cet air-là

Ce soir en rentrant à pieds de la Cité Théâtre, j’ai levé les yeux sur Caen, cette ville dans laquelle j’arpente la vie depuis presque 5 ans. J’ai posé mes yeux sur elle, et je l’ai remerciée. Pour les incommensurables trésors qu’elle m’a offert. Pour les secrets que j’y ai déterré. Pour les gens que j’y ai rencontré. Pour toutes les découvertes humaines qu’elle m’a permis de vivre. Pour tout ce qu’elle m’a appris sur moi-même. Pour les Kinos, le théâtre, les clowns, les groupes qui poutrent, la Baie, les double rainbows, les belles âmes et les grands idéaux. Et plus je la remerciais plus je la trouvais pas si moche et pas si froide que ça, Caen. Je crois que maintenant que je sais que je vais rentrer chez moi, je peux faire la paix avec elle. Et ne garder dans mon cœur que tout ce qu’elle m’a apporté d’extraordinaire. J’ai envie, pour la remercier entièrement, et pour moi-même, de rentrer chez moi en oubliant tout ce que j’ai pu y vivre de triste, pour ne porter en moi que tout ce qu’elle m’a donné de lumière.

Et quand je suis arrivée en face de chez moi, alors que je pensais à tout ça et que je remerciais chaque coin de rue et chaque fenêtre de chaque immeuble, c’est là que j’ai croisé mon patron. Alors qu’en plus d’un an je ne l’ai jamais croisé comme ça en ville par hasard. Lui qui m’a donné la cerise sur le gâteau : pouvoir enfin apprendre un métier dans le milieu dans lequel je me sens heureuse et à ma place depuis toujours. C’est dommage, c’est tombé l’année de ma plus terrible traversée du désert personnelle. L’année où tout aurait pu basculer du bon côté, mais où en fait tout s’est un peu écroulé. Mais, aujourd’hui, mon CV a changé de cap, ça change tout, tout est possible, vraiment possible, je peux justifier d’une expérience dans quelque chose que j’aime profondément, je ne suis plus juste une passionnée sortie de nulle part.

J’ai aimé les saltimbanques dès que j’ai eu l’âge de parler. Mon père en est un. Il a été le premier musicien que j’ai applaudi, admiré, encouragé, imité, regardé avec des grands yeux de Bambi. Aimé. Ca m’a poursuivi toute ma vie. Ca me poursuivra sans doute jusqu’au bout. Pouvoir faire partie de tout ça, aussi infime soit mon rôle, pouvoir être aux côtés des reines et des rois de la saltimbanque éternité, en les épaulant dans leurs plus beaux métiers du monde, et que ce soit mon métier à moi, aussi imparfaite que je puisse être parfois, que je sois payée pour me lever le matin pour faire ça, c’est peut-être le plus beau cadeau qu’on m’ait jamais fait.

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