musical moods

Toujours cette saturation générale, de toutes ces obligations toxiques, dont je ne peux me défaire pour l’instant. Je me réfugie pas mal dans les cartes. Mais surtout, comme souvent quand la cocotte est prête à exploser, dans la musique.

Quand je ne sors pas mon ukulélé, je prends enfin le temps d’écouter ce que fait Julian Casablancas en parallèle des Strokes.

Et il y a ça :

Alors, bon, il est un peu nul cet effet voix on est d’accord. Inutile voire assassin quand on connaît la voix originelle de Julian Casablancas (la voix, que dis-je, l’Organe*…). Mais… Mais il se passe quand même quelque chose de magique avec ce morceau. Il se passe un truc vintage, sensible, sensuellement désinvolte. Ce clip me fait penser à Aktarus, le capitaine Flam, Albator, ces héros de l’Univers dont j’étais folle amoureuse quand j’étais enfant… [ Que des hommes je te l’accorde, mais en fait j’étais aussi folle amoureuse de Lady Oscar ]. Ca touche quelque chose de très lointain au fond de moi, loin loin mais du coup très profond aussi, très ancré dans mon ADN sensoriel.

 

Et puis il y a The Voidz. Cet ovni artistique. Et ce morceau. Totalement obsédant.

Bim. Pur chef d’œuvre du début à la fin. Lynchéen. Grandiose. Diable quelle sensibilité à la fois dramatique et désinvolte, à fleur de peau.

Enfin voilà, sans la musique je serais probablement complètement folle depuis longtemps. La musique est ce refuge surpuissant, un chemin vers toutes les imaginations et tous les possibles, à la force nourrissante incommensurable.

 

*Quand je parle de l’Organe de Julian, je parle de celui-là :

 

Elle s’appelle Jean.

Elle s’appelle Jean. Elle est arrivée ce matin du Royaume-Uni. Rousse, elle a 4 paires d’yeux immenses, comme pour regarder le monde avec plusieurs points de vue. Elle analyse tout, tout le temps. Et en même temps son imagination est débordante. Sa sensibilité pourrait lui faire faire des merveilles, mais elle a comme un blocage créatif, qu’elle soigne, enfin, en tout cas elle essaie. Elle est musicienne, écrivaine, gribouilleuse, clownesse, photographe… Dilettante. Elle est parfois dure avec elle-même, mais ça aussi elle le soigne. Elle est souvent inspirée par les parcours de ces femmes qui vont au bout de leur chemin créatif et/ou spirituel. Elle aimerait en faire partie. Certain·e·s de ses proches lui assurent qu’elle est déjà de ces femmes. Parfois elle se dit que oui, elle sait que c’est vrai. D’autres jours elle doute d’elle-même, elle ne sait plus. Permanente impermanence.

Elle est vintage. Elle est collector. Elle s’appelle Jean.

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[ Presque 8 ans après avoir quitté le ‘hobby’… Je retrouve avec enchantement cette occupation créative régressive… Vivement les prochains voyages, proches et lointains, pour continuer le chemin du nain de jardin d’Amélie Poulain. ]

la perception de la petite cane

Peut-être que les ailes de ma perception sont celles d’une petite cane.

Hier entre midi et deux j’ai terminé le quatrième volet de l’œuvre de Castaneda, ‘Histoires de pouvoir’, au bord de l’eau avec les canards. Une petite cane est sortie de l’eau, accompagnée de son mâle, alors qu’il me restait une vingtaine de pages. J’hésitais à terminer le livre sur place car mon temps de pause réglementaire touchait à sa fin. La petite cane m’a alors dit que je devrais continuer maintenant. Elle s’est approchée très près de moi. Je lui ai demandé de ne pas faire un pas de plus, parce que bon, elle était mignonne mais elle m’impressionnait un peu à ne pas avoir peur de moi comme ça. Son petit regard foncé sur moi, elle est restée là. Séchant ses plumes au soleil. On a discuté un peu. Elle a finit par ranger son bec sous ses plumes et ne plus bouger, clignant des yeux sans me quitter du regard, comme assoupie mais attentive quand même.

A la lecture des toutes dernières pages, je me suis mise à pleurer doucement. Surtout pas de tristesse. Je pleurais d’amour et de gratitude pour cette terre et ce monde, et ces livres, et ce sorcier arrivé sur mon chemin pour illuminer ma voie spirituelle et donner sens à tout ce que j’ai traversé, guide ultime pour réapprendre ma place, apprivoiser mon gouffre pour en faire une force, briser les croyances limitantes et toxiques, continuer ma quête vers ma nature sauvage et libre. Et en me retournant, la petite cane était toujours là à veiller sur moi, son compagnon un peu plus loin, et j’ai pleuré encore plus d’amour pour cet univers et cette vie sacrée, et cette magie qui est partout.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)

***

‘L’amour de Genaro est le monde qui nous entoure. La terre sait que Genaro l’aime, et elle lui accorde sa protection. Voilà pourquoi la vie de Genaro est remplie à ras bord et pourquoi sa situation, où qu’il aille, sera toujours comblée. Genaro se promène dans les sentiers de son amour et, où il se trouve, il est satisfait.
(…) On ne peut se libérer de sa tristesse que si on aime cette terre d’une passion inébranlable. Un guerrier est toujours heureux parce que son amour est inaltérable et que sa bien-aimée, la terre, l’embrasse et lui octroie des cadeaux inestimables. Cette chose merveilleuse, qui vit dans ses derniers replis et qui comprend chaque sentiment, m’a apaisé et m’a guéri de mes souffrances et, lorsque j’ai enfin réussi à comprendre l’amour que je ressentais pour elle, elle m’a appris la liberté.
(…) Écoute cet aboiement. Cet aboiement de chien est la voix nocturne d’un homme. Elle vient d’une maison dans cette vallée, du côté du sud. Un homme est en train de crier sa tristesse et son ennui par l’intermédiaire de son chien, puisque ce sont tous les deux des compagnons, réduits à l’esclavage pour toute leur vie. (…) Cet aboiement et la solitude qu’il crée témoigne des sentiments des hommes. Des hommes pour qui la vie entière a été comme un après-midi de dimanche, un après-midi pas tout à fait malheureux, mais chaud, lourd et désagréable. Ils ont sué et se sont beaucoup tracassés. Ils ne savaient pas où aller ni que faire. Cet après-midi ne leur a laissé que le souvenir de petites contrariétés et beaucoup d’ennui, puis il s’est achevé brusquement : c’était déjà la nuit.
(…) Seul l’amour pour cette terre magnifique peut donner la liberté à l’esprit d’un guerrier ; et la liberté est joie, efficacité et abandon, devant n’importe quelle situation.’

***

Et j’ai entamé le cinquième livre, ‘Le second anneau de pouvoir’. Et avec l’homme-chouette nous avons mis en terre son abricotier, ensemble, dans notre jardin, et l’odeur de la terre câlinait nos cœurs, et nous avions envie de nous occuper de la terre, ensemble, pour le reste de nos jours.

one life

Hier soir, au bord de l’eau dansante de la rivière, sous un ciel limpide rempli d’étoiles, je parlais de ma famille du cœur à une amie. Et pendant ce temps je recevais des messages de leur part, avec des photos des petits chats qui sont nés… Mon cœur était serré et mes yeux humides tant ils me manquent, et tant j’aurais voulu pouvoir les retrouver, là tout de suite, en un battement de cil.

Je reprends le boulot lundi, et j’ai de plus en plus fort ce sentiment que ce n’est plus ma place dans ce monde et que la suite de ma vie est ailleurs… Je préférerais tellement aller méditer dans la forêt, apprendre à développer mes énergies, communiquer avec les animaux, apprendre à cultiver un jardin, ouvrir une boutique ésotérique…
Faire ce qui a du sens pour moi, me débarrasser définitivement de ces vieilles hésitations liées à une éducation terre à terre et sans audace.

Je sens, je sais que tout cela se fera. C’est en moi, s’exprime de plus en plus fort. J’essaie de trouver l’équilibre entre mon impatience et l’envie d’y foncer dès maintenant… Et écouter les signes de l’Univers, pour le faire dans les meilleures conditions, sans rien perdre de vue, sans me résigner, garder le cap mais avancer au bon rythme pour que ce soit une pleine réussite, une évolution qui dure et qui perdure, qui rayonne de sens et de vérité, pour moi et pour celui avec qui je veux partager et vivre ce chemin… ❤

mood

Je crois que je n’ai jamais été aussi épuisée de ma vie. Travailler auprès autant d’interlocuteurs différents, sur deux sites, me prend une énergie démesurée.
Mais je les aime tant… Les étudiant·e·s, les doctorant·e·s, les livres, la bibliothèque… Tout indiquait que j’étais faite pour devenir enseignante, les choses de la vie en ont simplement décidé autrement. Mais aujourd’hui, par un chemin tortueux mais incroyable qui m’a nourri de 1000 vies, je me retrouve quand même, de nouveau, au milieu des amphithéâtres, des livres et des copies. Et ça, même avec la pire des fatigues, ça me remplit d’une gratitude infinie.

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