mood

Beaucoup de fatigue physique, mais beaucoup d’envie aussi. Beaucoup de choses en cours et à cœur. Bientôt quelques jours au Maroc. Et l’organisation pour le printemps prochain d’un week-end au royaume des loups entourée de celleux que j’aime, des 4 coins du pays (et même un peu du monde), pour mes 40 ans. Moi qui ne fait quasiment jamais rien pour mes anniversaires, cette fois-ci je veux marquer l’épilogue de cette première moitié de ma vie, et du chemin que j’y ai accompli. 2020, 40 ans, je veux en prendre acte, parce que la deuxième moitié de ma vie doit être à la hauteur de ce qui m’est possible et de ce que je mérite. Je déconstruis le système de pensées limitantes venant de mon héritage familial, et j’en dessine un nouveau, où j’ai le droit, le devoir de fêter chaque jour de mon existence, et de me construire la vie qui est la mienne, la place qui est la mienne, l’existence de tous les possibles. Ca prend du temps mais ça marche plutôt pas mal.

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Les étudiant·e·s bien apprêté·e·s pour leurs oraux. Un autre oral, le mien, qui approche, pour espérer décrocher une titularisation à la rentrée, parmi les 8 postes ouverts, surtout un, le Graal ultime pour moi. Le soleil. L’huile de protection solaire au Monoï. Les pages des livres à dévorer. Lui. Les copaines à la maison pour fêter notre crémaillère, leurs mouilles heureuses, leurs rires sous le chèvrefeuille en fleurs. Le chèvrefeuille en fleurs. Mes fauvettes dans le jardin, siestant en plein soleil. Bowie y passe des heures entières, jusqu’à la tombée du jour, quand on vient l’appeler le soir pour qu’elle rentre, elle se retourne vers nous, assise au milieu de son royaume, contemplative, et semble se demander pourquoi on voudrait bien qu’elle quitte ce lieu magique. Lui. Nous. Ma robe jaune Pikachu. Chanter sur sa ligne de basse. Bientôt les troubadours punk-à-roulettes de la Comtée et le lien depuis l’enfance à la maison. Bientôt l’anniversaire de Mu. Beaucoup de choses à faire, à penser, à gérer, à intégrer, mais beaucoup de fous-rires aussi, de joie, de passion, de tendresse, d’envie d’encore ❤

believe in yourself

Je rentre de Paris avec une pharyngite, un syndrome grippal et une tension à 9. Et quelques images.
Sacré Cœur, Châteaurouge, Buttes Chaumont (sur les traces de Vernon), Montmartre, Père Lachaise… Et un super Airbnb.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)


Oui mais Katie Monks a kiffé ma robe-chats.

Je voulais faire un review de ce concert, et puis je réalise combien je peine à trouver les mots. J’ai vécu la chose dans un état de semi-conscience, une sorte de transe, sans doute en partie due à la fièvre que je me trimballais depuis des jours. Il en fallait de l’amour et de l’envie pour me tenir debout. Il fallait au moins Dilly Dally.

A 16 ans j’ai monté mon premier groupe de rock, je chantais et jouais de la guitare, mes cheveux blonds platine au carré… Alors le nouveau look de Katie, son carré platine et ses robes de kinder whore, son attitude entre la fée glam et le sale gosse punk, dire que ça me parle, c’est peu dire. Katie fait le lien entre ma vie d’avant et celle d’aujourd’hui, le lien entre la rage adolescente et l’amour inconditionnel adulte, le rock n roll brut et la bienveillance pure…

Tout a commencé derrière le zinc de l’Olympic Café, où nous avons mangé un bout avant le concert. A peine arrivés et voilà qu’on les entend faire leur balance au sous-sol, juste sous nos pieds. Aux anges. On commande et voilà qu’iels montent manger un bout, à la table à côté de la nôtre… Jimmy en jupe pailletée, Ben l’air blasé, Liz les cheveux ultra courts et tout noirs. Katie nous adresse un ‘Hiiiiee…’ de chaton céleste, à la fois souriante et flegmatique… Au-delà des anges.

Tout est comme quand je jouais dans le même genre de bar… Il y a 20 ans. J’ai juste changé de place. Quand l’heure vient de descendre dans la salle au sous-sol, deux adolescentes sont à côté de moi au premier rang. Fans joyeusement enragées du groupe qui fera la première partie, une découverte bien sympa et bien 90’s, Chastity. Le chanteur aux airs d’apprenti bucheron tout droit sorti de Twin Peaks leur donnera l’occasion de sauter et hurler aussi haut et aussi fort que leur fougue adolescente le leur permet. Leurs sourires n’auront sans doute d’égal… Que le mien.

Nous croiserons régulièrement les Dilly Dally ici et là dans la salle, avant que vienne leur tour. La salle est si petite qu’une simple marche en bois sépare les musiciens du public. Je suis si proche que dès les premiers accords j’entends les retours autant que les enceintes. Une lumière violette vient nous envelopper. Katie fait quelques essais voix a cappella. La salle ronronne en entendant ce timbre si particulier, surréaliste. L’amour et la rage nourrissent cette voix-là.

Iels ont joué des titres qui ne sont pas sur les deux albums, comme l’enivrant Candy Mountain, et la bombe Gender Role. Et même fait un petit rappel avec Green, la salle hurlant à la lune elle aussi, donnant un sourire sauvage à Katie au moment de quitter la scène, sa guitare aux cordes cassées abandonnée sur le sol.

Quel groupe. Quel son. Quelle voix. Quelle belle attitude. Quelle gentillesse que la leur. Cette sensibilité à fleur de peau, enrobée de cette rage d’amour. C’est vraiment ça que j’ai ressenti, de l’amour enragé, une rage d’aimer. Dilly Dally me fait faire la paix entre mon gouffre sombre et mon coeur d’amour inconditionnel.

 

 

Je crois qu’un bout de moi n’est pas rentré et est resté quelque part, en apesanteur entre les mondes.

 

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‘ – By the way, I love your kitty dress. ‘

 

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wild at heart

Aujourd’hui, après quelques jours à peine de rentrée, je commence à trouver les mots pour exprimer certains ressentis.

J’ai vécu ces derniers mois des transformations irréversibles. Je me suis sentie pleine de confiance, emplie d’amour et d’envie, et parfois je me suis sentie perdue, découragée face au chemin restant à parcourir, convaincue à la fois du bien fondé et de la difficulté de la chose… Et puis là j’ai repris le chemin du bureau, et l’évidence laisse sa trace un peu plus profondément chaque jour. Tout a changé.

Je voudrais assurer ce quotidien qui me permet de toucher ce salaire modeste mais fixe. J’essaie d’y intégrer ma sensibilité, mon ouverture aux autres, pour être là pour celleux qui en auront besoin, dans le cadre de cet emploi, de ces horaires, de tout ce qui me paraît de plus en plus étranger. Je voudrais, et parfois, le temps de quelques minutes, un lien s’opère ; mais ce qui ces dernières années ne faisait que passer discrètement dans mon esprit sans s’exprimer trop fort, se manifeste aujourd’hui comme un appel irrépressible.

Dans mon cycle de vie en Normandie, j’ai fait quelques rencontres qui m’ont ouvert les yeux sur ma capacité à me connecter aux mondes invisibles, la nécessité de me délester de certains bagages néfastes, mon besoin de retrouver la nature, et de rétablir davantage le lien avec le monde animal, auquel je suis fortement reliée depuis ma naissance. J’en avais envie mais le temps et les outils me manquaient, et puis quand une opportunité se présentait, la peur l’emportait et je ne m’inscrivais pas au stage, à l’atelier, à la rencontre… Je me trouvais des excuses, probablement parce qu’il était alors trop tôt pour moi. Même si quelque chose commençait à m’appeler, je n’étais pas prête.

Et puis, il y a un peu plus de deux ans, je suis revenue ici, à Montpellier. J’étais alors en plein chemin d’introspection, pour apprendre à me tourner vers moi-même, apprendre à prendre soin de moi, à m’aimer et me donner l’attention et l’écoute que je mérite, pour ensuite pouvoir être plus sereine dans mes rapports avec les autres. Ce chemin d’ermite avait porté ses fruits et je me sentais prête à partager mon nouvel équilibre, quand j’ai croisé la route de cet homme chouette. Je suis allée vers lui parce que je sentais, je savais, que je pouvais alors être aux côtés de quelqu’un capable de tant de lumière.

Jamais je n’aurais pu imaginer tout ce que cet homme allait m’apporter. Par sa personnalité, sa façon d’être, mais aussi par son entourage et ses racines familiales. Un entourage amical lumineux et bienveillant – comme lui, on n’attire que ce que l’on est. Et puis, cet endroit où il m’a emmenée, la rencontre avec ces loups, qui ont fait resurgir de toutes ses forces l’appel que j’avais commencé à entendre il y a quelques années, et fini par ranger de côté, pensant que je n’aurais probablement pas assez d’une vie pour pouvoir ouvrir cette porte, ou que je n’étais peut-être pas assez légitime pour ça.

Depuis, l’appel est si fort qu’il m’est difficile d’entendre autre chose. Je continue cet emploi où je tente de faire de mon mieux, parce que je sais faire ce qu’on me demande. Je continue aussi de mettre à jour ce site, parce que écrire je sais faire et ça me procure un peu de satisfaction de partager un peu mes pensées et mes images, je continue les réseaux sociaux parce que j’ai l’habitude et parce que ça ‘passe le temps’. Mais en réalité je suis de plus en plus loin de tout ça, si ce n’est par réflexes d’habitude, des réflexes rassurants, du confort cotonneux et bien relatif, qui endort mon esprit, alors que je ne cesse de répéter ici et là au fil des mois qu’il faut que je fasse sauter les peurs liées à mon éducation et laisse derrière moi ces réflexes rassurants, pour consacrer tout mon temps à cet appel. Qui m’apaisera sans doute 1000 fois plus que tout le reste, puisque je serai à ma place et sur ma voie.

Si je ne trouve pas le temps et l’énergie suffisant·e·s pour nourrir cet appel en l’état actuel des choses, je n’aurai pas d’autre choix que de lui laisser toute la place dès maintenant pour qu’il se développe et grandisse comme il le mérite.
Soit mes réflexes et habitudes trouvent comment faire des compromis notoires, soit l’appel les dévorera.

 

(Du coup, je me suis inscrite à un atelier pour dans une quinzaine de jours, qui devrait me faire avancer sur ce chemin lumineux en écoutant mon cœur sauvage.)