l’évidence

Quelques jours avec la famille du coeur à la maison. Gratitude infinie.

J’ai du mal à trouver les mots. Ils apportent l’amour, la paix, les rires et la lumière. Ils le portent en eux à fleur de peau et irradient tout ce qu’ils regardent, tout ce qu’ils touchent. J’ai grandi si introvertie, si timide, si réservée, pas à l’aise en groupe, et aujourd’hui je réalise combien je me sens à ma place dans une vie de meute, un quotidien ensemble, comme un pack chantant à la lune de la liberté, riant au nez des codes et des croyances limitantes… Sauvages et libres.

La famille est une histoire de naissance. Au début. Puis, parfois, quand on va chercher sa place ailleurs, c’est une histoire d’évidence.

Ma famille du coeur. Ma famille de l’évidence. J’ai une chance telle que j’ai le devoir d’en faire quelque chose. Papou a raison, je dois prendre encore plus conscience de ma valeur, que je vaux mieux que certaines choses que je supporte alors qu’elles ne sont pas acceptables. Pas quand l’Univers me montre le chemin d’or sur lequel je pourrais m’élancer, si je fais les bons choix et si je lâche totalement prise sur certains vieux démons.

Ils apportent l’amour, la paix, les rires et la lumière. Ils apportent l’évidence et je ne dois pas la perdre même quand 300 km nous séparent. Elle doit s’enraciner en moi, faire partie de moi.

Je vous aime. Je vous aime tant. Je ne désespère pas du jour où j’oserai vous le dire, dans les yeux et pas seulement avec les yeux… Avec des mots, le son de ma voix, avec toute l’évidence que cela représente pour moi.

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la perception de la petite cane

Peut-être que les ailes de ma perception sont celles d’une petite cane.

Hier entre midi et deux j’ai terminé le quatrième volet de l’œuvre de Castaneda, ‘Histoires de pouvoir’, au bord de l’eau avec les canards. Une petite cane est sortie de l’eau, accompagnée de son mâle, alors qu’il me restait une vingtaine de pages. J’hésitais à terminer le livre sur place car mon temps de pause réglementaire touchait à sa fin. La petite cane m’a alors dit que je devrais continuer maintenant. Elle s’est approchée très près de moi. Je lui ai demandé de ne pas faire un pas de plus, parce que bon, elle était mignonne mais elle m’impressionnait un peu à ne pas avoir peur de moi comme ça. Son petit regard foncé sur moi, elle est restée là. Séchant ses plumes au soleil. On a discuté un peu. Elle a finit par ranger son bec sous ses plumes et ne plus bouger, clignant des yeux sans me quitter du regard, comme assoupie mais attentive quand même.

A la lecture des toutes dernières pages, je me suis mise à pleurer doucement. Surtout pas de tristesse. Je pleurais d’amour et de gratitude pour cette terre et ce monde, et ces livres, et ce sorcier arrivé sur mon chemin pour illuminer ma voie spirituelle et donner sens à tout ce que j’ai traversé, guide ultime pour réapprendre ma place, apprivoiser mon gouffre pour en faire une force, briser les croyances limitantes et toxiques, continuer ma quête vers ma nature sauvage et libre. Et en me retournant, la petite cane était toujours là à veiller sur moi, son compagnon un peu plus loin, et j’ai pleuré encore plus d’amour pour cet univers et cette vie sacrée, et cette magie qui est partout.

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‘L’amour de Genaro est le monde qui nous entoure. La terre sait que Genaro l’aime, et elle lui accorde sa protection. Voilà pourquoi la vie de Genaro est remplie à ras bord et pourquoi sa situation, où qu’il aille, sera toujours comblée. Genaro se promène dans les sentiers de son amour et, où il se trouve, il est satisfait.
(…) On ne peut se libérer de sa tristesse que si on aime cette terre d’une passion inébranlable. Un guerrier est toujours heureux parce que son amour est inaltérable et que sa bien-aimée, la terre, l’embrasse et lui octroie des cadeaux inestimables. Cette chose merveilleuse, qui vit dans ses derniers replis et qui comprend chaque sentiment, m’a apaisé et m’a guéri de mes souffrances et, lorsque j’ai enfin réussi à comprendre l’amour que je ressentais pour elle, elle m’a appris la liberté.
(…) Écoute cet aboiement. Cet aboiement de chien est la voix nocturne d’un homme. Elle vient d’une maison dans cette vallée, du côté du sud. Un homme est en train de crier sa tristesse et son ennui par l’intermédiaire de son chien, puisque ce sont tous les deux des compagnons, réduits à l’esclavage pour toute leur vie. (…) Cet aboiement et la solitude qu’il crée témoigne des sentiments des hommes. Des hommes pour qui la vie entière a été comme un après-midi de dimanche, un après-midi pas tout à fait malheureux, mais chaud, lourd et désagréable. Ils ont sué et se sont beaucoup tracassés. Ils ne savaient pas où aller ni que faire. Cet après-midi ne leur a laissé que le souvenir de petites contrariétés et beaucoup d’ennui, puis il s’est achevé brusquement : c’était déjà la nuit.
(…) Seul l’amour pour cette terre magnifique peut donner la liberté à l’esprit d’un guerrier ; et la liberté est joie, efficacité et abandon, devant n’importe quelle situation.’

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Et j’ai entamé le cinquième livre, ‘Le second anneau de pouvoir’. Et avec l’homme-chouette nous avons mis en terre son abricotier, ensemble, dans notre jardin, et l’odeur de la terre câlinait nos cœurs, et nous avions envie de nous occuper de la terre, ensemble, pour le reste de nos jours.

entre chiens et loups

Quand nous sommes ensemble nous touchons du bout des doigts le Paradis.

2017 aura porté à mon coeur tant et tant de lumière, de beauté, de rires et de gratitude. Encore aujourd’hui je racontais combien j’étais au départ mal partie dans la vie. Combien de doutes, de déceptions, j’avais concernant des choix que j’ai faits ou qu’on a faits pour moi, il y a longtemps. Et pourtant. Pourtant peut-être que ces choix, ces erreurs, m’ont amenée là où je suis aujourd’hui. Peut-être que sans mes blessures, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. Car je n’aurais pas eu à faire tout ce chemin, tortueux et parfois si douloureux, qui m’a construit et m’a appris à retrouver ma propre lumière.

Parfois je me regarde dans le miroir, et je vois dans mon reflet cette adolescente que j’étais, quelque chose dans mon regard est toujours là, quelque chose de juvénile, d’amusé, et presque plus de toute cette tristesse qui m’habitait tant, il y a longtemps. Il y a longtemps. Aujourd’hui quand je vois cette femme dans le miroir, quand je croise son regard, j’ai peine à croire que c’est la même, que c’est cette adolescente dévorée par le mal qui a grandit, qui a traversé tant de déserts semés d’adversaires, et qui a réussit à choisir sa vie, et à ne plus la subir. Qui a gagné et peut aujourd’hui me sourire, avec la bouche et avec les yeux.

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Aujourd’hui je comprends avec tant de puissance le sens de cet arcane qui hantait mon chemin de vie. L’Ermite. Aujourd’hui l’Ermite a un soleil de lumière entre les mains, pour se réchauffer et attirer le beau et le bon. Aujourd’hui je suis à la fois le Soleil et le Monde, la Grande Prêtresse et l’Impératrice, la Force et la Tempérance, et j’accepte les ombres de ma Lune et le risque de mon Diable, j’accepte même la chute éventuelle des Tours, car à l’horizon il y aura toujours une Etoile, à la lumière de laquelle dansera un Fou, sauvage et libre.

Et j’ai trouvé mon Magicien.

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Ma gratitude infinie à cette vie que j’aime tant, chaque jour plus apaisée et plus belle, et à cette femme dans le miroir, que j’aime enfin, et qui, imparfaite d’humanité, a accepté son chemin et appris à reconnaître, écouter et suivre les signes, façonnant ainsi les contours d’une destinée digne d’elle-même.

 

 

Je souhaite à toutes les personnes qui passent par ici, de terminer 2017 en paix et en lumière. Et d’avoir plein d’envies belles et positives pour l’année à venir.