‘teenage angst has paid off well’

Le double-album des Smashing Pumpkins ‘Mellon Collie and the Infinite Sadness’, c’est quand même toujours autant quelque chose d’assez extraordinaire, genre comme un trésor infini qui poutrerait l’Univers tout entier… Même plus de 20 ans après. Ces mélodies d’une beauté folle, certains morceaux dignes de musiques de films, ces textes d’une poésie absolue…

Il y a des morceaux qui me font encore aujourd’hui me sentir exactement comme quand j’avais 16 ans et que je les écoutais en boucle. Quand je dormais chez Laëtitia. Quand je dormais mangeais me lavais me colorais les cheveux vivais chez Laëtitia. Je ressens la même mélancolie désespérée, la même perdition sauvage, le même trop plein de tout, le même amour fou incontrôlable. Certains morceaux arrivent encore à me mettre au bord des larmes. Certains morceaux arrivent encore à réveiller ‘le petit cheval sauvage’ qui est en moi. C’est comme ça que m’appelait cette éducatrice de la colo.

Je suis heureuse de pouvoir encore, par la musique, ressentir ces états adolescents. Ces états excessifs. Aujourd’hui ils ne sont plus aveugles et seuls. Ils sont guidés par mes états apaisés, mon amour et ma gratitude.

Et en ces temps où de nouveaux liens se dessinent. Où j’apprends à me lier plus sereinement, sans cette angoisse adolescente qui m’a si longtemps poursuivie. Laëtitia, je pense à toi. Tu n’es plus dans la cuisine à préparer une pizza maison. Tu n’es plus devant le miroir de la salle de bains à colorer ta bouche magnifique de rouge-brun. Tu n’es plus sur ton scooter avec tes infinis cheveux blonds dépassant de ton casque et couvrant tes épaules arrondies. Tu n’es plus alanguie sur ton lit au milieu de tes robes. Tu n’es plus là à me regarder du vert-bleu de tes yeux, il n’y a plus tes petites mains pâles qui roulent des clopes au-dessus de ton lit. Pourtant parfois je crois encore qu’un jour ton rire va de nouveau venir enchanter mon coeur. Parfois si je ferme les yeux je te vois encore. Pour moi tu es toujours vivante. Alors que ça fait 16 ans déjà que tu es partie. J’ai l’impression que c’était hier.
J’aurais tellement voulu te montrer tout ce que tu n’as pas eu le temps de voir. Je voudrais voir tes premières rides. J’aurais voulu prendre tes enfants dans mes bras. J’aurais voulu qu’un jour nous soyons vieilles, ensemble. J’aurais voulu réécouter avec toi ce double-album de la mélancolie et de la tristesse infinie des lanceurs de citrouilles.

Chaque journée de cette vie, je la vis aussi pour toi. Je t’aime Laëtitia.

‘The indescribable moments of your life tonight
The impossible is possible tonight
Believe in me as I believe in you, tonight.’

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