Winter is Burning

Leur hiver est brûlant.

Elle oscille sur la terrasse en tek recouverte d’une fine couche immaculée. Première neige. Premier coup de froid. Et les coups de foudre ? Ahahah. La foudre c’est plutôt une longue histoire, la foudre ne tombe pas d’un coup, enfin, pas toujours. Il y a des foudres qui s’abattent tout doucement et se dispersent dans l’air, un peu partout, au gré du vent et de l’appel du loup.
Première nuit avec des talons depuis longtemps aussi. Rejoindre la cour sous la véranda va s’avérer une périlleuse aventure bien trop matinale pour être honnête. Semelle lisse qui glisse sur la poudreuse, talon effilé qui plante son pieu comme… Comme… Enfin comme un pieu.
C’est lui qui a mis le feu à tout l’hiver de leurs cœurs de papier.
Elle pose ses petites mains roses le long de la rambarde gelée. Sensation agréable et aigre-douce de ce froid qui vient lui mordre la peau, qui lui tord les veines jusq’au bout des doigts. Elle aime ce pays de merde, cette neige qui brise le souffle, cette pluie boueuse au mois de septembre, l’air étouffant des étés maladifs, ce pays de merde. Elle a juste mis le temps à s’en rendre compte. Ou à s’en rappeler.
Elle effleure chaque marche de ses petits talons en priant pour ne pas s’y rompre les hanches. Elle préfère qu’il les lui creuse, lui, comme un grand, encore et encore, jusqu’à ce que Petite Mort s’en suive et s’en revienne. Elle s’est sentie si petite quand elle a ôté ses talons hier soir, à la fenêtre du ciel entre chienne et louve. Se rappelait pas combien c’est chouette et gracieux, d’être une fille qui enlève doucement ses souliers à talons, délicatement et en silence, le jean et la culotte en bas des fesses. Défaire le premier soulier, rester en équilibre sur le second. Se débarrasser du deuxième, perdre 10 centimètres en une fraction de seconde, se sentir tout à coup minuscule et un peu fragile entre ses bras attentifs. Puis se croire de nouveau la plus belle et la plus forte du monde, une fois à cheval sur son ventre brûlant. Quand il ose à peine la regarder tellement c’est bon. Tellement ça l’impressionne, ce truc inexplicable entre eux. Cette parenthèse électrique et tendre-amère qui pourrait bien s’étirer à l’infini.
Tout ça n’aide pas à descendre les escaliers d’une véranda un matin d’hiver en souliers à talons sur 10 centimètres de neige fraiche. Quoique…
Ca aide à réchauffer l’hiver, l’éternel hiver du mélodrame de leurs cœurs à corps animal-humain.

Winter is burning.

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