Tarot de Marseille 1751

En fin de compte, « Tarot de Marseille » ça ne veut pas dire grand-chose. Ce nom a été officialisé avec le tarot imprimé en 1760 par Nicolas Conver, maître cartier à Marseille. Mais avant et après lui, plein d’autres maîtres cartiers se sont appropriés le tarot, avec toujours les mêmes archétypes et représentations. Il y eu même une femme, Suzanne Bernardin, à Marseille en 1839. On peut remonter au moins jusqu’au 12° siècle pour parcourir l’histoire du tarot, particulièrement en France mais aussi en Espagne, en Italie, en Suisse, en Allemagne…, avec une grosse période entre le 15° et le 18° siècle. Du coup, les spécialistes parlent plutôt du Tarot dit de Marseille, ou alors iels mettent de gros guillemets à Tarot « de Marseille ».

Tout ça pour dire qu’il y a un passionné à Marseille qui réédite les tarots historiques. Il fait imprimer des fac-similés des jeux d’origine, tels qu’on peut les voir dans les musées. Tout ça avec beaucoup de minutie, de précision, et du matériel de qualité. Tout ça pour le même tarif que les jeux mainstream vendus à grande échelle dans toutes les boutiques du monde. Et là ce sont des éditions limitées, 1500 à 3000 exemplaires selon les jeux.

Ces derniers jours j’ai vraiment pris le temps de regarder ces jeux. Après avoir survolé tout ça par petites touches par le passé, je dois avouer que cette semaine j’ai un peu passé ma vie sur son site, à me demander quelle reproduction de tarot historique j’avais envie de tenir entre mes mains. Je pense que dans l’absolu j’aurais voulu celui de Suzanne Bernardin, parce que merde, la seule femme maître cartier quoi, et de Marseille en plus (et puis les cartes sont magnifiques). Mais il n’a pas (encore ?) été fac-similé.

Finalement, j’ai choisi le Tarot dit de Marseille de Claude Burdel, imprimé en 1751 à Fribourg, en Suisse. Je l’ai choisi notamment pour son vert parfois presque émeraude, ses touches de bleu ciel, et son jaune comme l’or. Je trouve fascinant d’imaginer qu’à l’époque les couleurs étaient appliquées au pochoir…

Le jeu, reproduit à 3000 exemplaires, vient dans une boite rigide, et enveloppé avec beaucoup de soin dans une feuille satinée, ornée du blason d’origine. La reproduction est super fidèle et respectueuse, ça sacralise drôlement la chose et ça rend sa noblesse au tarot, j’avoue.

Le tarot évolue depuis des siècles, parfois un peu dans tous les sens c’est vrai. En fait je trouve ça bien, que chacun.e se l’approprie, que chacun.e le réinvente à sa façon, avec sa propre sensibilité. Et je trouve aussi formidable que des personnes passionnées se penchent sur les origines de ces cartes, sur les ancêtres des jeux d’aujourd’hui vendus partout dans le monde, sur ces artisans artistes du passé, sans qui aucune transmission jusqu’à aujourd’hui n’aurait été possible. Et j’avoue que le tarot à l’ancienne me touche particulièrement, me parle avec une profondeur et une sensibilité vraiment uniques. Au point qu’il viendrait limite mettre un petit doute sur mes mots d’il y a quelques jours, comme quoi le Tarot Noir serait le Marseille que j’utiliserai le plus. Ah bah mince alors ça c’était sans compter avoir une reproduction d’un tarot historique du 18° siècle entre les mains :3 ❤

(clic sur les images pour les voir en plus grand)

[ Pour visiter le site des tarots historiques par Yves Reynaud, c’est par là. ]

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