Je suis d’humeur.

Je comprends que certaines personnes aient peur, et je comprends qu’on condamne la violence. Moi-même je préfère le dialogue et l’écoute. MAIS. Mais c’est ce gouvernement qui est violent. C’est ce gouvernement qui construit une société injuste, qui enrichit les plus forts et écrase les plus pauvres. C’est ce gouvernement qui stigmatise les chômeurs, qui étouffe le personnel hospitalier, qui méprise la culture comme l’environnement, tout en gavant grassement les banques et les grands patrons.
Alors ouais j’en ai vraiment rien à carrer que l’arc de triomphe ait été tagué. J’en ai vraiment rien à carrer qu’une statue de Marianne ait été défoncée. J’en ai rien à carrer que des vitrines de boutiques de luxe aient été vandalisées. Voire même je trouve ça plutôt bien vu d’un point de vue symbolique.
C’est bien le peuple qui chaque jour, sous ce gouvernement de merde, se fait défoncer et vandaliser. C’est le peuple qui prend cher, tous les jours, et un peu plus chaque jour. C’est le peuple qui vit avec 700 balles par mois, c’est le peuple qui se fait menacer par Pôle Emploi de radiation s’il n’accepte pas n’importe quel taf de merde, c’est le peuple qui paie toujours tout plus cher, c’est le peuple qui se fait broyer par le capitalisme et le libéralisme outrancier. Elle est là, la violence.
A côté, un mur tagué, une statue cassée, une boutique de luxe déglinguée, c’est juste du matériel bordel, et surtout ce sont des symboles. Des symboles de cette société capitaliste de merde.
Bien sûr ce serait mieux de dialoguer. Mais c’est impossible. Le gouvernement n’écoute rien, Ma**on est une rac**re de me**e qui n’en a rien à battre de ce que lui dit le peuple. Ce gouvernement est responsable de tout ce qui se passe, des violences, des voitures brûlées, des morts et des blessés… Quand on traite les gens comme de la merde, quand on les écrase et méprise chaque jour un peu plus, on est responsable des conséquences.
Alors voilà moi je comprends que le peuple se radicalise, que le peuple casse tout. Je préférerais qu’on se solidarise autour d’un autre projet de société, qu’on monte ensemble des communautés alternatives autonomes pour faire la nique au système, pour vivre heureux sans avoir besoin de lui. Mais en attendant que ça arrive, si je devais choisir un camp aujourd’hui, malgré toute la violence que ça comporte et malgré le fait que je rêve d’un monde paisible, et bien je choisirais peut-être bien le camp des casseurs.
En réalité heureusement que je suis trop pacifiste, et que je vais me calmer en faisant du yoga, sinon moi aussi j’irais tout cramer.

 


‘Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.’

(Helder Camara, évêque brésilien connu pour sa lutte contre la pauvreté.)

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