one life

One Life, l’urgence de vivre, tout ça. Bon la canicule qui fait fondre le cerveau aussi, c’est vrai. Vendredi concert punk-à-roulettes des copains de la Comtée dans un squat de punks à chiens en mode surchauffe à peine tenable, il faisait encore 42 dehors à 21h, alors j’imagine pas à combien de degrés on était dans la salle. Ces sons d’une autre vie, une vie passée, qui viennent résonner dans le présent. Ces liens qui ont commencé à se tisser quand on avait 8 ans (8 ans bordel, on en a 39), le destin de fou qui fait que ces liens ont dessiné plein de choses tellement étonnantes, ces liens qui sont toujours là. Ne jamais perdre ces liens, même si les kilomètres et les années et tout ça. Je trouve beau d’arriver à relier les vies, le passé le présent et l’avenir, à mélanger le tout et que ça reste harmonieux, juste simple et harmonieux.

avec Kikoune <3
A l’ancienne foreva’ 1988 >> vers l’infini et au-delà ✨

Samedi soir discussions aux accents canadiens au bord de la piscine en dégustant des verrines vegan, comme pour faire du contraste avec le concert punk-à-sueur de la veille.

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J’ai commencé à écrire ce post hier et aujourd’hui _blank total.

believe in yourself

Je rentre de Paris avec une pharyngite, un syndrome grippal et une tension à 9. Et quelques images.
Sacré Cœur, Châteaurouge, Buttes Chaumont (sur les traces de Vernon), Montmartre, Père Lachaise… Et un super Airbnb.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)


Oui mais Katie Monks a kiffé ma robe-chats.

Je voulais faire un review de ce concert, et puis je réalise combien je peine à trouver les mots. J’ai vécu la chose dans un état de semi-conscience, une sorte de transe, sans doute en partie due à la fièvre que je me trimballais depuis des jours. Il en fallait de l’amour et de l’envie pour me tenir debout. Il fallait au moins Dilly Dally.

A 16 ans j’ai monté mon premier groupe de rock, je chantais et jouais de la guitare, mes cheveux blonds platine au carré… Alors le nouveau look de Katie, son carré platine et ses robes de kinder whore, son attitude entre la fée glam et le sale gosse punk, dire que ça me parle, c’est peu dire. Katie fait le lien entre ma vie d’avant et celle d’aujourd’hui, le lien entre la rage adolescente et l’amour inconditionnel adulte, le rock n roll brut et la bienveillance pure…

Tout a commencé derrière le zinc de l’Olympic Café, où nous avons mangé un bout avant le concert. A peine arrivés et voilà qu’on les entend faire leur balance au sous-sol, juste sous nos pieds. Aux anges. On commande et voilà qu’iels montent manger un bout, à la table à côté de la nôtre… Jimmy en jupe pailletée, Ben l’air blasé, Liz les cheveux ultra courts et tout noirs. Katie nous adresse un ‘Hiiiiee…’ de chaton céleste, à la fois souriante et flegmatique… Au-delà des anges.

Tout est comme quand je jouais dans le même genre de bar… Il y a 20 ans. J’ai juste changé de place. Quand l’heure vient de descendre dans la salle au sous-sol, deux adolescentes sont à côté de moi au premier rang. Fans joyeusement enragées du groupe qui fera la première partie, une découverte bien sympa et bien 90’s, Chastity. Le chanteur aux airs d’apprenti bucheron tout droit sorti de Twin Peaks leur donnera l’occasion de sauter et hurler aussi haut et aussi fort que leur fougue adolescente le leur permet. Leurs sourires n’auront sans doute d’égal… Que le mien.

Nous croiserons régulièrement les Dilly Dally ici et là dans la salle, avant que vienne leur tour. La salle est si petite qu’une simple marche en bois sépare les musiciens du public. Je suis si proche que dès les premiers accords j’entends les retours autant que les enceintes. Une lumière violette vient nous envelopper. Katie fait quelques essais voix a cappella. La salle ronronne en entendant ce timbre si particulier, surréaliste. L’amour et la rage nourrissent cette voix-là.

Iels ont joué des titres qui ne sont pas sur les deux albums, comme l’enivrant Candy Mountain, et la bombe Gender Role. Et même fait un petit rappel avec Green, la salle hurlant à la lune elle aussi, donnant un sourire sauvage à Katie au moment de quitter la scène, sa guitare aux cordes cassées abandonnée sur le sol.

Quel groupe. Quel son. Quelle voix. Quelle belle attitude. Quelle gentillesse que la leur. Cette sensibilité à fleur de peau, enrobée de cette rage d’amour. C’est vraiment ça que j’ai ressenti, de l’amour enragé, une rage d’aimer. Dilly Dally me fait faire la paix entre mon gouffre sombre et mon coeur d’amour inconditionnel.

 

 

Je crois qu’un bout de moi n’est pas rentré et est resté quelque part, en apesanteur entre les mondes.

 

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‘ – By the way, I love your kitty dress. ‘

 

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this song is a broken heart

A l’automne 2015, je découvrais le premier album de Dilly Dally. Grâce à une radio pirate américaine en ligne, désormais disparue. Je retrouvais alors dans ce groupe le paroxysme de tout ce que j’aime dans la musique. Dilly Dally m’a bouleversée autant que Hole quand j’avais 14 ans. Peut-être même plus fort encore.
Le premier album m’a accompagnée durant une escale existentielle fin 2015, à Montpellier, ma ville tant aimée que je n’avais pas revue depuis mon départ pour la Normandie en 2011. Dilly Dally était alors la bande-son d’une décision déchirante mais salutaire : rentrer chez moi.

Aujourd’hui je suis donc, depuis presque deux ans et demi, de retour dans ce Sud si cher à mon coeur, et j’y ai fait des rencontres magnifiques, dont certaines ont changé ma vie. Dont certaines m’ont amenée à renaître, le jour de mes 38 ans, à 12h15 heure de ma première naissance, dans des circonstances si troublantes qu’elles ne peuvent que rester secrètes.
Et Dilly Dally est toujours là. Le deuxième album me procure des sensations indescriptibles. Et cette femme, cette chanteuse guitariste à la voix si étrange et si magique, ni tout à fait femme, ni tout à fait garçon, ni tout à fait adulte, ni tout à fait adolescente, ni tout à fait humaine, ni tout à fait animale… Elle cristallise toute une facette de moi-même. Me touche en plein coeur parce qu’elle parle à une part de mon intimité profonde.

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(Katie Monks – Dilly Dally – Berlin oct. 2018 – pic. Alexandra Howard)

En février j’irai hurler à la lune avec elle, à Paris, l’homme-chouette à mes côtés. Les loups et les louves n’ont pas fini de chanter et de courir dans la forêt, sous le regard bienveillant des chouettes et des hiboux. Notre plus grande force est l’amour.

 

Namasté

Ce soir l’Univers s’est déchiré. Et j’ai touché le Sacré.

Je crois que je n’avais encore jamais croisé un regard pareil de ma vie. A chaque fois que son œil s’arrête sur le tien, l’animalité qui t’envahit n’a d’égal que la mélancolie riante qui te submerge.

J’ai croisé un regard empli de candeur sauvage, un regard d’enfant par moments, d’autres fois un regard de fou, ou encore un regard de chamane en transe. J’ai vu toutes les palettes de l’humanité, du pire au meilleur, dans le même regard.

Je m’en souviendrai toute ma vie. Ce regard a changé quelque chose en moi. Ce regard m’a libérée.

Gratitude au-delà des mondes. Namasté.