les chants des créatures de mes entrailles

Captation live montée en double clip. J’en pleure d’amour tant ce n’est que merveille. Dilly Dally est définitivement la voix de mes entrailles. La bande son de toute mon urgence de vivre, de toute ma rage d’aimer.
Amour et gratitude infinies…
Et Katie Monks… Créature fantasmagorique de tout l’Univers 🔥❤️💜🌔🔥🔥🔥

 

 

souvenir

15 octobre 1994. J’ai 14 ans. Je porte une frange à bouclettes et des tee-shirts fantomatiques. Pas la période la plus douce de ma vie.
Ce jour-là je suis allée voir ce petit cheval tant aimé, qui aurait pu être le mien, si on avait laissé mon grand-père adoré me l’offrir. C’est la cousine d’une copine du collège qui l’a acheté finalement. Ma mère avait accepté de m’emmener le voir.
Je m’en souviens comme si c’était hier. Les gentils propriétaires m’ont dit qu’il était dans le pré un peu plus haut. Ils m’ont passé une longe pour aller le chercher et le ramener à l’écurie. Le pré montait en pente douce, pour redescendre ensuite dans un creux arboré. J’ai monté la pente le cœur prêt à exploser. Une fois en haut, il m’est apparu au loin, sous les arbres, avec un autre cheval. Il est venu à moi, vif et confiant. On a traversé le pré ensemble, en silence, on a pris notre temps. Je ne lui ai mis la longe qu’une fois devant la barrière. Ma mère a fait quelques photos et on est repartis. Sur le trajet du retour j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C’était comme si on m’avait arraché une part de moi.
C’est la dernière fois que je l’ai vu. Avant qu’il soit vendu je passais ma vie avec ce cheval. Il était ma petite étoile de lumière. Mon meilleur ami.

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Edit >> A part ça, me remettre à la guitare me fait tellement de bien ❤

traces

Oui alors bon vous allez rire. J’étais un peu en avance pour aller au yoga. Je me suis dis que j’allais en profiter pour passer chez le luthier pas loin. Au rez-de-chaussée de là où on aurait dû habiter si l’Univers s’était pas planté. Donc j’entre chez le luthier pour regarder les occasions, parce que bon oui j’avoue voir Dilly Dally en concert m’a pour la énième fois amenée à me demander mais pourquoi diable ai-je donc arrêté la musique électrique. Donc je voulais juste avoir un ordre d’idées des prix vu que j’ai vendu ma dernière guitare en 2004 quoi. Juste pour me mettre à jour quoi.

Et là. Je tombe nez à nez avec ce spécimen vintage totalement improbable, au bois poncé par endroits, dévernie et la peinture virée à grands coups, les ressorts à nu au dos… J’ai demandé si je pouvais la tenir un peu. J’ai demandé si je pouvais la brancher un peu. J’ai pété une pile tout en douceur, j’ai pété une pile tranquillement, sereinement, j’ai agi avec évidence, sans cligner d’un cil. Je suis allée chercher du cash. Je suis repartie avec. Cette vieille caisse déglinguée, portant les traces de son vécu, les cicatrices de ses 1000 vies. Comme moi ❤

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Et vous savez quoi. C’est vrai, c’est comme le vélo. Ca ne s’oublie pas. Ca me revient, j’ai même retrouvé les vieux accords de la première vraie compo de mes 16 ans…

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(feu 1996)

 

believe in yourself

Je rentre de Paris avec une pharyngite, un syndrome grippal et une tension à 9. Et quelques images.
Sacré Cœur, Châteaurouge, Buttes Chaumont (sur les traces de Vernon), Montmartre, Père Lachaise… Et un super Airbnb.

(clic sur les images pour les voir en plus grand)


Oui mais Katie Monks a kiffé ma robe-chats.

Je voulais faire un review de ce concert, et puis je réalise combien je peine à trouver les mots. J’ai vécu la chose dans un état de semi-conscience, une sorte de transe, sans doute en partie due à la fièvre que je me trimballais depuis des jours. Il en fallait de l’amour et de l’envie pour me tenir debout. Il fallait au moins Dilly Dally.

A 16 ans j’ai monté mon premier groupe de rock, je chantais et jouais de la guitare, mes cheveux blonds platine au carré… Alors le nouveau look de Katie, son carré platine et ses robes de kinder whore, son attitude entre la fée glam et le sale gosse punk, dire que ça me parle, c’est peu dire. Katie fait le lien entre ma vie d’avant et celle d’aujourd’hui, le lien entre la rage adolescente et l’amour inconditionnel adulte, le rock n roll brut et la bienveillance pure…

Tout a commencé derrière le zinc de l’Olympic Café, où nous avons mangé un bout avant le concert. A peine arrivés et voilà qu’on les entend faire leur balance au sous-sol, juste sous nos pieds. Aux anges. On commande et voilà qu’iels montent manger un bout, à la table à côté de la nôtre… Jimmy en jupe pailletée, Ben l’air blasé, Liz les cheveux ultra courts et tout noirs. Katie nous adresse un ‘Hiiiiee…’ de chaton céleste, à la fois souriante et flegmatique… Au-delà des anges.

Tout est comme quand je jouais dans le même genre de bar… Il y a 20 ans. J’ai juste changé de place. Quand l’heure vient de descendre dans la salle au sous-sol, deux adolescentes sont à côté de moi au premier rang. Fans joyeusement enragées du groupe qui fera la première partie, une découverte bien sympa et bien 90’s, Chastity. Le chanteur aux airs d’apprenti bucheron tout droit sorti de Twin Peaks leur donnera l’occasion de sauter et hurler aussi haut et aussi fort que leur fougue adolescente le leur permet. Leurs sourires n’auront sans doute d’égal… Que le mien.

Nous croiserons régulièrement les Dilly Dally ici et là dans la salle, avant que vienne leur tour. La salle est si petite qu’une simple marche en bois sépare les musiciens du public. Je suis si proche que dès les premiers accords j’entends les retours autant que les enceintes. Une lumière violette vient nous envelopper. Katie fait quelques essais voix a cappella. La salle ronronne en entendant ce timbre si particulier, surréaliste. L’amour et la rage nourrissent cette voix-là.

Iels ont joué des titres qui ne sont pas sur les deux albums, comme l’enivrant Candy Mountain, et la bombe Gender Role. Et même fait un petit rappel avec Green, la salle hurlant à la lune elle aussi, donnant un sourire sauvage à Katie au moment de quitter la scène, sa guitare aux cordes cassées abandonnée sur le sol.

Quel groupe. Quel son. Quelle voix. Quelle belle attitude. Quelle gentillesse que la leur. Cette sensibilité à fleur de peau, enrobée de cette rage d’amour. C’est vraiment ça que j’ai ressenti, de l’amour enragé, une rage d’aimer. Dilly Dally me fait faire la paix entre mon gouffre sombre et mon coeur d’amour inconditionnel.

 

 

Je crois qu’un bout de moi n’est pas rentré et est resté quelque part, en apesanteur entre les mondes.

 

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‘ – By the way, I love your kitty dress. ‘

 

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little buddha

Je lance des miettes de biscuit aux mouettes. Elles volent partout autour de moi, par dizaines, et surfent dans l’air juste devant mes yeux, analysant chacun de mes gestes de leur regard noir et brillant. Croiser leur regard est un cadeau de l’Univers.
Il n’y a pas de mot assez grand pour raconter ce genre de moment suspendu. Il n’y a pas de mot assez grand pour décrire les animaux et la nature.

Et alors que je m’assois avec elles au bord de l’eau, tu viens t’asseoir à mes côtés. Ca faisait longtemps, je suis un peu surprise, mais ça me fait tellement plaisir. Tu me demandes si on peut écouter notre chanson des Crash Test Dummies. Je la mets. Chacune une oreillette. Puis tu me demandes si je peux mettre High Hopes de Pink Floyd. Evidemment. Un sourire radieux illumine ton visage. Ta grande bouche entrouverte s’étire pour rire, ton rire cristallin et enfantin, et tes yeux turquoise se lèvent vers le soleil immaculé. Tes longs cheveux d’or dansent dans les airs autour de ton visage angélique. Nous parlons des garçons, ces garçons qui nous plaisent tant. Nous parlons de tes parents, de ta petite sœur qui bécotait mon petit frère quand ils savaient à peine marcher. Des chats qui sourient. De Ludwig Von 88 dans ta chambre mansardée et des nuits blanches à la belle étoile avec Zigzag et Chaussette. De tes pizzas maison délicieuses. De nos rouges à lèvres identiques, qu’on achetait ensemble et qu’on mettait ensemble le matin, toujours un joli brun foncé, à peine sanglant. Des retours difficiles sur ton scooter, totalement défoncées, où tu mettais mes lunettes pour mieux voir la route dans la nuit noire entourée d’arbres immenses. Et de tout ce qui n’appartient qu’à nous. Deux doigts de la même main.

On laisse les mouettes et les canards, et tu me raccompagnes jusque devant le bâtiment où se trouve mon bureau. Je te demande, encore une fois, si tu vois le ciel et le soleil, comme moi, de là où tu es maintenant. Tu prends ma main dans la tienne, ta petite main blanche et délicate. Tu ne réponds pas. Je sais bien que je dois regarder le ciel et le soleil chaque jour pour toi. Je n’y suis pour rien mais je m’en veux que tu ne sois plus là. Comme si j’avais pu faire quelque chose, par exemple en t’invitant à faire autre chose ce soir-là. Je sais que c’est absurde.

Tu es partie le 22 juin 2001, l’âme fendue en deux par un camion fou, sur une route comtoise dans le lever du jour, après une nuit de fête de la musique. Tu avais 21 ans. Je crois qu’il faut que je l’écrive bien ici, parce que pour moi c’est toujours totalement impensable, impossible, irréel. C’est comme si pour moi, ta mort n’existait pas. Je sais que le monde vit sans toi, mais je ne peux pas dire que j’ai fait le deuil de toi, parce qu’en fait, tu es toujours là, tu traverses le temps et les mondes telle une divinité 90’s, la plus belle des étoiles. C’est toi qui emplissait le ciel de beauté samedi soir, tu es devenue la voie lactée.

Merci d’être venue me voir aujourd’hui. Laëtitia. Forever and ever. My little buddha

‘teenage angst has paid off well’

1996. 16 ans. Je suis groom soigneuse de chevaux. Je joue avec mon groupe le week-end dans les rades comtois. Je porte ce blase en cuir par tous les temps. J’ai les lunettes d’Harry Potter et les cheveux de Dolores O’Riordan. Et un jour par miracle quelqu’un.e a immortalisé ce sourire.

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Je repense alors à ce gendarme qui avait pris ma déposition quand j’ai fugué, à 13 ans. Je lui avais dit en gros que je trouvais que la vie c’était bien de la merde, et que je ne réussirais jamais rien. Il m’avait répondu qu’il était convaincu que je deviendrais une jeune femme épanouie et heureuse, et que j’allais faire de belles choses. Sur le coup j’étais pas bien sûre de le croire. Pendant mes vacances en mode retour aux sources à la Comtée, on est passés pas loin du bled de cette gendarmerie. Si ce monsieur n’avait pas été largement à l’âge d’être en retraite, je serais sûrement passée le voir pour l’embrasser et lui dire qu’il n’avait pas eu tort, et combien ses mots avaient un instant soulagé mon coeur de pré-ado blessée. Merci Papy gendarme pour tes mots bienveillants ❤

fire, dance with me

« – Do you think that if you were falling in space… That you would slow down after a while, or go faster and faster ?
– Faster and faster. And for a long time you wouldn’t feel anything. And then you’d burst into fire. Forever… And the angels wouldn’t help you. Because they’ve all gone away. »

J’ai terminé Le Journal Secret de Laura Palmer. Ecrit en 1990 par Jennifer Lynch, fille de David Lynch, alors âgée de 22 ans. J’ai commencé avec une version vintage trouvée sur Priceminister, et j’ai fini ma lecture avec la jolie réédition qui vient de sortir en vue de l’arrivée de la saison 3 de la série, d’ici quelques jours.

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Un incontournable pour tout·e fan de la série. J’écrivais ici à quel point le film Fire Walk With Me, sorti en 1992, apaise les frustrations des questions restées sans réponse concernant Laura dans la série, alors que tout tourne autour de ce mystérieux personnage. Et bien, en réalité, pour réaliser Fire Walk With Me, David Lynch s’est basé sur le livre de sa fille. Ce film incroyable doit donc énormément au livre. D’où l’intérêt de le lire, d’autant que Jennifer Lynch a su créer ce journal en restant fidèle à la série de son père, mais en y apportant une sphère supplémentaire indispensable. Celle de l’intimité de Laura.

On ne sort pas indemne de 300 pages dans la tête de Laura Palmer. Les débuts touchants d’une fillette qui sort à peine de l’enfance, laissent rapidement place à une descente aux enfers aux parfums de folie, sexe, drogue et mort. La reine du lycée prend cher, et qu’elle le raconte avec ses mots à elle, à la première personne, simplement et crûment, rend l’ouvrage terriblement vrai. Et comme avec Fire Walk With Me, Laura prend vie sous nos yeux. Pour le meilleur et pour le pire.

Jennifer Lynch a su adapter et faire évoluer son ton, son vocabulaire, au fil des pages. Laura enfant candide et pleine d’espoir, Laura adolescente possédée et hypersexuée, Laura dépressive et morbide. Puissant.

Fire Walk With Me

Tellement, tellement touchée par Fire Walk With Me… Je suis au bord des larmes.

Le regarder après avoir revu toute la série, c’est l’apothéose.
J’étais si frustrée de ne presque rien savoir de Laura, cette fille au centre de tous les épisodes, que tout le monde aime tant, que tout le monde veut tant comprendre, protéger, aimer, et nous spectateurs on n’en peut plus pendant toute la série, le mystère reste entier, on n’a que des bribes par-ci par-là, ça rend fou.
Lynch, avec ce film, nourrit toutes ces questions, toutes ces attentes, en y répondant avec une classe ultime, nous laissant enfin voir, entendre, sentir, vivre, le personnage de Laura. En la laissant enfin prendre la parole.
Sheryl Lee est une actrice totalement hors du commun. Avec elle, Laura est vivante, elle existe. Elle danse sur le feu, entre la folie, l’adolescence brisée, les rêves assassinés, l’amour déglingué.

Je ne peux qu’aimer intensément cette fille dépecée de son innocence, magnifique et perdue. Je ne peux qu’être terriblement troublée par le miroir qu’elle me tend, avec un sourire tendre et narquois.

‘teenage angst has paid off well’

Le double-album des Smashing Pumpkins ‘Mellon Collie and the Infinite Sadness’, c’est quand même toujours autant quelque chose d’assez extraordinaire, genre comme un trésor infini qui poutrerait l’Univers tout entier… Même plus de 20 ans après. Ces mélodies d’une beauté folle, certains morceaux dignes de musiques de films, ces textes d’une poésie absolue…

Il y a des morceaux qui me font encore aujourd’hui me sentir exactement comme quand j’avais 16 ans et que je les écoutais en boucle. Quand je dormais chez Laëtitia. Quand je dormais mangeais me lavais me colorais les cheveux vivais chez Laëtitia. Je ressens la même mélancolie désespérée, la même perdition sauvage, le même trop plein de tout, le même amour fou incontrôlable. Certains morceaux arrivent encore à me mettre au bord des larmes. Certains morceaux arrivent encore à réveiller ‘le petit cheval sauvage’ qui est en moi. C’est comme ça que m’appelait cette éducatrice de la colo.

Je suis heureuse de pouvoir encore, par la musique, ressentir ces états adolescents. Ces états excessifs. Aujourd’hui ils ne sont plus aveugles et seuls. Ils sont guidés par mes états apaisés, mon amour et ma gratitude.

Et en ces temps où de nouveaux liens se dessinent. Où j’apprends à me lier plus sereinement, sans cette angoisse adolescente qui m’a si longtemps poursuivie. Laëtitia, je pense à toi. Tu n’es plus dans la cuisine à préparer une pizza maison. Tu n’es plus devant le miroir de la salle de bains à colorer ta bouche magnifique de rouge-brun. Tu n’es plus sur ton scooter avec tes infinis cheveux blonds dépassant de ton casque et couvrant tes épaules arrondies. Tu n’es plus alanguie sur ton lit au milieu de tes robes. Tu n’es plus là à me regarder du vert-bleu de tes yeux, il n’y a plus tes petites mains pâles qui roulent des clopes au-dessus de ton lit. Pourtant parfois je crois encore qu’un jour ton rire va de nouveau venir enchanter mon coeur. Parfois si je ferme les yeux je te vois encore. Pour moi tu es toujours vivante. Alors que ça fait 16 ans déjà que tu es partie. J’ai l’impression que c’était hier.
J’aurais tellement voulu te montrer tout ce que tu n’as pas eu le temps de voir. Je voudrais voir tes premières rides. J’aurais voulu prendre tes enfants dans mes bras. J’aurais voulu qu’un jour nous soyons vieilles, ensemble. J’aurais voulu réécouter avec toi ce double-album de la mélancolie et de la tristesse infinie des lanceurs de citrouilles.

Chaque journée de cette vie, je la vis aussi pour toi. Je t’aime Laëtitia.

‘The indescribable moments of your life tonight
The impossible is possible tonight
Believe in me as I believe in you, tonight.’

sunny mood

Ici le printemps ressemble de plus en plus à l’été. Le soleil ne quitte plus ma cité mordorée. Le vent fait danser l’orme à ma fenêtre. Tout à l’heure un couple en pyjama se bécotait sur le balcon en face, une rousse flamboyante passait ses mains dans les cheveux de son homme, l’enlaçait et le couvrait de tendresse sous le soleil brûlant. J’attends toujours mon tour l’Univers.

Je suis en train de me refaire Twin Peaks. Elle est sur Netflix. Sûrement en vue de la saison 3 qui va sortir en mai, 25 ans plus tard. Toujours aussi fascinante cette série. Toute la poésie et toute l’horreur de l’humanité qui s’emmêlent, une bande-son totalement obsédante, cette esthétique tellement vintage qu’elle frôle parfois le kitch, ces personnages tellement puissants… C’est vraiment addictif. J’en écoute même la BO sur Deezer ahah. Et j’ai trouvé sur Priceminister le Journal secret de Laura Palmer, écrit par Jennifer Lynch, et si j’en crois les avis trouvés sur le net, c’est un livre super cohérent par rapport à la série de son papa, avec toute la noirceur de certains épisodes, mais sans le côté burlesque pour dédramatiser. Un livre qui pourrait être le vrai journal secret de Laura, de son enfance jusqu’à la semaine de sa mort. Bientôt dans ma boîte aux lettres aaawwwww. Même pas pu attendre la réédition prévue aussi en mai pour aller avec la sortie de la saison 3. Non non je ne suis pas du tout en phase obsessionnelle.

Bon et je suis aussi en remise à niveau après le Kino Caen. Quelle super édition… Une fois de plus. C’était super chouette et super étrange de retrouver Caen après mon retour à la maison Montpellier. J’ai revu Caro juste avant son départ au Havre, on a mangé à la Perle du Liban. Comme avant. J’ai vu Annliz et Gaël, et leur petit homme qui dépasse tous les autres enfants de son âge de 2 têtes. J’ai vu Leïla, qui m’avait préparé des petites potions magiques… Je suis allée voir la restitution de travail sur le clown des comédiens-stagiaires de l’Actea, qui a été si fort ma seconde maison. Tout est différent et pendant quelques jours tout était comme avant. En mieux. En mieux parce que moi je me sens mieux, parce qu’enfin je sais m’aimer moi-même et prendre plaisir pour moi-même. Alors je suis mieux avec les autres. Il aura fallu que je m’arrache à ces terres et à ces gens, pour retrouver le sens de ma propre vie, pour prendre réellement conscience de moi-même, et aujourd’hui pouvoir savourer cette vie caennaise. Que j’ai dû quitter. C’est un étrange circuit de vie. Mais c’est ainsi.

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J’ai joué dans le Kino d’Alban avec des supers comédien-ne-s. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été autant de ce côté de la caméra. Ces nouvelles images me mettent face à certains de mes changements, physiquement. Du bon et du moins bon pour l’ego. C’est ainsi aussi. Je suis fière d’avoir travaillé sur ce beau projet. Le film sera bientôt en ligne, Alban avait du travail en post-prod à finaliser par rapport à la version qu’on a présentée à la projection Kino. Il me tarde de pouvoir le partager. Il y a une partie de moi à l’intérieur. Une partie d’avant, que je laisse derrière moi, et une partie de la naissance de ce que je suis devenue.

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(capture d’écran preview La Fin de l’Hiver)

Ici je continue à reconstruire, dessiner ma propre famille. Peut-être la première quête de ma vie. Il y a la famille dans laquelle on nait, et il y a celle(s) qu’on rencontre au cours de sa vie, qu’on choisit, qu’on construit, qui dépend de soi, de ce qu’on est et de ce qu’on fait. Une famille faite d’ami-e-s à défaut d’une famille plus  »classique », et si ça prend du temps, ça fait tellement de bien de sentir quand les échanges se font plus facilement, quand on commence à se confier, à dévoiler à l’autre qui on est, à réaliser qu’on a parfois des quêtes communes, ou des racines semblables, ça fait vraiment, vraiment, vraiment un bien fou. Les liens humains ont cette magie, parfois cette évidence, tellement précieuse.