mood

Le monde s’agite autour de moi, et je suis là au milieu, un peu stoïque, en quête de sérénité, et tu m’étonnes que je ressens un décalage. Le monde fait un foin de tout et rien, de n’importe quoi. Le monde confond ce qui est grand et ce qui est insignifiant, il me semble. Le monde court après le temps, l’argent, le monde court à sa perte. Enfin, une partie du monde. Pas la mienne c’est certain. Mon monde prend son temps, observe et écoute. Mon monde reçoit, digère en silence, émet dans la paix. Enfin je dis ça, des fois j’essaie et j’ai envie de tout cramer quand même. Je suis juste une humaine qui fait de son mieux. Mais c’est dans le silence, dans le calme, que je trouve les réponses, que je trouve l’apaisement. Bon c’est vrai aussi que pour mieux accepter je rigole, il vaut mieux rire de toutes ces conneries hein. Alors oui ce monde citadin qui m’entoure, je m’y retrouve de moins en moins. Je me demande même si je m’y suis retrouvée un jour, dans le passé, ou si je n’ai fait que m’adapter à un environnement qui n’a jamais été fait pour moi. Les constructions sociales et sociétales ont le cuir dur, et il faut parfois beaucoup de temps pour se rendre compte qu’on agit selon ces constructions, et pas selon ce qu’on est profondément. Peut-être même que c’est le chemin de toute une vie que d’arranger ça. Une fois qu’on a pris conscience de ces constructions, il en faut du temps et de l’énergie pour les défaire, et réécrire la partition. Apprendre à réagir selon ce qu’on est, profondément. Apprendre à s’exprimer selon ce qu’on ressent vraiment, ce qu’on veut vraiment faire passer comme message. Et pas avec des réflexes qu’on nous a donné, malgré nous, des réflexes souvent toxiques parce qu’étrangers à notre vérité intime, des faux semblants en somme.
Des fois j’y arrive bien, des fois c’est la panade. J’apprends, je déconstruis et je réécris tous les jours.

Je pense à mes souvenirs d’enfance chez mes grands-parents, mon grand-père qui joue avec la chienne, et qui prépare la nourriture des poules. Ma grand-mère qui m’emmène nourrir les moutons, et qui me donne les orvets qu’elle trouve en bêchant le jardin. Le museau et la langue minuscules des orvets dans ma main. Les courses d’escargots sur le mur devant la maison avec mon frère. La cueillette des perce-neige, des jonquilles, des pissenlits pour en faire de la salade. Les bébés lapins dans la cuisine que ma grand-mère nourrissait au biberon. Les chevaux de trait dans le pré derrière, leur énorme tête sous mes mains d’enfant. La chaleur de leur souffle. Tous ces souvenirs sont les premières racines d’une vie connectée à la nature et au vivant. Ce sont des détails et en même temps c’est l’évidence.
Dès l’enfance j’ai remis en question les fonctionnements autour de moi, je voyais les aberrations des adultes, leurs incohérences, l’injustice dont iels faisaient objectivement preuve, et toute enfant / adolescente que j’étais, je sais aujourd’hui que j’étais dans le vrai, que je faisais preuve d’une intuition limpide.
Je me suis aussi rapidement connectée à la création, aux arts. J’ai dessiné (je me souviens qu’enfant je dessinais sur des coquilles d’œufs de cane vidés par un petit trou en-dessous), appris la guitare, ado je montais des groupes et on faisait des gigs. Une fois adulte il y a eu le théâtre, les courts-métrages, la photo, et quand j’en parle avec l’homme-chouette je réalise que dans mon entourage amical, même si beaucoup sont maintenant éloignés géographiquement, il y a plein de créatifs de toutes sortes.
C’est vrai, je me mets souvent à la colle avec des artistes, des spirituels, des hippies 🙂 Ce sont des environnements dans lesquels je me suis toujours sentie bien. Tu m’étonnes que le royaume des loups soit mon refuge et m’appelle aussi fort.

J’écris tout ça et en fait je me dis, à quoi bon. A quoi ça sert. Dans le sens, quelle importance, il y a des évidences et puis voilà. Alors peut-être que les écrire m’aide à faire le point, le tri, à me refocaliser… Et en même temps c’est forcément réducteur, car je ne peux pas débriefer sur la totalité de ma vie, de mon chemin, de mon histoire. Tout est beaucoup trop riche, fourni, pluriel. Je laisse ça là quand même, parce que maintenant que c’est écrit, je n’ai pas envie de le garder dans un coin à me demander ce que je dois en faire. C’est là pour ce que ça vaut, ce n’est sans doute pas inutile et en même temps c’est sans importance. Je suis, voilà tout 🙂


Edit >>> On a récupéré ce meuble gratuitement, il y avait juste la place pour lui dans la cuisine, youpi, Bowie valide, elle aussi elle doit kiffer les poignées nacrées…

(clic sur les images pour les voir en plus grand)

2 commentaires sur “mood

Ajouter un commentaire

  1. Puisque tu t’es demandée à quoi bon ce texte, je me permets de te dire qu’en tant que lecteur ça fait toujours du bien de se retrouver dans des mots qui font écho à des sentiments et des impressions qu’on ressent souvent soi-même. Je me sens un peu moins mal à l’aise dans ce monde parce que je me sens un peu moins seul, simplement grâce à ce texte que tu as laissé dans ton petit coin de l’internet. Alors merci.

    p.s. : Il y a exactement le même meuble chez mes parents, sans poignées nacrées et sans chat cela dit, ce qui est un peu triste quand on y pense.

    1. Hola 🙂
      Ah bah alors ça c’est sympa, merci à toi :3

      Pour le meuble, je pense qu’il a été bricolé et personnalisé, notamment avec ces trop belles poignées qui en effet font toute la différence… Et puis Bowie qui passe par là l’air de rien, trop contente d’avoir un nouveau truc contre lequel se frotter, c’est vrai que ça ajoute au charme de la chose ^^

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑