My log is turning gold.

Il est enfin arrivé ❤
L’artiste avait mis des grains de café et des petites lettres dans l’enveloppe et dans la pochette… Et une petite carte avec un petit mot de remerciement. Et un petit hibou mignon.

Difficile de prendre en photo les arcanes en ayant une bonne netteté sauf à les prendre une par une, mais j’ai voulu regrouper un peu en les prenant par deux, bon.

Je trouve définitivement ce tarot très évocateur et très inspirant, encore plus en vrai qu’en photo. Les dessins de Claire Laffar sont spéciaux, à part, vilains mais touchants. Les arcanes sont tellement pleins de détails ! Je l’adore.
La matière des cartes est peut-être un peu fragile, mais je prendrai soin de chacune d’elles avec amour et feu ❤

Bon, trois tarots en moins de deux mois, promis maintenant j’arrête pour un moment ! De toute façon je crois que là j’ai trouvé mon bonheur total…

mood & tarot

En ce moment j’ai parfois l’impression qu’on est une douzaine dans ma tête, j’ai bien du mal de calmer tout ce petit monde et retrouver un peu de paix, en tout cas plus de quelques heures d’affilée. Il faut dire qu’au taf c’est bien bien la folie depuis la rentrée. Et beaucoup de choses se passent dans ma vie perso aussi, des nouveautés merveilleuses, mais forcément tout ça est énergivore. Après, comme tout va plutôt bien, voire de mieux en mieux finalement, justement le passé en profite aussi pour resurgir par bribes dans mes pensées – bah voyons – , et comme ma tête est déjà bien pleine, c’est par moments ingérable. Alors je passe autant que possible du temps chez moi, seule avec mes arcanes de tarot, des bougies et de l’encens, pour tenter de canaliser au mieux toutes ces énergies dévorantes, et me recentrer.

Je sens que j’ai besoin de vacances. Bientôt.

En attendant, j’ai accueilli un nouveau tarot. Oui encore. Bon. Erm. Je ne claque pas le peu de thune que j’ai en esthéticienne ou dans une voiture, mais en tarots, du coup je suis indulgente envers moi-même, d’autant que ça me permet de faire de belles introspections, chaque jeu m’ouvrant d’autres lectures des arcanes et de leurs symboliques, bref une occupation saine, nourrissante pour l’esprit, et pas si coûteuse que ça, objectivement.
Et quand je me sentirai prête à tirer les cartes pour les autres, il y en aura pour toutes les sensibilités, ou presque ❤

Je l’avais repéré depuis un moment. Avec son style si caractéristique. C’est une collaboration avec une artiste que j’apprécie depuis longtemps, proche de ce que font aussi Ray CaesarMark Ryden ou Mab Graves. Ce sont les illustrations de Nicoletta Ceccoli. L’univers est faussement enfantin, avec ces personnages – essentiellement féminins – à grosse tête et au corps délicat, ces monstres gentils (ou pas) et ces jouets vivants à la Alice au Pays Merveille, et ces couleurs de sépia pastel triste. L’air de rien, les images racontent la mélancolie, la solitude, les rêves, les choix, la découverte de soi.

Ambiance en vrac :

Et deux arcanes que j’ai pu prendre en photo ce matin, avec mon téléphone certes mais avec une luminosité acceptable :

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(Pour moi cette vision du Diable, c’est Laura Palmer et Bob.. Je dis ça je dis rien.)

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Voilà, je l’adore. Onirique et poétique, beau et étrange.

 


EDIT 24 nov. >> mise à jour avec plus de photos des arcanes, prises ce matin ^^

Fire Tarot

Hier en me baladant sur les internets, je suis tombée sur les travaux d’une artiste anglaise, qui créée des tarots illustrés par ses soins, avec souvent pour thématique la pop culture 80’s à 90’s. Elle s’appelle Claire Laffar Maiafire, et vit à Londres.

Elle a créée un tarot Twin Peaks… ❤

J’avais déjà découvert le tarot Twin Peaks de Benjamin Mackey, qui est extraordinairement beau. Il l’avait imprimé en édition limitée grâce à un crowdfunding, et je suis arrivée après la bataille… Il était trop tard, tout était parti, et si je l’ai contacté sur les réseaux sociaux pour avoir des infos, et qu’il m’a gentiment ajouté à sa mailing liste pour me prévenir en cas de réédition, j’ai peu d’espoir, sachant qu’il est en bisbille avec les responsables des droits de la série et du film, des gens qui n’ont pas envie qu’on puisse gagner un peu d’argent en utilisant l’univers de Twin Peaks sans qu’iels prennent leur part du butin au passage… Des gens avec des dollars à la place du cœur.

Tout ça pour dire qu’hier j’ai commandé un tarot Twin Peaks à Claire Laffar. Je devrais le recevoir d’ici environ 2 semaines (I can’t wait !).
J’avoue que j’ai mis longtemps à savoir si j’aimais ou non ses illustrations, qui m’ont décontenancée. Si j’ai immédiatement adoré le style Comics de Benjamin Mackey, mon sentiment concernant les dessins de Claire était difficile à définir. Car ils ne sont pas faciles d’accès. Ils ne sont pas là pour être esthétiques. Ils sont là comme des symboles déroutants et touchants.
Malgré tout, tout ça m’attirait, me touchait. Je crois que c’est dû en grande partie à son inspiration. Ses illustrations sont tellement liées aux personnages et à l’histoire de Twin Peaks, jusqu’aux menus détails sur chaque arcane. Je sens qu’elle aime Twin Peaks au moins aussi fort que moi, et qu’il y a dans ses propositions visuelles beaucoup à ressentir, entendre, penser, lire et apprendre.

Reste à patienter jusqu’à son arrivée chez moi… Il me tarde tellement de le sortir de son étui d’organza, le sentir et le toucher, et créer avec lui le meilleur lien possible, confiant et entier. Et le feu marchera avec nous.

Quelle joie ça va être d’avoir entre mes mains ce tarot unique, imprimé en édition limitée, créé par passion, 78 lames si… spéciales.

Voilà les arcanes que j’ai pu trouver sur les internets :


‘Through the darkness of future’s past

The magician longs to see
One chants out between two worlds
Fire, walk with me.’

 


A part ça, je continue de suivre ma légende personnelle et me dirige vers un quotidien moins connecté. Ma vie se remplit de beaucoup de beauté, de moments que j’ai longtemps cherché et appelé très fort, je crois que j’entre enfin dans ce qu’on peut appeler une belle vie, simple et heureuse (ce qui ne veut pas dire qu’auparavant je n’ai pas vécu des choses magnifiques, mais aujourd’hui tout est beaucoup plus serein, sain, évident et fluide). Du coup, sans y chercher, je me détache des internets, du besoin de m’y exprimer personnellement… J’aime toujours autant venir écrire et bouiner ici, mais le contenu va sans doute sensiblement changer, petit à petit. Ca se met en place le plus naturellement du monde, comme quelque chose qui va de soi, comme l’évidence de mon chemin intime, et c’est plutôt pas mal. Je me sens bien, plus légère, libre.

Love.

Who is the dreamer ?

Twin Peaks c’est fini.
Twin Peaks c’est fini.
Twin Peaks c’est fini ?

Je vais sans doute devoir l’écrire encore un paquet de fois pour espérer peut-être, un jour, accepter une chose pareille. Ou pas. David Lynch, en un quart de siècle, a façonné un univers si puissant autour de cette petite ville paumée et de ses habitants, et a su toucher si profondément dans ce que nous avons de plus intime, qu’on ne peut sortir indemne d’une expérience pareille. La saison 3 aura été si troublante de retrouvailles. Ces visages vieillis de plus de 25 ans, la Dame à la Bûche rendant l’âme presque sous nos yeux, en nous faisant des adieux à sa mesure, discrets mais puissants, et les absents malgré eux, Jack Nance aka Pete Martell qui finalement pourra aller pêcher tranquille, David Bowie aka Phillip Jeffries, qui aurait dû faire partie de ce Return, et apparaîtra finalement sous la forme d’une théière géante, ayant le pouvoir de partager moult informations d’importance, et d’ouvrir le temps et l’espace…
Dans cette dernière saison, Lynch n’aura eu de cesse d’aimer encore et encore ses actrices et acteurs, les disparu·e·s comme les vivant·e·s, offrant des rôles fous et des scènes divines à celles et ceux qui sont encore là, laissant certains épisodes en offrandes aux fantômes de son œuvre. Les images ne trahissent pas, on y voit les personnages avec ses yeux à lui, intimement, et il y a de l’amour inconditionnel là-dedans.

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Twin Peaks a dépassé les frontières de la série, pour devenir une œuvre d’art majeure, un ovni total comparé aux séries d’aujourd’hui. J’ai souvent caressé l’espoir qu’un être humain puisse avoir suffisamment d’âme pour créer quelque chose d’aussi profond, puissant, avec tant d’amour et de passion, une œuvre qui fasse tomber toutes les barrières, toutes les limites, hors du temps, hors des codes, hors du cadre. David Lynch l’a fait. Il a transcendé le cinéma. En prenant son temps, en dédiant sa vie à ses actrices, acteurs, personnages, et être témoin de cela n’a pas de prix, et montre qu’un autre cinéma,  bien bien loin du mainstream, est possible, et nécessaire. Vital.

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Un cinéma totalement libre visuellement et narrativement, une odyssée onirique sublime, des noirs et blancs à tomber, un lâcher prise total, un voyage spirituel au-delà des mondes.

Et puis toujours, ce travail incroyable du son, nourrissant les images et les scènes de puissance et de beauté, poussant le miracle jusqu’à nous offrir une nouvelle merveille musicale à chaque fin d’épisode… Ces actrices et acteurs dément·e·s de talent qui donnent tout, jusqu’à leur âme… Et puis toujours, creuser au plus profond de l’âme humaine et nous amener ainsi à une expérience qui nous changera pour toujours.

C’est assez fou de réaliser au cours des deux derniers épisodes, que dès le début, il y a plus de 25 ans, Lynch savait déjà ce qu’il comptait faire un quart de siècle plus tard. Je suis convaincue, au vu du déroulement des derniers épisodes, que les scènes de Laura (et James) le soir de sa mort, et le comportement paniqué et changeant de Laura, ne sont pas le fruit du hasard ou d’un effet de style. Lynch avait très bien en tête qu’elle voyait Cooper, caché derrière les arbres, venu la chercher au-delà de l’espace et du temps, pour tenter de la sauver. Ce n’est pas un hasard si elle parle de lui dans son journal, si elle sait l’avoir déjà vu, en rêve. Cooper et Laura sont liés bien au-delà des frontières de l’espace-temps. D’ailleurs ils finissent le voyage ensemble, seuls au(x) monde(s). Et comprendre après toutes ces années, que le cri de Laura dans la forêt le soir de sa mort, en regardant dans les buissons, est dû à la terreur éprouvée en reconnaissant ce personnage de ses rêves, aaaawwwwww… Tant d’amour et d’horreur dans tout ça ❤

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Et puis c’est la fin. Cette fin si troublante, ce dénouement qu’on croit voir venir enfin, mais qui se retourne sur lui-même et nous laisse dans un désœuvrement total, démuni·e·s, perdu·e·s, abasourdi·e·s. Définitivement traumatisé·e·s. Lynch nous aura déstabilisé·e·s jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde.

Alors on tente de faire le deuil, plus ou moins, on s’imagine qu’on va pouvoir reprendre une vie normale. Il n’en est rien. D’autant que Lynch revient à la charge. Le chamane des mondes parallèles nous explique que les deux derniers épisodes ont été conçus pour se regarder aussi en même temps, synchronisés, calqués l’un par-dessus l’autre. On appelle ça Overlay. Ouais rien que ça, Dadou il a pensé ses plans et ses montages sur ces deux derniers épisodes de façon à en créer un ultime en les superposant, développant ainsi une lecture complémentaire de toute cette folie. Gourou de l’Univers.

Et cette lecture est si incroyable. Une expérience totalement transcendantale. Des parallèles souvent bouleversants, et sur la fin, terrifiants. Certains éléments de l’intrigue dont on était jusqu’alors convaincu·e·s, volent en éclat. Et nous avec.

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Et alors en fait, Laura ? Où est-elle ? Quand est-elle ? Est-ce réellement son père qui l’a tuée, puisque Cooper a visiblement réussi à la sauver, mettant sa mère dans une colère apocalyptique ? Est-ce alors la mère de Laura qui l’a tuée ? Qui l’aurait confinée hors des mondes pour l’éternité ?

Who is the dreamer ?
Is this future, or is this past ?

Les saisons 1 et 2 de Twin Peaks m’avaient profondément surprise, je n’avais jamais vu un truc pareil, une espèce de soap burlesque et vintage, un truc entre Dallas et X Files, inclassable, avec une bande-son très marquante, des personnages si particuliers, un monde à part. Le film Fire Walk With Me s’est placé immédiatement tout en haut de la liste des films qui ont changé ma vie. La saison 3 de Twin Peaks a fait pareil, comme peu d’œuvres le font. Certains livres peuvent marquer autant. Je comprends les personnes qui ont eu envie de faire du cinéma en voyant des films de Lynch. Un artisan exigeant de l’image et du son, qui réunit le réel et l’imaginaire, qui ouvre les portes entre les mondes, qui aime ses actrices, acteurs et personnages peut-être plus que lui-même, qui nous offre une œuvre globale, un univers étendu, des ramifications de toutes parts, de quoi affoler notre imagination, en allant là où se cachent les plus noueux mystères de l’âme humaine, pour le meilleur et pour le pire.

 


‘Through the darkness of future past
The magician longs to see
One chants out between two worlds
Fire, walk with me.’

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She’s Gone Away

(WARNING SPOIL TWIN PEAKS S3)

La saison 3 de Twin Peaks continue. L’épisode 8 est une Œuvre d’Art. Il ne se regarde même plus comme un épisode d’une série, mais comme une œuvre artistique à part entière. Des images insensées. Les plus beaux noirs et blancs que j’ai pu voir depuis Twixt de Coppola. Des séquences incroyables, d’une magie et d’une folie pures. Des tableaux vivants, comme des peintures en mouvement. Et le son, toujours le son qui finit de nous emporter… Là, Nine Inch Nails… Reznor x Lynch, le combo des étoiles de l’enfer ❤

Et Kyle MacLachlan… Les rôles pluriels que lui offre Lynch sont à la hauteur de son talent d’acteur. Extraordinaire. Hors du commun. Et Diane…

Mais impossible de parler de cette nouvelle saison sans spoiler. Il faut regarder Twin Peaks, depuis le début, pour le croire et comprendre. Il faut entrer dans l’univers de Lynch et s’y perdre pour toujours ❤

19466393_10213226095104315_3322018344693515551_o(capture d’écran Twin Peaks saison 3 ep8)

fire, dance with me

« – Do you think that if you were falling in space… That you would slow down after a while, or go faster and faster ?
– Faster and faster. And for a long time you wouldn’t feel anything. And then you’d burst into fire. Forever… And the angels wouldn’t help you. Because they’ve all gone away. »

J’ai terminé Le Journal Secret de Laura Palmer. Ecrit en 1990 par Jennifer Lynch, fille de David Lynch, alors âgée de 22 ans. J’ai commencé avec une version vintage trouvée sur Priceminister, et j’ai fini ma lecture avec la jolie réédition qui vient de sortir en vue de l’arrivée de la saison 3 de la série, d’ici quelques jours.

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Un incontournable pour tout·e fan de la série. J’écrivais ici à quel point le film Fire Walk With Me, sorti en 1992, apaise les frustrations des questions restées sans réponse concernant Laura dans la série, alors que tout tourne autour de ce mystérieux personnage. Et bien, en réalité, pour réaliser Fire Walk With Me, David Lynch s’est basé sur le livre de sa fille. Ce film incroyable doit donc énormément au livre. D’où l’intérêt de le lire, d’autant que Jennifer Lynch a su créer ce journal en restant fidèle à la série de son père, mais en y apportant une sphère supplémentaire indispensable. Celle de l’intimité de Laura.

On ne sort pas indemne de 300 pages dans la tête de Laura Palmer. Les débuts touchants d’une fillette qui sort à peine de l’enfance, laissent rapidement place à une descente aux enfers aux parfums de folie, sexe, drogue et mort. La reine du lycée prend cher, et qu’elle le raconte avec ses mots à elle, à la première personne, simplement et crûment, rend l’ouvrage terriblement vrai. Et comme avec Fire Walk With Me, Laura prend vie sous nos yeux. Pour le meilleur et pour le pire.

Jennifer Lynch a su adapter et faire évoluer son ton, son vocabulaire, au fil des pages. Laura enfant candide et pleine d’espoir, Laura adolescente possédée et hypersexuée, Laura dépressive et morbide. Puissant.

Fire Walk With Me

Tellement, tellement touchée par Fire Walk With Me… Je suis au bord des larmes.

Le regarder après avoir revu toute la série, c’est l’apothéose.
J’étais si frustrée de ne presque rien savoir de Laura, cette fille au centre de tous les épisodes, que tout le monde aime tant, que tout le monde veut tant comprendre, protéger, aimer, et nous spectateurs on n’en peut plus pendant toute la série, le mystère reste entier, on n’a que des bribes par-ci par-là, ça rend fou.
Lynch, avec ce film, nourrit toutes ces questions, toutes ces attentes, en y répondant avec une classe ultime, nous laissant enfin voir, entendre, sentir, vivre, le personnage de Laura. En la laissant enfin prendre la parole.
Sheryl Lee est une actrice totalement hors du commun. Avec elle, Laura est vivante, elle existe. Elle danse sur le feu, entre la folie, l’adolescence brisée, les rêves assassinés, l’amour déglingué.

Je ne peux qu’aimer intensément cette fille dépecée de son innocence, magnifique et perdue. Je ne peux qu’être terriblement troublée par le miroir qu’elle me tend, avec un sourire tendre et narquois.