le canidé polymorphe

Au son du tambour j’ai survolé une forêt immense, verdoyante à perte de vue, dans laquelle j’ai fini par m’enfoncer. Le soleil dansait entre les branches des arbres gigantesques, et de petits chemins couraient dans toutes les directions. Des écureuils filaient autour des branches, et j’ai croisé la route de deux hérissons et d’un blaireau.

C’est alors, le tambour se faisant plus présent, que je l’ai vu. D’un roux flamboyant, le renard a sorti son museau d’une motte d’herbe. A mon arrivée,  il a couru devant moi, jouant et sautant entre les troncs, et changeant constamment d’apparence. Son pelage de feu passait tantôt au brun, noir, gris. Ses traits devenaient alors ceux d’un chien, et d’un loup. Insaisissable guide. Il m’invitait à retrouver ma forêt. Des fleurs apparaissaient sous mes pas. Et toujours la lumière, le soleil et ses rayons vibrants, les arbres montant jusqu’au plus haut du ciel, verdure et écorces à perte de vue.

Quand le tambour m’a invitée à revenir dans le monde visible, ma dernière vision a été son visage de feu, et son regard rassurant plongé dans le mien. Le roux de ses poils s’est teinté une dernière fois de brun foncé puis de gris, et il a disparu derrière la végétation.

Et j’ai ouvert les yeux.

375651_10201205055505838_964727386_n(illustration Martin Wittfooth)

 

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