Swell

Cette nuit-là, la mer m’a ouvert ses grands bras désespérés. J’ai pu lire dans ses tendres yeux gris comme une urgence, comme un appel, comme une envie. Quelque chose d’éperdu. Et plus cette mer remuait, plus ses vagues se faisaient hautes et violentes, plus je l’aimais, et moins je sentais le vent glacial me transpercer la peau. J’ai laissé mon âme à cette mer, comme un cadeau mais aussi comme un fardeau. Elle l’a prise entre ses mains, qui sont devenues un écrin, un écrin fait du sable qui rythme le temps qui passe entre deux marées. A chaque fois que la marée remonte, je suis là, pour en partager l’immensité. Et dans le creux de la vague, je l’attends. J’attends sa prochaine fièvre de vie, ses prochaines confidences, ses prochaines nuits d’écume. Je suis sa crique, tantôt naïve et stoïque, tantôt passionnée et vivante. Cette mer tourmentée, tumultueuse, fatiguée, fantomatique, bancale, ma seule berceuse, l’origine de toutes les envies. Les envies d’encore. La mer des premières fois.

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