enfant survolté, beau comme un camion, en train de chercher son chargeur dans son sac, garde précieusement ces souvenirs au fond de toi, parce que peut-être que ça n’arrivera plus jamais ».
Après on s’est calés sur le canap’ devant la télé, il devait bien être 5 heures du matin et M6 rediffusait un concert de REM. On se remémorait les morceaux et on chantait un peu ce qu’on pouvait des paroles. Et entre deux on s’embrassait. Mes mains tremblaient et ça te faisait sourire, que je sois toute chétive tout d’un coup, comme un animal hésitant. Je me souviens que ça me faisait drôle de sentir la chaleur de ta peau contre la mienne, c’était étrange mais rassurant, et je regardais tes mains aussi, et ton visage tout près du mien, tellement près, bien plus près que tout ce que j’aurais jamais pu imaginer.
Aujourd’hui encore quand je vois ton visage tout près du mien, j’en détaille chaque centimètre carré, je regarde la forme de ta bouche, la forme de tes pommettes, la couleur de tes yeux, la densité de ta barbe de 3 jours. Aujourd’hui encore quand tu me serres ton contact et ton odeur me font perdre les pédales. Aujourd’hui encore quand je prend ta main je la regarde avec émerveillement, c’est ta main et pas celle d’un autre. Tu n’es pas un autre. Tu n’es pas pareil. Ou juste pareil à moi. Chaque fois qu’on se voit, c’est un peu plus fort, chaque fois qu’on se parle, c’est un peu plus vrai, nos âmes sont sœurs, au sens le plus pur qui soit, rien n’est plus évident, même si rien n’est gagné.