Hugues

Hier, après plusieurs semaines de grand soleil, il a fait à Montpellier un temps normand. Le ciel était lourd et gris, et pendant une petite heure, au matin il a bruiné. Un crachin à la normande, qui m’a gentiment fouetté le visage, laissant sur mes joues des milliards de petites gouttes d’une eau froide mais douce, comme des poussières d’étoiles liquides. Aujourd’hui, le soleil est revenu, comme si de rien n’était. C’est en cette matinée d’hier, cette matinée de crachin normand à Montpellier, que tu as fermé les yeux sur ce monde.

L’hiver passé j’ai voulu monter te voir, mais mon emploi du temps et mes finances ne m’ont pas permis de faire le voyage. J’habite maintenant à 1000 km, passer pour boire une bière n’est plus une mince affaire. Je pensais te voir cet été, pour moi il était évident que tu serais encore là.
La dernière fois que je t’ai vu c’était en juillet 2017, pendant la résidence d’Alban à la Fabrique. Nous avons fait ces belles photos en argentique. C’est le même été que la maladie t’a frappé.

Hugues, tu es aimé par tant de monde que tu seras toujours parmi nous. Grâce à toutes les petites parts de toi qui dansent dans le cœur de celles et ceux qui ont eu la chance de te connaître.  Tu étais un être humain et un auteur hors du commun. Je suis si fière de t’avoir connu, amicalement et artistiquement. Je n’oublierai jamais les tournages, les résidences, les repérages à la Pointe du Siège, les réveils chez toi pendant le festival Off Courts, tes mots si justes pour les 7 Sœurs du Sort, tes conseils, tes mots rassurants, ta bienveillance, ton feu intérieur. Lors de nos premiers échanges il y a presque 10 ans, j’ai tout de suite aimé ta folie, ta lumière. Tu étais un homme de connaissance, un homme de pouvoir, un être rare. Merci Hugues pour tous ces moments ❤

De retour sur Terre, à cloche pied d’abord, évidemment, mais en sautillant, on finit par s’amuser de tout. Enfin, on essaie, et à force, cela vient tout seul. Je souhaite que tu sautilles à cœur joie et, comme ça, on aura peut-être l’occasion de gigoter en mesure en bondissant au dessus d’un grand feu de joie.‘ – Hugues Fléchard

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(polaroid Alban Van Wassenhove – mua Fabiola Louang Phi Xay) 

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