Western Paradise

Plâtrer ce trou mortuaire dans nos estomacs. Le cimenter avec la sève des arbres, ceux qui ont dénudé leurs corps pour pouvoir grimper toujours plus haut, déchirer les nuages et transpercer la lune rouge. Empêcher nos cœurs de faire ces appels d’air suffocants, libérer nos poitrines de ce poids récurent. Errer le long du chemin terreux de notre western paradise. Sur les terres de la renaissance, apprendre les fleurs et les animaux de chaque saison. Leurs couleurs, leurs odeurs, leurs pelages, leurs langages. Epier les lapins et leurs petits culs tout blancs. Boire des bières et du café italien sur le banc en pierre fendu en son sein, le vent plein nord de plein fouet, fendant nos âmes, brûlant nos peaux, noyant nos yeux. Ce vent qui nettoie tout, qui transporte nos vies au-delà des possibles. Des fleurs au bout des pieds. Du sable qui craque sous nos dents. La musique au loin qui crépite, quand ce n’est pas ce silence surréaliste rythmé par le cliquetis lointain des barrières abandonnées. Un poele à bois, des provisions dans la remise, pour les jours où le froid se fait mordant, pour les semaines de pluie sans trêve, pour les mois où le sel dans l’air fera mine de nous tordre les os. Un chien sur la banquette de la véranda, des chats accrochés aux branches, un poney dans le jardin, une caravane dans la cour, une vieille caisse increvable dans le garage. Sauvages et libres.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s