berbère mood

Et donc, le Maroc. Marrakech est pleine de lieux magiques à visiter (Jardin Secret, tombeaux saadiens, Majorelle, musée Berbère…). Mais pour moi Essaouira l’emporte haut la main de beauté et de bon-vivre. Ses remparts, ses oiseaux, ses chats tous les 20 mètres, sa plage, sa lumière et ses couleurs, sa douceur salée. Aller manger et boire des jus pressés de fou chez Omar, au Corail chez Latifa, ou se réfugier le soir à la fraîche au Keltoum.

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Outre les huiles diverses, l’artisanat des teinturiers et des herboristes, et les affolants bijoux berbères, des artisans marocains fabriquent des boîtes en bois de thuya et citronnier, qu’ils décorent parfois de nacre. Nous avons rencontré Yassine qui nous a expliqué ce qu’il faisait avec son frère, appris par son père.

Si tu as du mal avec l’ambiance survoltée des souks, tu peux faire des amplettes dans les centres artisanaux, il y en a un à Marrakech et un à Essaouira, les prix sont affichés, et c’est plus tranquille. Mais si tu aimes discuter le prix, échanger pendant 1000 ans dans une ambiance électrique, partager une rue d’un mètre de large avec piétons, vélos, mobylettes et charrettes tirées par un âne, va dans les souks.

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Et puis Mu était là ces jours-ci, juste à notre retour. 15 ans d’amitié précieuse 🔥

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Voilà, sinon j’ai bien 2-3 soucis qui viennent par moments me plomber l’esprit, mais j’essaie de rester focus sur ce qui est cool avant tout 🙌

 


Edit >>> Et j’ai adoré l’avion ! J’appréhendais pour ne l’avoir pris qu’une seule fois il y a plus de 15 ans… Et en fait c’était magnifique… Le monde sous mes yeux ébahis… J’ai même dormi dans l’avion au retour :3

l’évidence

Quelques jours avec la famille du coeur à la maison. Gratitude infinie.

J’ai du mal à trouver les mots. Ils apportent l’amour, la paix, les rires et la lumière. Ils le portent en eux à fleur de peau et irradient tout ce qu’ils regardent, tout ce qu’ils touchent. J’ai grandi si introvertie, si timide, si réservée, pas à l’aise en groupe, et aujourd’hui je réalise combien je me sens à ma place dans une vie de meute, un quotidien ensemble, comme un pack chantant à la lune de la liberté, riant au nez des codes et des croyances limitantes… Sauvages et libres.

La famille est une histoire de naissance. Au début. Puis, parfois, quand on va chercher sa place ailleurs, c’est une histoire d’évidence.

Ma famille du coeur. Ma famille de l’évidence. J’ai une chance telle que j’ai le devoir d’en faire quelque chose. Papou a raison, je dois prendre encore plus conscience de ma valeur, que je vaux mieux que certaines choses que je supporte alors qu’elles ne sont pas acceptables. Pas quand l’Univers me montre le chemin d’or sur lequel je pourrais m’élancer, si je fais les bons choix et si je lâche totalement prise sur certains vieux démons.

Ils apportent l’amour, la paix, les rires et la lumière. Ils apportent l’évidence et je ne dois pas la perdre même quand 300 km nous séparent. Elle doit s’enraciner en moi, faire partie de moi.

Je vous aime. Je vous aime tant. Je ne désespère pas du jour où j’oserai vous le dire, dans les yeux et pas seulement avec les yeux… Avec des mots, le son de ma voix, avec toute l’évidence que cela représente pour moi.

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et parfois je mange des livres

Sur mon A Propos FB, parmi les toutes premières phrases figurent : ‘La musique me fait bander. Et parfois je mange des livres.’

Hier en sortant du taf, je suis passée chez Gibert, justement pour acheter un livre. D’occasion, je privilégie toujours les occasions autant que possible, j’aime l’idée que les livres circulent et servent toujours, et d’économiser les arbres et les forêts, poumons de la terre, en minimisant l’impression de livres neufs.

Je sors de chez Gibert donc, mon livre dans un petit sac en cordes, ajouré, que j’utilise pour trimballer mes livres, cahiers, carnets… En plus de ce nouveau livre, il y a dedans mon agenda, un carnet et un autre livre. On peut les distinguer à travers les cordages du sac. Je remonte l’avenue Foch en direction du Peyrou. Un monsieur d’un certain âge, je dirais entre 70 et 80 ans, mais en forme, frais et l’allure sereine, bien vêtu d’une chemise et d’une veste de costume, chaussé de souliers à l’ancienne, marche dans le même sens que moi et arrive à ma hauteur.
‘ – Vous mangez des livres ? ‘
Je lui demande pardon, pas sûre d’avoir bien compris.
‘ – Vous mangez des livres ?’
  – Ahah, exactement !’
  – C’est bien, c’est une bonne activité, ça nourrit l’esprit…
– Tout à fait.
– Moi aussi je lisais beaucoup quand j’étais plus jeune…

  – Et maintenant ?
  – Maintenant je relis surtout les livres que j’ai déjà lus il y a longtemps… Je lisais aussi le Canard Enchaîné, et je le posais sur mon bureau au travail, comme ça, quand des collègues venaient m’emmerder, je leur tendais… Parfois, dans les petites entreprises, il y en a qui prennent juste un grade, et après ils deviennent bizarres, ils changent… Enfin bref, je fais ma petite montée…
  – Ah oui c’est un peu un faux plat l’avenue Foch.
  – Ah mais de toute façon je fais des zigzags, je ne sais pas si vous connaissez, j’habite à côté du parc de la Guirlande, dans une petite résidence. J’avais acheté un petit appartement là-bas pour ma fille, quand elle était en poste ici. Maintenant j’y habite. Mais j’en ai marre… Je suis un alsacien moi, je suis né dans les Vosges, alors quand y’a pas un peu de montagne, de relief, de neige en hiver…
  – Oui je vois, je suis née en Franche-Comté.
  – Ah oui, de quel côté ?
  – Dans le Pays de Montbéliard.
  – Ah oui, j’ai de la famille à Besançon. J’ai un pied-à-terre par là-bas, que je loue pas cher à une vieille femme. Je voudrais bien le récupérer, mais elle n’a pas envie de s’en aller, et bon, quand on est vieux, et qu’on peut plus trop bouger… C’est comme ça.’
Nous traversons devant l’Arc de Triomphe. Je regarde une dernière fois ce vieil homme absolument charmant. Petit, le teint clair, l’air éveillé mais posé.
‘ – Je passe par le Peyrou. Bonne soirée !
  – Bonne soirée…’
Il part tranquillement, en direction de Figuerolles. Je traverse le Peyrou sous un soleil qui m’inonde de lumière. Je remercie l’Univers pour ce cadeau, ce vieil homme venu me faire oublier ma journée de taf, le manque de sommeil, les comportements toxiques, en étant simplement avenant, cordial, gentil, fluide et serein dans son envie d’échanger sur un bout de chemin, au milieu de cette grande ville pas si anonyme que ça. Me rappeler combien les rapports humains peuvent être simples et bienfaisants même avec des inconnus. Merci monsieur vosgien de la Guirlande.

L’ermite guerrier au cœur tendre

Ce soir j’ai demandé à Hugues, à travers les cartes, ce qui l’avait aidé dans son épreuve, ce qui avait été difficile, et comme il va, maintenant.

L’Hermite.
Hugues s’est tourné vers sa lumière intérieure, affrontant cette épreuve seul face à lui-même. Homme de savoir et de grande sagesse spirituelle, fort de son propre feu, il a su préserver et nourrir sa force intime, sa lumière personnelle, pour trouver son chemin de paix intérieure, et continuer d’avancer, souriant au monde, guide de son propre voyage.

Le valet de Coupes.
Hugues était aussi, derrière ses allures de guerrier, un grand sensible. Ses émotions vives et entières n’ont pas toujours été facile à gérer. Il a fallu parfois faire taire des sentiments qui auraient pu l’affaiblir, lui faire baisser les bras. D’un autre côté il a aussi dû prendre garde à ne pas devenir un cœur de pierre, trop s’endurcir. Gérer ses émotions sans les étouffer, canaliser le flot du cœur tout en le gardant ouvert, n’a pas toujours été facile.

Le 2 de Bâtons.
Maintenant Hugues est sur la berge, paisible, il contemple les étoiles et le nouveau monde qui s’offre à lui au loin, de l’autre côté de la rive. Il fait le point sur ses nouveaux possibles. Nul doute qu’il finira par suivre cette météorite, ce feu étincelant qui transperce la nuit dans son vol libre et sauvage ❤

 

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Hugues

Hier, après plusieurs semaines de grand soleil, il a fait à Montpellier un temps normand. Le ciel était lourd et gris, et pendant une petite heure, au matin il a bruiné. Un crachin à la normande, qui m’a gentiment fouetté le visage, laissant sur mes joues des milliards de petites gouttes d’une eau froide mais douce, comme des poussières d’étoiles liquides. Aujourd’hui, le soleil est revenu, comme si de rien n’était. C’est en cette matinée d’hier, cette matinée de crachin normand à Montpellier, que tu as fermé les yeux sur ce monde.

L’hiver passé j’ai voulu monter te voir, mais mon emploi du temps et mes finances ne m’ont pas permis de faire le voyage. J’habite maintenant à 1000 km, passer pour boire une bière n’est plus une mince affaire. Je pensais te voir cet été, pour moi il était évident que tu serais encore là.
La dernière fois que je t’ai vu c’était en juillet 2017, pendant la résidence d’Alban à la Fabrique. Nous avons fait ces belles photos en argentique. C’est le même été que la maladie t’a frappé.

Hugues, tu es aimé par tant de monde que tu seras toujours parmi nous. Grâce à toutes les petites parts de toi qui dansent dans le cœur de celles et ceux qui ont eu la chance de te connaître.  Tu étais un être humain et un auteur hors du commun. Je suis si fière de t’avoir connu, amicalement et artistiquement. Je n’oublierai jamais les tournages, les résidences, les repérages à la Pointe du Siège, les réveils chez toi pendant le festival Off Courts, tes mots si justes pour les 7 Sœurs du Sort, tes conseils, tes mots rassurants, ta bienveillance, ton feu intérieur. Lors de nos premiers échanges il y a presque 10 ans, j’ai tout de suite aimé ta folie, ta lumière. Tu étais un homme de connaissance, un homme de pouvoir, un être rare. Merci Hugues pour tous ces moments ❤

De retour sur Terre, à cloche pied d’abord, évidemment, mais en sautillant, on finit par s’amuser de tout. Enfin, on essaie, et à force, cela vient tout seul. Je souhaite que tu sautilles à cœur joie et, comme ça, on aura peut-être l’occasion de gigoter en mesure en bondissant au dessus d’un grand feu de joie.‘ – Hugues Fléchard

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(polaroid Alban Van Wassenhove – mua Fabiola Louang Phi Xay) 

witchy mood

Troisième et dernier jour dans ma tanière en arrêt maladie. Pour reprendre des forces, essentiellement je dors et je lis. J’entame le troisième volet de Castaneda, ‘Voyage à Ixtlan‘. ‘Voir‘ m’a été fulgurant, drôle, fait de magie et d’évidence à la fois. Quand j’ai un peu d’énergie, je fais des choses que j’ai à faire chez moi, et que je ne faisais plus depuis des mois. Faire un vrai ménage, trier et ranger mes paperasses, jeter des bricoles inutiles. Mon esprit est clair, mes pensées sont libres et tranquilles, je suis sereine. Je réalise combien le quotidien imposé par mon actuel salariat me pèse et obstrue mes pensées, embrouille mon esprit, crispe mes cheminements personnels. Ca a toujours été plus ou moins le cas. En tout cas à chaque fois que j’ai eu un taf qui ne collait pas avec ce que je suis, avec ma place dans le monde, et ce pour quoi je suis faite. C’est-à-dire quasiment toute ma vie professionnelle (à part donc mes magnifiques expériences de chargée de diffusion de spectacles et de groom équestre). J’ai toujours à peu près fait avec, parce que j’ai été éduquée comme ça, j’ai grandi dans un environnement où il fallait avoir un ‘vrai‘ travail (dans cet environnement artiste, musicien, écrivain et assimilés ne sont pas un travail…), bosser bête et méchant pour pas grand-chose, payer ses factures et fermer sa gueule, ne surtout pas se plaindre car ‘il y a toujours pire que soi, et c’est comme ça ma pov’ Lucette, on ne va pas changer le monde‘.

Et bien si.

Je réalise combien tout au long de ma vie d’adulte, sans y penser vraiment, j’ai fait mon chemin auprès de gens libérés de ce système oppressif. Certain·e·s ont eu la chance de s’en défaire très jeunes. De vivre très tôt dans un lieu collectif, en solidarité, ou dans une caravane avec le minimum vital… J’enviais ces personnes parce que je n’arrivais pas à faire comme elleux. C’est si difficile de se défaire de ce système de croyances limitantes, qu’on nous inculque depuis tout·e petit·e, nos parents, notre famille, nos profs, tous ces adultes auprès de qui on grandit, et que même si on n’a pas envie de les croire, ils ne nous laissent guère le choix. Ils brisent ce que nous sommes au fond de nous, même si c’est avec toutes les bonnes intentions du monde, pour nous faire entrer dans le moule, coûte que coûte. ‘Pour notre bien‘.

Alors, ça fait presque 20 ans que j’essaie de me défaire de ces systèmes de croyances limitantes, auxquels je n’ai jamais cru. Partie du domicile familial à 17 ans, j’ai toujours cherché la liberté, souvent à travers la musique, les arts de manière générale, et pourtant j’ai toujours eu peur d’y plonger totalement, d’un point de vue purement matériel et financier. Je n’ai jamais gagné beaucoup, mais je me suis toujours débrouillée pour avoir un petit taf plus ou moins alimentaire, notamment pour filer entre les doigts de Paul Emploi. Malgré tout  j’ai beaucoup détricoté le système de pensées dans lequel j’ai grandi et contre lequel je me suis de toute façon toujours rebellée, enfant, puis ado. J’ai parfois réussi à trouver des tafs où une partie de moi y trouvait un peu son compte, histoire de tenir un peu sur la longueur. Mais plus j’avance dans mon détricotage et plus je réalise que bientôt je ne pourrai plus faire avec. Déjà aujourd’hui je tiens au prix d’une énergie folle dépensée à garder un semblant d’équilibre entre les deux eaux. Ces trois jours d’arrêt me mettent bon gré mal gré devant cette évidence.
Ma chute de tension, c’est un peu le résultat de la secousse sismique que m’a causée Katie et l’évidence de sa liberté dans l’amour sauvage de Dilly Dally. Mais c’est aussi le résultat de mois entiers à lutter à contre-courant alors que plus le temps passe, plus mes entrailles laissent passer une lumière hurlant à l’Univers et m’appelant à ma juste place.

Don Juan disait il y a 50 ans à Carlos Castaneda, qu’une fois qu’un homme a ouvert sa trouée, il n’a plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. C’est exactement ça. Quand tu as commencé à ouvrir la brèche qui te permet d’entrevoir le véritable sens du monde, de la vie, de l’univers, alors tu ne peux plus faire semblant, continuer à te réfugier derrière les faux-semblants d’un taf par défaut, d’un système auquel tu ne crois pas, des balivernes des croyances limitantes. Tu n’as plus d’autre choix que de vivre comme un guerrier. Ou mourir.

Je réalise pendant ces jours de repos combien ma trouée est grande ouverte, béante ; ce ‘gouffre à l’intérieur‘, qu’adolescente je sentais littéralement me happer de l’intérieur, comme un appel aspirant vers un puits sans fond, au creux de mes entrailles. Parfois cet appel me prenait dans mon lit, le soir, et encore aujourd’hui il est parfois la cause de vertiges et de pertes d’équilibre, qui m’empêchent de traverser certains ponts, de marcher près d’un ravin trop raide… Il aura fallu tout ce cheminement, une rencontre primordiale et la lecture des livres de Castaneda pour comprendre combien je dois écouter cet appel. Toutes les épreuves traversées dans ma vie ne sont pas le fruit d’une malédiction ou de mauvais choix de ma part. Je crois que je n’ai plus à avoir honte, ou peur, ou à me sentir illégitime, pour pouvoir dire que je suis née pour vivre comme une guerrière, et que si je laisse mon gouffre, ma trouée, s’emplir à ras-bord de lumière, alors je serai à ma juste place. Une folle pour les un·e·s. Une puissante sorcière d’amour inconditionnel pour les autres.

le monde fait ce qu’il veut avec la musique

Plus de 3 ans que Dilly Dally me met le coeur au bord des lèvres à chaque morceau, à chaque écoute. 3 ans que j’ai trouvé le son de mon âme. La voix de mon ventre. Cette voix à la fois de rage et d’amour.

Dans 48 heures toute la lumière de l’Univers créera une brèche surnaturelle, au sous-sol d’une petite brasserie d’un quartier populaire parisien. Dans 48 heures les louves hurleront tout leur amour à la lune, la musique caressera nos cœurs et la voix de Katie Monks enveloppera la lumière de mon ventre d’un écrin d’invincibilité.

J’ai tant de gratitude à l’intérieur de moi que ça déborde déjà de tous les côtés, avec deux jours d’avance. Vendredi soir je serai sans doute tellement noyée dans l’amour, que mon enveloppe charnelle pourrait bien disparaître par moments, dans une explosion de lumière pure, comme seule la musique peut en créer.

Comme l’a dit un jour, musique à fond, la fille d’un loup quand elle était petite : ‘Le monde fait ce qu’il veut avec la musique !’.
La musique est une force invincible. Elle est tous les possibles.

the prophet songs

Enfant j’écoutais beaucoup Queen, malgré moi, c’est ma mère qui en mettait régulièrement, à la maison, dans la voiture… Cette musique me transportait et me fascinait, toute cette puissance organique me laissait un peu hallucinée, tant de lumière dans ces mélodies et tant de passion dans cette voix.

Ensuite, curieusement, je n’ai plus jamais écouté Queen de moi-même. Adolescente ma lumière d’enfant a cédé la place à beaucoup de noirceur, beaucoup de rage et de peur. J’ai oublié Queen. Comme tout le monde j’en entends de temps en temps des morceaux en soirée, à la radio, sur les internets. Mais ce n’est jamais moi qui en prends l’initiative.

Hier soir l’homme-chouette m’a emmenée voir Bohemian Rhapsody, le biopic sur Freddy Mercury et Queen. En sortant de la salle j’ai littéralement fondu en larmes dans ses bras. C’est comme si une bulle enfouie avait été percée. Comme si j’avais pris conscience de toute la lumière que j’ai enterrée vivante à une période de ma vie. Aujourd’hui que j’ai retrouvé mon soleil intérieur, réentendre certains morceaux a ramené dans mon coeur cette émotion d’enfant, longtemps étouffée par un gouffre, ce gouffre que j’apprends à faire taire, qui petit à petit disparaît.

Je n’oublierai plus jamais Queen. Et aujourd’hui c’est le Queen et le Freddy Mercury des 70’s qui illumine mon coeur.

(Et puis accessoirement encore un type non binaire qui portait les cheveux longs, la moustache, et des leggings moulants… Comme par hasard hein. A croire que ça me suit depuis encore plus longtemps que je le crois.)

 

 

Owly mood

Les hiboux ne sont pas toujours ce qu’ils sont. Ils sont la lumière sous un plumage d’ombre. Longtemps j’ai fait partie du décor. Grandi avec l’idée que j’étais gentille mais indigne d’être le centre d’affection. Je me suis habituée, être celle qui aime, sans conditions, après tout je suis née pour ça. Et puis il y a eu ces rencontres. Qui petit à petit m’ont appris à aimer la façon dont moi aussi, je peux briller. Qui font qu’aujourd’hui je sais que je mérite, que je suis digne de cette affection. Je reste un hibou d’ombre et de lumière. Les deux sont indissociables finalement. Je suis encore sur le chemin, en équilibre entre deux mondes, un pied de chaque côté du miroir.

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(pic. Laura Dern & Kyle MacLachlan, Blue Velvet)

le canidé polymorphe

Au son du tambour j’ai survolé une forêt immense, verdoyante à perte de vue, dans laquelle j’ai fini par m’enfoncer. Le soleil dansait entre les branches des arbres gigantesques, et de petits chemins couraient dans toutes les directions. Des écureuils filaient autour des branches, et j’ai croisé la route de deux hérissons et d’un blaireau.

C’est alors, le tambour se faisant plus présent, que je l’ai vu. D’un roux flamboyant, le renard a sorti son museau d’une motte d’herbe. A mon arrivée,  il a couru devant moi, jouant et sautant entre les troncs, et changeant constamment d’apparence. Son pelage de feu passait tantôt au brun, noir, gris. Ses traits devenaient alors ceux d’un chien, et d’un loup. Insaisissable guide. Il m’invitait à retrouver ma forêt. Des fleurs apparaissaient sous mes pas. Et toujours la lumière, le soleil et ses rayons vibrants, les arbres montant jusqu’au plus haut du ciel, verdure et écorces à perte de vue.

Quand le tambour m’a invitée à revenir dans le monde visible, ma dernière vision a été son visage de feu, et son regard rassurant plongé dans le mien. Le roux de ses poils s’est teinté une dernière fois de brun foncé puis de gris, et il a disparu derrière la végétation.

Et j’ai ouvert les yeux.

375651_10201205055505838_964727386_n(illustration Martin Wittfooth)