notre plus grande force est l’amour

Je m’appelle Sophie.
J’aime les saltimbanques.
Je n’aime pas qu’on me presse.
Je suis faite pour l’amour.

J’ai peur de l’abandon.
Je suis peut-être parfois un peu trop flegmatique.
Je voudrais trouver ma place.

J’ai pris ce rôle à coeur parce que j’ai appris l’amour inconditionnel. J’ai appris à accepter que ça fait partie de moi. J’ai compris que c’est une chance. J’ai appris à laisser vivre cette capacité, cette qualité, même si c’est un trésor parfois douloureux à porter.

J’ai décidé d’aimer quand même. Sans conditions. J’ai décidé de la fin de l’hiver.

sunny mood

Ici le printemps ressemble de plus en plus à l’été. Le soleil ne quitte plus ma cité mordorée. Le vent fait danser l’orme à ma fenêtre. Tout à l’heure un couple en pyjama se bécotait sur le balcon en face, une rousse flamboyante passait ses mains dans les cheveux de son homme, l’enlaçait et le couvrait de tendresse sous le soleil brûlant. J’attends toujours mon tour l’Univers.

Je suis en train de me refaire Twin Peaks. Elle est sur Netflix. Sûrement en vue de la saison 3 qui va sortir en mai, 25 ans plus tard. Toujours aussi fascinante cette série. Toute la poésie et toute l’horreur de l’humanité qui s’emmêlent, une bande-son totalement obsédante, cette esthétique tellement vintage qu’elle frôle parfois le kitch, ces personnages tellement puissants… C’est vraiment addictif. J’en écoute même la BO sur Deezer ahah. Et j’ai trouvé sur Priceminister le Journal secret de Laura Palmer, écrit par Jennifer Lynch, et si j’en crois les avis trouvés sur le net, c’est un livre super cohérent par rapport à la série de son papa, avec toute la noirceur de certains épisodes, mais sans le côté burlesque pour dédramatiser. Un livre qui pourrait être le vrai journal secret de Laura, de son enfance jusqu’à la semaine de sa mort. Bientôt dans ma boîte aux lettres aaawwwww. Même pas pu attendre la réédition prévue aussi en mai pour aller avec la sortie de la saison 3. Non non je ne suis pas du tout en phase obsessionnelle.

Bon et je suis aussi en remise à niveau après le Kino Caen. Quelle super édition… Une fois de plus. C’était super chouette et super étrange de retrouver Caen après mon retour à la maison Montpellier. J’ai revu Caro juste avant son départ au Havre, on a mangé à la Perle du Liban. Comme avant. J’ai vu Annliz et Gaël, et leur petit homme qui dépasse tous les autres enfants de son âge de 2 têtes. J’ai vu Leïla, qui m’avait préparé des petites potions magiques… Je suis allée voir la restitution de travail sur le clown des comédiens-stagiaires de l’Actea, qui a été si fort ma seconde maison. Tout est différent et pendant quelques jours tout était comme avant. En mieux. En mieux parce que moi je me sens mieux, parce qu’enfin je sais m’aimer moi-même et prendre plaisir pour moi-même. Alors je suis mieux avec les autres. Il aura fallu que je m’arrache à ces terres et à ces gens, pour retrouver le sens de ma propre vie, pour prendre réellement conscience de moi-même, et aujourd’hui pouvoir savourer cette vie caennaise. Que j’ai dû quitter. C’est un étrange circuit de vie. Mais c’est ainsi.

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J’ai joué dans le Kino d’Alban avec des supers comédien-ne-s. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été autant de ce côté de la caméra. Ces nouvelles images me mettent face à certains de mes changements, physiquement. Du bon et du moins bon pour l’ego. C’est ainsi aussi. Je suis fière d’avoir travaillé sur ce beau projet. Le film sera bientôt en ligne, Alban avait du travail en post-prod à finaliser par rapport à la version qu’on a présentée à la projection Kino. Il me tarde de pouvoir le partager. Il y a une partie de moi à l’intérieur. Une partie d’avant, que je laisse derrière moi, et une partie de la naissance de ce que je suis devenue.

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(capture d’écran preview La Fin de l’Hiver)

Ici je continue à reconstruire, dessiner ma propre famille. Peut-être la première quête de ma vie. Il y a la famille dans laquelle on nait, et il y a celle(s) qu’on rencontre au cours de sa vie, qu’on choisit, qu’on construit, qui dépend de soi, de ce qu’on est et de ce qu’on fait. Une famille faite d’ami-e-s à défaut d’une famille plus  »classique », et si ça prend du temps, ça fait tellement de bien de sentir quand les échanges se font plus facilement, quand on commence à se confier, à dévoiler à l’autre qui on est, à réaliser qu’on a parfois des quêtes communes, ou des racines semblables, ça fait vraiment, vraiment, vraiment un bien fou. Les liens humains ont cette magie, parfois cette évidence, tellement précieuse.

rainy mood

Aujourd’hui il pleut. Et comme à chaque fois qu’il pleut, c’est à la Normandie que je pense. Ce pays qui m’a appris à aimer la pluie.
A aimer la tendre mélancolie qui se dégage d’une interminable averse, les journées qui s’étendent à l’infini quand la pluie ne semble pas vouloir cesser. La pluie m’est devenue apaisante, enveloppante, elle nettoie la Terre, l’Univers, et purifie l’esprit.

Et alors il pleut et je pense à la Normandie, que je vais bientôt retrouver pour quelques jours de Kino, et alors je repartage ce que nous avons fait, ensemble, il y a un an, au coeur de la plaine de Marie Joly, au-dessus de la Brèche du Diable.
Et je réalise que déjà Béhémoth était à l’horizon, et je caressais alors les prémices d’une gratitude et d’une bienveillance qui font aujourd’hui plus profondément partie de moi au quotidien. Alors je vais continuer d’avancer et chaque jour sera meilleur encore que la veille.

Et je chéris les trésors que vous avez donné, et ces marques de vous-mêmes, qui ont fait naître ces images que j’avais tant rêvées. Je vous aime.

brèves de mars & amours littéraires

Brèves de mars :

J’ai terminé ma mission intérim et j’en profite pour aller au yoga jusqu’à 4 fois par semaine. Beaucoup de bienveillance en ce lieu qui est devenu un peu ma deuxième maison. Le cours d’hier m’a emplie de gratitude. Je suis en train de comprendre beaucoup de choses et d’ouvrir des portes par rapport à mon corps, à pourquoi j’ai mal ici ou là, au fil des mois le yoga change ma vie. Même si encore beaucoup de travail pour parvenir à, comme dirait Fanny, « trouver le bien-être même dans l’inconfort », surtout psychiquement, spirituellement.

Demain je vais à un forum Emploi et Formation au parc expo, à priori surtout pour la partie formation, parce que ce serait bien de trouver des pistes de réflexion pour savoir un peu ce que je vais faire demain pour être à ma place.

Et je suis inscrite pour le prochain Kino Caen ! Je vais y retrouver pour quelques jours toutes ces personnes avec qui j’ai passé 5 ans de ma vie, et dont je me suis éloignée en rentrant chez moi il y a 8 mois. Ca va être beau et love à fond et je vais rentrer avec un film à partager !



Amours littéraires :

Ou comment j’ai finalement rencontré le livre de ma vie.

Despentes m’a beaucoup marqué avec l’ensemble de ses écrits, surtout par son style en fait. Bye Bye Blondie reste un livre qui m’a énormément touché. Les tomes 1 et 2 de Vernon Subutex montrent toute l’épaisseur dans l’écriture acquise par l’auteure au fil des années, tout en gardant sa hargne et sa punkitude tendre-amère. C’est une auteure à laquelle je me sens liée, qui me relie à mes 90’s, à mes ombres, à mes racines. J’ai commencé à la lire à 18 ans avec Baise-moi, et ce jour-là une nouvelle forme de littérature s’est ouverte à moi, j’ai découvert en somme qu’il y avait autre chose que la bibliothèque verte, ahah.

Puis il y a eu mon bref passage autonome à la fac, cette si belle année d’auditrice libre à Paul Va, et la merveilleuse rencontre avec J., lecteur espagnol et poète ibérique, dont les conseils de lecture ont magnifiquement nourri mon esprit avide de magie. Principalement avec Les Détectives Sauvages de Roberto Bolaño. Epopée surréaliste d’une poésie sauvage incomparable, chef d’œuvre absolu aux voix multiples, lumineux et magique. Une sorte de road-trip-western de la poésie, et la découverte d’un auteur grandiose.

Plus tard, mes échanges avec T. m’ont amenée à ouvrir L’insoutenable Légèreté de l’Etre de Kundera. Fiction philosophique extraordinaire sur l’amour et les différentes façons d’aimer, sur la légèreté et la pesanteur qui peuvent guider nos vies, sur la solitude de l’âme et du corps, ou encore le don de soi, il m’est aujourd’hui impossible d’effacer de mon coeur Sabina et Tereza, et l’éternel et aimant sourire de Karénine.

Bien avant, Caro m’avait prêté un livre, en me promettant que je l’aimerais. Mais j’étais en plein bouleversement de vie, à l’aube de mon retour vers ma chère Occitanie, et je lisais alors Femmes qui courent avec les Loups de Clarissa Pinkola Estés. Bible de vie pour toute femme qui veut rester libre et sauvage, outil de réflexion intérieure sur ce que nous sommes et sur notre nature sauvage, c’est probablement un livre qui appartient à des phases de vie, et qui peut se lire en plusieurs fois tout au cours de la vie. J’en ai lu la moitié tout en cheminant ce choix de rentrer chez moi, et il m’a sincèrement aidé et soutenu dans les moments de doute où j’avais besoin de retrouver foi en moi-même et en mon instinct. Peut-être la seconde moitié attend-elle le prochain passage vers un autre chapitre de vie, pour s’ouvrir à nouveau à moi.

Mais je n’avais pas oublié le livre conseillé par Caro. Et une fois rentrée à la maison, posée, installée, apaisée, j’ai enfin ouvert Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Dont j’ai déjà parlé ici après l’avoir terminé. Œuvre folle à la passion brûlée vive, écrite par une jeune fille qui pourtant n’a jamais connu pareil amour, si ce n’est dans l’imaginaire de ses nombreuses lectures, ce livre est un cri sauvagement gothique, enragé, obsessionnel, une ôde à la folie humaine, sur fonds de malédiction familiale et de décors décharnés.

C’est alors qu’intervient le Loup. Un magnifique loup en leggings jaune, aux allures de conquérant. La définition même de cette citation de Thoreau que j’aime tant, « toutes les bonnes choses sont sauvages et libres ». Cette rencontre furtive mais profondément bénéfique amènera des échanges avec Sophie au sujet de cette espèce mi-humaine mi-animal-sauvage, et c’est là qu’est tombé entre mes mains Le Loup des Steppes de Hermann Hesse. Récit initiatique et spirituel d’un homme sauvage, solitaire et dépressif, qui cherche à retrouver foi en l’humanité, ce livre est une profonde réflexion philosophique sur le genre humain, et sur son étrange capacité à reproduire sans cesse les mêmes erreurs. Ecrit dans l’Allemagne des années 20, la justesse et la lucidité presque prémonitoire des mots quant à l’état du monde actuel, sont troublantes et puissantes. Partant d’une situation de vie tout à fait banale, l’histoire prend crescendo une tournure fantastique et barrée, mais toujours philosophique sur le sens de la vie, pour se terminer en apothéose théâtrale, en conservant tout du long plusieurs possibilités de lecture et de compréhension.

Et c’est là qu’arrive enfin le livre de ma vie. C’est le partage d’une image sur Facebook qui m’amène à suivre conseil et ouvrir Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. L’auteur aura travaillé sur ce livre pendant les 12 dernières années de sa vie, jusque sur son lit de mort, jusque dans ses dernières fièvres hallucinatoires, accompagné les derniers temps par la femme de sa vie, qui lui relisait des passages pour apporter encore et encore des corrections, des ajouts… Pourtant, en pleine dictature stalinienne, mourant et condamné, il savait bien que jamais ce livre ne serait édité de son vivant. Il le fut en effet 25 ans plus tard.
Outre ces conditions d’écriture fascinantes, ce livre est une ôde (oui j’aime bien ce mot) aux fous, aux marginaux, aux artistes, aux rebelles, aux anti-conformistes, à la liberté. Mais aussi à l’amour, à la magie, aux diableries. Avec un style hyper maîtrisé, fluide et vivant, bourré d’humour et de burlesque (on sent bien que l’auteur écrivait aussi pour le théâtre, on voit réellement les scènes se dérouler sous nos yeux, les personnages existent), Boulgakov raconte l’histoire de Satan et de ses acolytes parcourant les rues de Moscou dans les années 30, revisitant l’histoire de Ponce Pilate, posant la question de l’existence de Dieu et surtout du Diable, et manœuvrant le tout pour encadrer une magnifique histoire d’amour entre un écrivain maudit et son âme sœur Marguerite, qui appelle son amour Le Maître, et qui donnera son âme au diable et deviendra sorcière.

behemot rides_1000 par margaux carpentier(illustration : Béhémoth, par Margaux Carpentier)

Si tu aimes la folie, la liberté, la magie, le spectacle, le burlesque, la satire, les diableries, les sorcelleries, la lune, le mystique, les chats noirs, la littérature, l’amour, ce livre est pour toi et te nourrira d’envie éternelle.
En ce qui me concerne c’est à l’heure actuelle le livre que j’aime le plus au monde. Je l’aime d’amour pour plein plein plein de raisons, certaines objectives, d’autres totalement personnelles. Il m’a marqué pour toujours. Il raconte beaucoup de choses qui résonnent avec ma vie, avec ce que je suis, avec ce que j’ai vécu. Et tant de maîtrise dans l’écriture pour une œuvre aussi folle, il y a finalement peu de mots à la hauteur…

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(illustration : Le Maître, Marguerite et Béhémoth, par confusedlarch)

Les livres qui nous marquent sont toujours liés soit à des personnes, soit à des périodes de vie. Les livres écrivent aussi notre propre existence. Ils sont comme des marque-pages de notre histoire à nous. Le Maître et Marguerite est à ce jour la quintessence de moi-même. Quel bonheur éternel d’avoir trouvé cette histoire sur mon chemin de vie.

niouz

Je voulais faire un post multi-news, mais je ne sais pas par où commencer !

Après un merveilleux week-end lumineux et magique, j’ai participé en pointillés au Kino Montpellier, et c’est bien dommage pour les pointillés car j’aurais carrément préféré pouvoir y être à fond !

Petit point informatif si besoin est : le Kino est un mouvement de passionnés de cinéma, qui organisent dans plusieurs villes dans le monde des festivals pour faire des courts-métrages ensemble. Qu’on soit professionnel.le, amateur, passionné.e, curieux, tout le monde peut s’inscrire, et se retrouver autour d’une réunion de production, où chacun.e se présente et dit ce qu’elle-il sait faire, ses projets et envies… Des équipes se forment et une session de quelques jours se met en route pour faire des films ensemble, et les présenter le dernier soir de la session, lors d’une projection privée ou publique.
C’est un mouvement né en 1999 à Montréal si je ne dis pas de conneries, et aujourd’hui il y a des cellules Kino dans pas mal de villes dans le monde, et en France (Montpellier, Nantes, Paname, Belleville, Caen, Off Courts Trouville… pour ne citer que celles que je connais). C’est comme une grande famille. Pas mal des films de ma rubrique ‘movies’ ont été faits en Kino ! C’est comme ça que j’ai découvert les courts-métrages, c’est comme ça que j’ai découvert plein de choses et plein de gens, le Kino a indirectement pas mal changé ma vie.

Cette année le Kino Montpellier avait lieu au Royal Occupé, ancien cinéma squatté et géré par un collectif qui y organise des concerts, conférences, projections, soirées… Bref qui fait revivre le lieu et l’a transformé en place alternative, en lieu de vie, en local artistique libre, où des sphères très différentes se côtoient autour de projets collectifs, avec une vraie volonté de respect mutuel et de tolérance.

Bref j’ai aussi acheté 2 nouvelles pierres. Quartz Rose (à gauche) et Pierre de Soleil (à droite).

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Cette fois-ci pas sous forme de pendentif, mais sous forme de galet lissé pour la première, et sous forme brute pour la seconde.

Le Quartz Rose et une pierre de douceur, d’amour et de tendresse. Elle apporte sérénité, tranquillité et paix intérieure. Elle favorise une approche heureuse de la vie et aide à déceler l’amour même sous-entendu. Eloigne les cauchemars et calme les angoisses.

La Pierre de Soleil, porteuse d’une grande énergie de vie, est une pierre solaire, de charisme et de joie. Vitalisante, chaleureuse et dansante, elle connecte à l’instinct. Dissipe la mélancolie, donne force et envie, ravive l’énergie.

Et puis hier j’ai passé la soirée avec Mu, que je n’avais pas vue depuis 6 ans ! Elle a été ma première amie quand je suis arrivée à Montpellier en 2004. C’est avec elle que j’ai fait mes premières tournées des bars et mes premières fins de soirée au Rockstore. C’est aussi elle qui m’a appris à croire en mes projets et à partir du principe de base que tout est possible. C’est une vraie belle personne, une fille dont j’admire le parcours. Aujourd’hui elle est tatoueuse à Montréal, elle fait ce qu’elle aime, elle est maître de sa vie. Et c’était vraiment super de la revoir après tout ce temps, on a pu se raconter l’évolution de nos vies, tout ça, voilà. On change – ou pas – et la vie bouge, mais ce qui nous lie à des êtres chers est sacré et ne doit jamais tomber dans l’oubli.


Edit : le site de Mu >>> Muriel de Mai

cet air-là

Ce soir en rentrant à pieds de la Cité Théâtre, j’ai levé les yeux sur Caen, cette ville dans laquelle j’arpente la vie depuis presque 5 ans. J’ai posé mes yeux sur elle, et je l’ai remerciée. Pour les incommensurables trésors qu’elle m’a offert. Pour les secrets que j’y ai déterré. Pour les gens que j’y ai rencontré. Pour toutes les découvertes humaines qu’elle m’a permis de vivre. Pour tout ce qu’elle m’a appris sur moi-même. Pour les Kinos, le théâtre, les clowns, les groupes qui poutrent, la Baie, les double rainbows, les belles âmes et les grands idéaux. Et plus je la remerciais plus je la trouvais pas si moche et pas si froide que ça, Caen. Je crois que maintenant que je sais que je vais rentrer chez moi, je peux faire la paix avec elle. Et ne garder dans mon cœur que tout ce qu’elle m’a apporté d’extraordinaire. J’ai envie, pour la remercier entièrement, et pour moi-même, de rentrer chez moi en oubliant tout ce que j’ai pu y vivre de triste, pour ne porter en moi que tout ce qu’elle m’a donné de lumière.

Et quand je suis arrivée en face de chez moi, alors que je pensais à tout ça et que je remerciais chaque coin de rue et chaque fenêtre de chaque immeuble, c’est là que j’ai croisé mon patron. Alors qu’en plus d’un an je ne l’ai jamais croisé comme ça en ville par hasard. Lui qui m’a donné la cerise sur le gâteau : pouvoir enfin apprendre un métier dans le milieu dans lequel je me sens heureuse et à ma place depuis toujours. C’est dommage, c’est tombé l’année de ma plus terrible traversée du désert personnelle. L’année où tout aurait pu basculer du bon côté, mais où en fait tout s’est un peu écroulé. Mais, aujourd’hui, mon CV a changé de cap, ça change tout, tout est possible, vraiment possible, je peux justifier d’une expérience dans quelque chose que j’aime profondément, je ne suis plus juste une passionnée sortie de nulle part.

J’ai aimé les saltimbanques dès que j’ai eu l’âge de parler. Mon père en est un. Il a été le premier musicien que j’ai applaudi, admiré, encouragé, imité, regardé avec des grands yeux de Bambi. Aimé. Ca m’a poursuivi toute ma vie. Ca me poursuivra sans doute jusqu’au bout. Pouvoir faire partie de tout ça, aussi infime soit mon rôle, pouvoir être aux côtés des reines et des rois de la saltimbanque éternité, en les épaulant dans leurs plus beaux métiers du monde, et que ce soit mon métier à moi, aussi imparfaite que je puisse être parfois, que je sois payée pour me lever le matin pour faire ça, c’est peut-être le plus beau cadeau qu’on m’ait jamais fait.

Western Kino

Ce matin à 7h30 le jour se levait entre les rues froides et désertes, la ville était à nous. La semaine du Kino est terminée et je me sens à la fois heureuse et perdue. L’intensité humaine d’une telle semaine colmate toutes les brèches, répare tous les bobos, cicatrise toutes les blessures, tout ça se fige dans une parenthèse lointaine, et l’espace d’une semaine tout n’est qu’évidence, bienveillance, amitié et amour. C’est une semaine ensemble, une semaine où tu réalises que tu fais partie de quelque chose, d’un tout magnifique qui forme un paysage en mouvement, unique et fabuleux. Et même quand tu es fatigué-e, même quand tu perds un peu force ou patience, tout ça est vite balayé par un sourire, un regard, un mot, une présence, un sentiment positif et puissant qui balaie tout sur son passage.

Et puis quand c’est fini, c’est le flou, tu es tout-e perdu-e sans ce cocon humain rassurant et motivant, et oui bon voilà c’est un peu dur de reprendre le cours du quotidien.

Je remets le lien vers mon clip Kino, c’est la version corrigée et arrangée.

Notre plus grande force est l’amour.