réflexions vermillon

Pour les normand·e·s : bientôt au Sillon du Chemin Vert à Caen, une conférence gesticulée présentée par ma chère Leï. C’est le dimanche 15 octobre. Et le vendredi 13 il y aura également une conférence de Noémie qui sera sûrement très bien aussi.

Le 15, Leï parlera du corps des femmes dans le patriarcat, du flux libre instinctif, du consentement… Sa conférence s’intitule ‘Ce rêve rouge – réflexions utérines contre la honte ou comment je me suis réapproprié mon corps

Une conférence gesticulée c’est quoi ?
Avant tout un outil d’éducation populaire. A l’intersection entre le théâtre et la conférence, elle mêle le récit d’éléments vécus par le conférencier ou la conférencière (savoirs chauds) et des éléments théoriques (savoirs froids).

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Depuis quelques jours je suis un peu en crise existentielle, mojo dans le creux de la vague, je doute, je ressasse, les questions fusent, pourtant rien de dramatique, j’ai repris le taf et je m’y plais toujours, je continue à créer des liens riches avec des personnes chouettes, à apprendre sur moi et sur les autres, financièrement c’est un peu moins la mouise, mais bon ça fait deux nuits que je dors mal, angoisses, fièvre, et mal de chien en bas du dos. Mon incapacité à faire/dire certaines choses sereinement me tape un peu sur le moral.

Mais, mardi dernier, on a fait des photos avec Yannick. On en avait déjà un peu parlé, mais sans jamais vraiment le prévoir. Et là on a décidé ça histoire de clore les vacances, chez moi, lumière naturelle et ambiance cosy. C’était cool.
On a fait des images un peu dans l’esprit de ce que je faisais à mes tous débuts, il y a presque 15 ans… Du nu, juste pour le nu, le corps, doux et lumineux.

Du coup un peu un test pour moi, parce que le temps a passé, et a fait son travail, pour le meilleur et pour le pire ahah :3
Mais finalement un bon exercice d’acceptation de soi, de bienveillance envers soi malgré le temps qui passe, et de confiance dans le regard bienveillant et positif de l’autre.
Et bientôt une mise à jour des galeries par ici !

Pour l’instant juste une mini mini preview (Yaya était content, moi aussi, curieuse et contente pour les photos à venir, et contente que Yaya soit content).

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les petites armoires normandes

Ce week-end j’étais en Normandie, pour la soirée de sortie officielle du livre Les Sept Soeurs du Sort, et pour participer à la résidence photographique d’Alban à la Fabrique, sur le thème des saisons (argentique et polaroid).

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(polaroids par Alban Van Wassenhove – MUA Fabiola Louang Phi Xay – avec Juliette & Hugues)

J’ai fait l’aller-retour entre vendredi et dimanche, nouveau taf oblige, ce fut donc court, mais doux et solaire, sincère et beau.

J’ai pu ouvrir les portes et les tiroirs de mes petites armoires normandes, où sont rangés précieusement les souvenirs de ma vie là-bas, les étoiles et les nuages, le vent et les arcs-en-ciel, les pages de nos histoires communes.
Et tout s’est aéré. Et tout a respiré, en harmonie.
J’ai vu Laura que je n’avais pas revue depuis plus d’un an, toujours aussi spontanée et gracieuse. J’ai vu Hugues et son élégance punk, Fabiola et ses plantes magiques – elle m’a donné de la sauge – , Mélanie et ses mouvements divins, Mélie et sa crinière radieuse, Vincent et sa candeur adulescente…
Leïla est venue me voir dans une jupe fleurie, ses cheveux courts entourant son visage gracile de déesse grecque, son sourire vibrant et son regard romantique enveloppant mon cœur d’une aura rassurante.
Et mon mi-jardinier dans le même pot, mi-renard des steppes de l’Ouest.

Ces humanités qui font partie de moi.

C’était une parenthèse créative et légère, une guirlande lumineuse entre 2 mondes, entre 2 vies. Dès l’instant où j’ai ouvert la porte du studio, ma valise derrière moi, le pays traversé, dès que j’ai vu leurs sourires et croisé leurs regards, les liens se sont élevés pour flotter au-dessus des étoiles et de la lune irisée.

Mes belles et solides petites armoires normandes. Pour la Saltimbanque Eternité ❤

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sunny mood

Ici le printemps ressemble de plus en plus à l’été. Le soleil ne quitte plus ma cité mordorée. Le vent fait danser l’orme à ma fenêtre. Tout à l’heure un couple en pyjama se bécotait sur le balcon en face, une rousse flamboyante passait ses mains dans les cheveux de son homme, l’enlaçait et le couvrait de tendresse sous le soleil brûlant. J’attends toujours mon tour l’Univers.

Je suis en train de me refaire Twin Peaks. Elle est sur Netflix. Sûrement en vue de la saison 3 qui va sortir en mai, 25 ans plus tard. Toujours aussi fascinante cette série. Toute la poésie et toute l’horreur de l’humanité qui s’emmêlent, une bande-son totalement obsédante, cette esthétique tellement vintage qu’elle frôle parfois le kitch, ces personnages tellement puissants… C’est vraiment addictif. J’en écoute même la BO sur Deezer ahah. Et j’ai trouvé sur Priceminister le Journal secret de Laura Palmer, écrit par Jennifer Lynch, et si j’en crois les avis trouvés sur le net, c’est un livre super cohérent par rapport à la série de son papa, avec toute la noirceur de certains épisodes, mais sans le côté burlesque pour dédramatiser. Un livre qui pourrait être le vrai journal secret de Laura, de son enfance jusqu’à la semaine de sa mort. Bientôt dans ma boîte aux lettres aaawwwww. Même pas pu attendre la réédition prévue aussi en mai pour aller avec la sortie de la saison 3. Non non je ne suis pas du tout en phase obsessionnelle.

Bon et je suis aussi en remise à niveau après le Kino Caen. Quelle super édition… Une fois de plus. C’était super chouette et super étrange de retrouver Caen après mon retour à la maison Montpellier. J’ai revu Caro juste avant son départ au Havre, on a mangé à la Perle du Liban. Comme avant. J’ai vu Annliz et Gaël, et leur petit homme qui dépasse tous les autres enfants de son âge de 2 têtes. J’ai vu Leïla, qui m’avait préparé des petites potions magiques… Je suis allée voir la restitution de travail sur le clown des comédiens-stagiaires de l’Actea, qui a été si fort ma seconde maison. Tout est différent et pendant quelques jours tout était comme avant. En mieux. En mieux parce que moi je me sens mieux, parce qu’enfin je sais m’aimer moi-même et prendre plaisir pour moi-même. Alors je suis mieux avec les autres. Il aura fallu que je m’arrache à ces terres et à ces gens, pour retrouver le sens de ma propre vie, pour prendre réellement conscience de moi-même, et aujourd’hui pouvoir savourer cette vie caennaise. Que j’ai dû quitter. C’est un étrange circuit de vie. Mais c’est ainsi.

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J’ai joué dans le Kino d’Alban avec des supers comédien-ne-s. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été autant de ce côté de la caméra. Ces nouvelles images me mettent face à certains de mes changements, physiquement. Du bon et du moins bon pour l’ego. C’est ainsi aussi. Je suis fière d’avoir travaillé sur ce beau projet. Le film sera bientôt en ligne, Alban avait du travail en post-prod à finaliser par rapport à la version qu’on a présentée à la projection Kino. Il me tarde de pouvoir le partager. Il y a une partie de moi à l’intérieur. Une partie d’avant, que je laisse derrière moi, et une partie de la naissance de ce que je suis devenue.

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(capture d’écran preview La Fin de l’Hiver)

Ici je continue à reconstruire, dessiner ma propre famille. Peut-être la première quête de ma vie. Il y a la famille dans laquelle on nait, et il y a celle(s) qu’on rencontre au cours de sa vie, qu’on choisit, qu’on construit, qui dépend de soi, de ce qu’on est et de ce qu’on fait. Une famille faite d’ami-e-s à défaut d’une famille plus  »classique », et si ça prend du temps, ça fait tellement de bien de sentir quand les échanges se font plus facilement, quand on commence à se confier, à dévoiler à l’autre qui on est, à réaliser qu’on a parfois des quêtes communes, ou des racines semblables, ça fait vraiment, vraiment, vraiment un bien fou. Les liens humains ont cette magie, parfois cette évidence, tellement précieuse.

Lapin-Papillon

Un jour, cette fille entre dans ta vie. Elle s’approche de toi, tu ne sais pas ce qu’elle te veut. Elle t’aborde comme un petit animal, ses gestes sont si délicats, son regard est plus vaste que l’océan. Quand elle te fixe comme ça c’est le monde entier qui tangue. Elle est pleine de remous et à la fois posée, ancrée, alignée. Elle est aussi bancale que toi, et en même temps plus stable que tu l’aurais cru possible. En fait, si différente soit-elle, elle est comme toi.
Elle sera celle qui t’aide à retrouver ton instinct, ton sauvage, celle qui t’aide à (re)construire ta confiance, ta foi en toi. Celle qui t’aide à fermer les trappes noires et ouvrir les portes de lumière.
Ce soir tu n’as pas réussi à la serrer dans tes bras comme tu aurais voulu. Mais tu sais que puisqu’elle est entrée dans ta vie, c’est pour s’installer dans ton coeur et y rester où que tu sois, comme une part éternelle de toi, comme une des pierres précieuses de ta vie.

Je t’aime Leïla.